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II. Id quod *des-inter-est

Avant la nuit sexuelle

Pages 171 à 186

Citer ce chapitre


  • Gruber, E.
(2015). II. Id quod *des-inter-est Avant la nuit sexuelle. Dans
  • M. Calle-Gruber,
  • J. Degenève
  • et I. Fenoglio
Pascal Quignard. Translations et métamorphoses : Avec un inédit de Pascal Quignard (p. 171-186). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.alvar.2015.01.0171.

  • Gruber, Eberhard.
« II. Id quod *des-inter-est : Avant la nuit sexuelle ». Pascal Quignard. Translations et métamorphoses Avec un inédit de Pascal Quignard, Hermann, 2015. p.171-186. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/pascal-quignard-translations-et-metamorphoses--9782705691073-page-171?lang=fr.

  • GRUBER, Eberhard,
2015. II. Id quod *des-inter-est Avant la nuit sexuelle. In :
  • CALLE-GRUBER, Mireille,
  • DEGENÈVE, Jonathan
  • et FENOGLIO, Irène,
Pascal Quignard. Translations et métamorphoses Avec un inédit de Pascal Quignard. Paris : Hermann. Colloques de Cerisy, p.171-186. DOI : 10.3917/herm.alvar.2015.01.0171. URL : https://shs.cairn.info/pascal-quignard-translations-et-metamorphoses--9782705691073-page-171?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.alvar.2015.01.0171


