Chapitre 17. Métissages socioculturels des adolescents des quartiers populaires
- Par Pascale Jamoulle
Pages 235 à 244
Citer ce chapitre
- JAMOULLE, Pascale,
- JEFFREY, Denis,
- LACHANCE, Jocelyn
- et LE BRETON, David,
- Jamoulle, Pascale.
- Jamoulle, P.
- D. Jeffrey,
- J. Lachance
- et D. Le Breton
https://doi.org/10.3917/puf.lebre.2016.03.0235
Citer ce chapitre
- Jamoulle, P.
- D. Jeffrey,
- J. Lachance
- et D. Le Breton
- Jamoulle, Pascale.
- JAMOULLE, Pascale,
- JEFFREY, Denis,
- LACHANCE, Jocelyn
- et LE BRETON, David,
https://doi.org/10.3917/puf.lebre.2016.03.0235
Notes
-
[1]
Nacira Guénif-Souilamas (2000) récuse le terme « jeunes issus de l’immigration » et lui préfère « descendants d’immigrants ». Cette terminologie ayant l’avantage d’inscrire ces jeunes dans une histoire qui a commencé bien avant le déplacement de leur famille. La notion de « descendants » donne à ces enfants des ancêtres, dit-elle, elle permet de rétablir la continuité généalogique nécessaire à la construction de leur identité.
Les adolescents des quartiers populaires descendants d’immigrants vivent un délicat processus de métissage socio-culturel qui accompagne les migrations et les immigrations et qui crée les conditions d’inter-fécondation des cultures à travers les sujets migrants et leurs descendants. Inscrits dans une histoire migratoire, habités par plusieurs mondes, les adolescents se métissent par essais et erreurs, par oscillations de positions, dans des jeux de tensions inéluctables et continues (Laplantine et Nouss, 2011). La pensée métisse est instabilité et déséquilibre. Elle ne donne pas le sentiment de posséder une identité stable, claire, définitive. Elle sollicite constamment la nuance, l’interprétariat interculturel, la créativité conciliatrice, les arrangements évolutifs entre des loyautés contradictoires (Moro, 2002). À défaut de savoir-faire métis, ces jeunes sont désignés, avec mépris, comme « Français de papier » ou, à l’inverse, « traître à leur race » ; ou pire encore, les deux. La richesse et la quiétude des métissages dépendent des transmissions familiales reçues et de la qualité de vie des enfants d’immigrants, des possibles qui s’ouvrent à eux et de la sécurité des relations interculturelles qu’ils nouent. Les métissages sont aussi profondément singuliers, ils s’inscrivent dans une histoire évolutive et des qualités personnelles.
Dans les lieux de relégation urbaine, tisser ses référents socio-culturels et se réaliser peut se révéler une tâche ardue faite de frustrations et de rancœurs…
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