4. Le salut dans la parade Henri Lopes
- Par Lydie Moudileno
Pages 81 à 106
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Notes
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[1]
Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Paris, Le Seuil, 1952, p. 20.
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[2]
Voyage transatlantique.
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[3]
Henri Lopes, Sur l’autre rive, Paris, Le Seuil, 1992, p. 39.
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[4]
En anthropologie, par exemple, les travaux de Jean-Loup Amselle sur les chefferies de l’Afrique de l’Ouest remettent en question la pertinence de certaines catégories spatio-temporelles, humaines et sociales traditionnellement utilisées pour décrire l’Afrique, dont la notion d’ethnie. À la tentation taxinomique, Amselle oppose une « logique métisse », c’est-à-dire une approche qui permettrait de rendre compte de la fondamentale hybridité des ensembles sociaux, en « mettant l’accent sur l’indistinction ou le syncrétisme originaire » (Jean-Loup Amselle, Logiques métisses : anthropologie de l’identité en Afrique et ailleurs, Paris, Payot, 1990, p. 10). Dans un geste similaire, l’historien Elikia M’Bokolo propose en réponse à la question : « Les ethnies existent-elles ? » une réponse qui démontre la fluidité de ce signifiant dans l’histoire africaine, selon les différents enjeux politiques – africains et européens – en présence. « L’ethnicité », selon M’Bokolo, n’est autre que « la matérialisation, sans cesse mouvante, d’une situation historique d’où la politique n’est jamais absente » (Elikia M’Bokolo, « Les ethnies existent-elles ? », L’identité : L’individu, le groupe, la société, Jean-Claude Ruano-Borbalan éd., Auxerre, Éditions Sciences humaines, 1998, p. 324).
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[5]
Bernabé et al., Éloge de la créolité, Édition bilingue, Paris, Gallimard, 1989, p. 26.
-
[6]
Francophonie et identités culturelles, p. 245.
-
[7]
Diakhaté, 1978, p. 103-156.
-
[8]
Paul Gilroy, The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1993.
-
[9]
Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne, trad. Alain Accardo, coll. « Le sens commun », Paris, Éd. de Minuit, 1973, p. 62.
-
[10]
Édouard Glissant, Le Discours antillais, Paris, Le Seuil, 1981, p. 18.
-
[11]
Jean Baudrillard, Simulacres et simulations, Galilée, « Débats », 1981, p. 105-135.
-
[12]
Glissant, Le Discours antillais, p. 362.
-
[13]
Page 72.
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[14]
L’idée de la langue qui revient doit par ailleurs être pris dans son sens linguistique : en entendant une chanson en lingala lors d’une fête en Guadeloupe, la protagoniste prend le risque de se faire démasquer en répondant au besoin irrésistible de fredonner avec le chanteur les paroles de la chanson. Là aussi, la langue revient.
-
[15]
Edward Said, Representations of the Intellectual, New York, Vintage, 1994, p. 49.
-
[16]
Voir Éloge de la créolité.
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[17]
Homi Bhabha, The Location of cultures, Routledge, Londres, 1994.
« Nous avons connu, écrivait Fanon dans Peau noire, masques blancs, et malheureusement nous connaissons encore, des camarades originaires du Dahomey ou du Congo qui se disent Antillais ». L’adverbe « malheureusement » renvoie à l’une des thèses fondamentales développées par le psychiatre antillais en 1952 : la colonisation a créé chez le Noir un sentiment d’infériorité tel que tout son rapport à autrui est déterminé par son désir d’être blanc. Et dès lors que le Blanc est désigné comme objet ultime de désir pour le Noir, les rapports aux « autres Noirs » – que Fanon a pu appeler par ailleurs les « congénères » – sont à interpréter comme détours vers l’accès à l’idéal blanc. Ainsi s’explique ce « malheureusement » : se dire ou se vouloir Antillais, pour un Africain, signale une aliénation qui pervertit non seulement la relation à l’Autre blanc, mais également la relation des Noirs entre eux. Si l’Antillais a la hantise de se faire « prendre pour » un Africain, explique Fanon dans Peau noire, masques blancs, c’est parce que l’assimilation au « nègre » l’éloigne de l’idéal blanc. À l’inverse, si l’Africain désire l’identité antillaise, c’est que, nous explique Fanon, dans la hiérarchie qui s’établit, « l’Antillais est plus évolué que le Noir d’Afrique. Entendez qu’il est plus près du Blanc » (p. 20). Selon Fanon, le désir, de la part d’un Africain, d’être rattaché à l’espace antillais plutôt qu’à son Afrique d’origine constitue pour le colonisé africain une étape fantasmatique vers son objet primordial de désir, la culture et l’univers du Blanc : « Un Sénégalais apprend le créole afin de se faire passer pour Antillais, je dis qu’il y a aliénation » (p…
Date de mise en ligne : 01/04/2016
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