Présentation
- Par Joëlle Proust
Pages 1 à 18
Citer ce chapitre
- PROUST, Joëlle,
- Proust, Joëlle.
- Proust, J.
- J. Proust
https://doi.org/10.3917/puf.prous.1997.01.0002
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- J. Proust
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- PROUST, Joëlle,
https://doi.org/10.3917/puf.prous.1997.01.0002
Notes
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[1]
Je remercie Élisabeth Pacherie et Yves Rossetti pour leurs commentaires sur une version antérieure de cette présentation.
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[2]
Locke (1689-[1960]). II. IX, § 8.
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[3]
Leibniz. 1765, IX. 8.
-
[4]
Cf. Evans (1985), p. 365. Mackie (1976, p. 30) estime que c’est à la version tridimensionnelle que Locke répond par la négative ; Evans (1985) donne tort à Mackie : c’est par l’usage que, selon Locke, on est conduit à passer de la lumière et la couleur, données par la vision, aux idées d’espace, de figure et de mouvement. Il n’est pas sûr que la tâche bidimensionnelle soit plus simple que la tâche tridimensionnelle pour un aveugle familiarisé avec la représentation volumétrique des objets. Voir ci-dessous les remarques d’Arlette Streri, chap. VI.
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[5]
Comme le soutient par exemple Morgan (1977).
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[6]
Cf. Berkeley (1709). § 133.
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[7]
Berkeley est le seul qui s’efforce de fournir une démonstration complète de la fausseté de chacune des deux thèses : il montre qu’il n’existe pas d’étendue abstraite (l’étendue est toujours relative au toucher). puis qu’il n’existe pas d’« idées communes aux deux sens » (1709, § 127).
-
[8]
Il suffit qu’elle s’opère sur la base de contenus protopropositionnels (voir Peacocke. 1992. chap. III).
Un savant irlandais, auteur d’un Traité de dioptrique. nommé William Molyneux, ami du philosophe John Locke, lui a posé la question suivante : « Supposez un homme aveugle de naissance et maintenant adulte, accoutumé à distinguer par le toucher un cube d’une sphère faits d’un même métal et à peu près de la même grosseur, au point de pouvoir dire, au contact de l’un ou de l’autre, lequel est le cube et lequel la sphère. Supposez maintenant que le cube et la sphère étant placés sur une table, la vue soit rendue à notre homme : on demande s’il pourrait par la vue seule, sans l’aide du toucher, distinguer entre les deux et dire lequel est le cube, lequel est la sphère. » L’auteur de la question, « pénétrant et judicieux », propose une réponse négative à laquelle se rangera la majorité des philosophes. De l’avis de Molyneux et de Locke lui-même, il faut qu’une expérience simultanée de la vue et du toucher ait eu lieu pour que se produise l’association entre la sensation visuelle et la sensation tactile. Quelques minoritaires, comme Leibniz, ont défendu une thèse plus modérée : si l’on dit à l’aveugle-né opéré qu’il a devant lui un cube et une sphère, il saura les distinguer en raisonnant sur ce qu’il perçoit.
La réponse positive à la question de Molyneux s’appuie le plus souvent sur l’idée aristotélicienne selon laquelle il existe des « sensibles communs », c’est-à-dire des qualités des objets perceptibles par plusieurs sens. Ainsi, le mouvement, le repos, la forme, la taille et le nombre sont des propriétés qui peuvent être appréhendées par la perception visuelle et tactile, tandis que la couleur, le son et la saveur ne le peuvent pas : ce sont des sensibles propres…
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