Chapitre 26. La personne polyhandicapée au prisme de l’anthropologie
Du multiculturalisme à l’interculture
Pages 465 à 474
Citer ce chapitre
- NIERI VASSALLO, Laura,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
- Nieri Vassallo, Laura.
- Nieri Vassallo, L.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0465
Citer ce chapitre
- Nieri Vassallo, L.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
- Nieri Vassallo, Laura.
- NIERI VASSALLO, Laura,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0465
Notes
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[1]
Pour l’histoire des représentations du handicap en Europe et l’historique du terme « handicap » en médecine, voir Stiker 1982.
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[2]
Seule la culture biomédicale ne semble pas impliquée dans ce processus analytique. L’universel « pourquoi ? » qui interroge l’humanité confrontée à la souffrance ne rentre apparemment pas dans ses prérogatives scientifiques, d’autant plus qu’il est relégué au domaine du religieux et donc inévitablement mis hors jeu.
-
[3]
Ces représentations du polyhandicap sont encore aujourd’hui très répandues dans tous les continents et malgré leur disparition annoncée en vertu de la globalisation culturelle, elles restent en effet très vivaces, en opposition souvent, mais aussi en parallèle ou même en osmose avec la moderne vision biomédicale.
-
[4]
Dans la tradition judéo-chrétienne, par exemple, la difformité est la conséquence de la transgression (souvent sexuelle) des parents. Les infirmes sont donc éloignés du sacré et considérés comme profanateurs (Salbreux, 2013).
-
[5]
Canguilhem, 1983. À ce sujet voir Scelles, 2013, p. 42, et Lavigne, 2007.
-
[6]
L’adolescence est d’ailleurs l’âge qui ouvre sur un autre domaine existentiel sensible : la sexualité. Selon les contextes, cette question laisse apparaître des dynamiques sociales bien différentes : Candilis, 2013 ; Idris, 2009 ; Vaginay, 2013. Très rarement présente en situation de polyhandicap, elle induit, par son absence, un processus de deuil de toute reproduction.
-
[7]
Pilier de toute moderne démarche éducative et thérapeutique, le principe d’autonomie est rarement départagé de celui d’indépendance.
Penser le polyhandicap au prisme de l’anthropologie demande de prendre en compte le multiculturalisme dans ses manifestations et ses implications. Le concept de culture assume la richesse du pluriel, la personne apparaît comme une entité façonnée par plusieurs appartenances et la rencontre des cultures prend là son caractère universel. Parallèlement cette approche facilite une réflexion sur les variantes et les invariantes, sur la dynamique entre le relativisme culturel et l’universalité de l’humain. L’attention se porte alors sur ce qui change et ce qui se maintient dans l’aventure humaine.
La réflexion anthropologique sur le polyhandicap permet alors de s’intéresser à la multiplicité des représentations, des pratiques d’accompagnement et des statuts qui, d’une culture à l’autre, sont attribués aux personnes polyhandicapées, ainsi qu’aux processus de rencontre interculturelle dans l’accompagnement. Cela implique aussi de réfléchir au caractère universel de l’expérience humaine lors de la rencontre avec l’insondable, le mystère et, parfois, l’incongruité de la vie.Dans cette perspective, il nous semble que l’expérience du polyhandicap et la réflexion anthropologique sollicitent la pensée de façon complémentaire : elles nous amènent à la question de l’autre et au souci de l’humain (Salbreux, 2013). Ce questionnement synergique contribue largement à la construction d’une posture professionnelle et fournit une réponse au dilemme qui depuis longtemps occupe les sciences humaines : la dynamique entre les singularités culturelles et l’universalité psychique (Garel, 2014)…
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