Chapitre 14. L’explication du prix par le rapport de force
- Par Paul Jorion
Pages 191 à 205
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On dit que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de production.
C’est une bonne approximation, si ce n’est que l’on est alors immédiatement confronté à la difficulté de définir ce que l’on inclut dans les coûts de production. Il est classique aujourd’hui d’y inclure les salaires, et c’est ce que les règles comptables enjoignent de faire, mais est-ce légitime : les salaires ne sont-ils pas la récompense des avances faites en travail dans le processus de production, au même titre que les avances faites en terre par le propriétaire foncier, en fonds par le capitaliste et les avances en supervision/coordination de l’entrepreneur ? Quant aux intérêts, ne sont-ils pas une part du surplus au même titre que le profit de l’entrepreneur ?
Si l’on repart de la structure prototypique du capitalisme qu’est le contrat de métayage tel que pratiqué aujourd’hui encore dans l’agriculture et dans la petite pêche, plutôt que de s’intéresser aux coûts de production, il vaut mieux concentrer son attention sur les coûts de la perpétuation de l’unité de production – au renouvellement du dispositif de production – et considérer que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de renouvellement.
Je reprends mon exemple très simple du métayer qui cultive du blé : il est lié au propriétaire de la terre par un contrat stipulant la part de moisson qu’il lui doit, et il emploie des journaliers. Je simplifie à outrance pour la clarté de l’exposé. Le surplus, c’est la différence entre les vingt grains sur l’épi et le grain unique qui a germé, a crû et s’est transformé en épi…
Date de mise en ligne : 29/10/2021
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