Notes

  • [1]
    Paris, Galilée, 1015, p. 37.
  • [2]
    Paris, Arléa, 1015, p. 60.
  • [3]
    Pascal Quignard, La Nuit sexuelle (1007), Paris, J’ai lu, 1009, p. 7.
  • [4]
    G.W.F. Hegel, Phänomenologie des Geistes (1807), « Vorrede », in Hegel.Werke in 20 Bänden, éd. Eva Moldenhauer et Karl Markus Michel, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1970, t. III, p. 27. Je traduis.
  • [5]
    Critique du jugement&, p. 135.
  • [6]
    La Nuit sexuelle&, p. 123.
  • [7]
    Jacques Derrida, « Différence sexuelle, différence ontologique (Geschlecht I) » (1983), in Heidegger et la question. De l’esprit et autres essais, Paris, Flammarion, 1990, p. 145, note 1 (incipit).
  • [8]
    Id., Apories, Paris, Galilée, 1996, p. 137. Les italiques sont dans le texte.
  • [9]
    Voir la rature par laquelle Martin Heidegger diminue l’importance de « l’Être » : Sein. Martin Heidegger, « Contribution à la question de l’Être » (1955), in Questions I, trad. fr. Gérard Granel, Paris, Gallimard, 1968, rééd. 1989, p. 231-239.
  • [10]
    Pascal Quignard, Les Paradisiaques (Dernier Royaume IV) (2005), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2007, p. 40.
  • [11]
    Critique du jugement…, p. 174.
  • [12]
    Quand Pascal Quignard cite l’Évangile de Jean (VII : 24), « Jugez d’abord le jugement » (Critique du jugement…, p. 48) c’est comme si on entendait un double génitif : jugement du jugement.
  • [13]
    Cf. Le Nom sur le bout de la langue (1993), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1995, p. 11 : « Les mots paraissent moins inintelligibles [au lecteur, entre autres] qu’à celui qui les écrit. » Cela est bien sûr réversible : l’auteur comprendra mieux ce que lit le lecteur que celui-ci lui-même.
  • [14]
    Platon, Timée, trad. fr. Luc Brisson, Paris, Flammarion, 1992, 48e-49a.
  • [15]
    Ibid., 51a.
  • [16]
    Martin Heidegger, « Pour servir de commentaire à Sérénité » (1944-1945), trad. fr. André Préau, in Questions III, Paris, Gallimard, coll. « Classiques de la philosophie », 1966, rééd. 1989, p. 183 et suiv. (trad. modifiée).
  • [17]
    Id., « “& l’homme habite en poète&” » (1954), in Essais et conférences (1958), trad. fr. André Préau, Paris, Gallimard, 1980, p. 139.
  • [18]
    Pascal Quignard, Sur le jadis (Dernier Royaume II) (1001), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1005, p. 73.
  • [19]
    Pascal Quignard, Le Sexe et lEffroi (1994), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1996, p. 10 (je souligne).
  • [20]
    Sur l’idée d’une communauté de solitaires&, p. 18.
  • [21]
    Les Paradisiaques&, p. 37.
  • [22]
    On trouve dans cette famille étymologique, outre al-ter, notamment con-tra, ex-ter, in-ter, ne-u-ter, ul-ter, u-ter. Les formes ex-ter-ior, in-ter-ior, ul-ter-ior sont des doubles comparatifs suite au suffixe supplémentaire —ior. Voir à cet égard les dictionnaires étymologiques du latin (Alfred Ernout et Antoine Meillet, en français ; Alois Walde et Johannes B. Hofmann, en allemand) et de l’indo-européen (Julius Pokorny, en allemand).
  • [23]
    La scription en majuscules (IN-) indique une unité exclusive, sans autre, une Unarité qui est strictement une, unaire (alors qu’une unité inclusive figure une constellation d’équivalents).
  • [24]
    Voir supra, note 9 et Les Paradisiaques., p. 40.
  • [25]
    Pascal Quignard, Vie secrète (1998), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1999, p. 188.
  • [26]
    Sur lejadis&, p. 148.
  • [27]
    Ibid., p. 149.
  • [28]
    Ibid. (je souligne).
  • [29]
    Ibid., p. 73.
  • [30]
    Ibid., p. 148.
  • [31]
    Pascal Quignard, Abîmes (Dernier Royaume III) (2002), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2005, p. 93.
  • [32]
    Critique du jugement., p. 174.
  • [33]
    Abîmes., p. 218.
  • [34]
    Sur le jadis&, p. 149. Voir aussi Les Désarçonnés (Dernier Royaume VII)(2012), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2014, p. 257.
  • [35]
    Abîmes., p. 79.
  • [36]
    Critique du jugement., p. 251.
  • [37]
    Sur lejadis&, p. 73. On peut songer ici aussi à Emmanuel Levinas qui dit,« l’infini désarçonne son idée » (Liberté et commandement [1994], Paris, Le Livre dePoche, coll. « Biblio essais », 1999, p. 86). Autrement dit, toute identité comme telleest « désarçonnée » par « l’Infini » (Levinas) et c’est pourquoi elle n’est pas identique.
  • [38]
    Sur le jadis., p. 137 (citant Bo Jugi).
  • [39]
    Ibid., p. 133. Les italiques sont dans le texte.
  • [40]
    Ibid., p. 113.
  • [41]
    Ibid., p. 77. Voir aussi Martin Heidegger, « Pour servir de commentaire à Sérénité »., p. 110 : « [.] demeurer, c’est pourtant revenir », « indes das Bleiben allerdings Rückkehr ist » (trad. modifiée).
  • [42]
    Les Désarçonnés…, p. 123.
  • [43]
    Sur le jadis&, p. 123.
  • [44]
    Ibid., p. 220. Voir aussi p. 140 : « l’état primitif d’indissociation ».
  • [45]
    La Nuit sexuelle., p. 192 (je souligne).
  • [46]
    .Pascal Quignard, Sordidissimes (DernierRoyaume V) (2005), Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2007, p. 235.
  • [47]
    Aristote, Rhétorique, 1402a 5-8, cité in La Nuit sexuelle&, p. 192.
  • [48]
    Voir Martin Heidegger, « Identité et différence » (1957), trad. fr. André Préau, in QuestionsI&, p. 257-276.
  • [49]
    Voir la célèbre image de l’échelle (tautologique) à rejeter du premier Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus, 6.54).
  • [50]
    Martin Heidegger, Lettre sur l’humanisme (1946), trad. fr. Roger Munier, Paris, Aubier/Montaigne, éd. bilingue revue 1966, p. 86-87.
  • [51]
    Ibid.
  • [52]
    Id., « Séminaire de Zurich (6 novembre 1951) », traduit et présenté par François Fédier, Po&sie, n° 13, 1980, p. 61. En somme, Heidegger ne conjugue pas l’auxiliaire avec le présent « être » ni les es neutre ni le théologique avec l’auxiliaire du passé « être »-wësan (vhall., encore dans ge-wesen, « a été », war, « était », etc.) et il ne tient pas compte du ver-wesen (« pourrir » et « tuteurer »-ver-walten). S’annonce pourtant la « décomposition » de l’UN en vue d’un pluriel co-existentiel « à gérer ». Voir Eberhard Gruber, « Wesen und Walten », Rosenzweig Yearbook, n° 7, 2013, p. 180-203. Emmanuel Levinas (De Dieu qui vient à l’idée, Paris, Vrin, 1982, p. 160) amorce une dissociation conceptuelle entre essence (avec e) et essance (avec a), mais n’explore pas cette avancée, parce qu’il place ces deux termes du même côté et cumule leur positivité. La hiérarchisation subreptice de son raisonnement provient de cette identification non contradictoire qui, reflétant « un superlatif inégalable » (En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger [1949], Paris, Vrin, rééd. augmentée 1967, p. 321), réduit l’« autrement qu’être » à une mêmeté « inégalable », c’est-à-dire hors de toute alliance. Une positivité superlative est encore un résidu hiérarchique à critiquer.
  • [53]
    La Nuit sexuelle…, p. 190 (la scription dans « dés-inter-essée » et dans « des-essée » sans accent aigu chez l’auteur n’entament pas le sens : ces mots sont franco-latin). Quignard raisonne ici comme s’il contrebalançait la position de Levinas quant à « essence et désintéressement » (Autrement qu ‘être ou au-delà de l’essence, Dordrecht, Kluwer Academic, 1974, p. 13-39). Il l’oppose à essence « des-essée » et à désintéressement « dés-inter-essée » où il fait entendre le latin (inter). Voir pour Levinas : Eberhard Gruber, « Autrement que sexuellement marqué ? », Littérature, n° 141, juin 1006, p. 50-69.
  • [54]
    Sur le jadis., p. 123.
  • [55]
    Ibid., p. 140. Je souligne.
  • [56]
    Vie secrète&, p. 430. Je souligne. Et si Michel Butor dit : « Chaque mot écrit est une victoire sur la mort », il ne peut le dire qu’en laissant entendre dans cet écart entre « mort » (absolue) et « mot » (victorieux) la joie du verbe en deuil de son inexistence préalable. (Voir Georges Charbonnier, Entretiens avec Michel Butor, Paris, Gallimard, 1967, p. 56.)
  • [57]
    Les Désarçonnés…, p. 149 : « “Re” fait le cœur. » Voir aussi Sur l’idée d’une communauté de solitaires., p. 70 : « Le nucleus indomesticable. »
  • [58]
    Les Désarçonnés., p. 149 et 150.
  • [59]
    Sordidissimes., p. 236.
  • [60]
    Le Sexe et l’Effroi…, p. 325-327.
  • [61]
    Cf. La Nuit sexuelle…., p. 130 et 214 (gravure de Jean de la Fontaine, xvine siècle).
  • [62]
    Les Désarçonnés., p. 288. Absence d’italique dans le texte de l’auteur.
  • [63]
    Ernst Bloch, Das Prinzip Hoffnung, Berlin-Est (RDA), Aufbau-Verlag,1954-1959 et Frankfurt am Main (RFA), Suhrkamp, 1959 (excipit).
  • [64]
    Les Paradisiaques…, p. 107.

« Je n’étais pas là la nuit où j’ai été conçu », dit Pascal Quignard, et il poursuit sa méditation narrative en affirmant, « Il est difficile d’assister au jour qui vous précède ». Entend-il ici une difficulté ou, ironiquement, une impossibilité ? Quignard paraît contredire l’équation pas conçu = pas conçu, comme si on pouvait assister à sa propre conception, tout en qualifiant cette entreprise de « difficile ». C’est toutefois un propos comme un autre qui ne saurait faire déroger l’impératif herméneutique pour toute lecture que formule Hegel, de façon aiguë, à l’exemple de la critique : « [elle] est dérivée de ce qu’elle critique et non pas manigancée de l’extérieur . » La compréhension est dans les mots qu’on lit. « C’est rater l’œuvre que de ne pas la subir », dit Quignard . Ce qui contraint critique et lecture. Mais qu’est-ce qu’on « lit » dans les phrases, mots, syllabes, leurs sous-entendus et intervalles ? Quand le sujet se plie à l’objet, n’oublie-t-on pas qu’ils sont cosujets et coobjets l’un à l’autre ? (La question d’un tiers intervenant sera à explorer.)
Le langage permet de « voir dans la nuit », serait-elle même celle de sa propre conception. Comment être sûr, cependant, qu’on « voit » la chose désignée et pas seulement la langue qui désigne ? « On ne franchira pas si facilement vers la chose même […] la marque du mot […] », rappelle Derrida . Est-ce une situation aporétique ? Le mot grec aporos paraît réaffirmer le problème en tanguant entre les sens « difficile » et « impossible »…


Date de mise en ligne : 12/08/2024

https://doi.org/10.3917/herm.alvar.2015.01.0171

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