1. Le double sens de « outsider »
- Par Howard S. Becker,
- Traduit de l'américain par Jean-Pierre Briand
- et Jean-Michel Chapoulie
Pages 25 à 42
Citer ce chapitre
- BECKER, Howard S.,
- Traduit de l'américain par BRIAND, Jean-Pierre
- et CHAPOULIE, Jean-Michel,
- BECKER, Howard S.,
- Becker, Howard S..,
- et al.
- Becker, H.-S.,
- Traduit de l'américain par Briand, J.-P.
- et Chapoulie, J.-M.
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- Becker, H.-S.,
- Traduit de l'américain par Briand, J.-P.
- et Chapoulie, J.-M.
- Becker, Howard S..,
- et al.
- BECKER, Howard S.,
- Traduit de l'américain par BRIAND, Jean-Pierre
- et CHAPOULIE, Jean-Michel,
- BECKER, Howard S.,
Notes
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[1]
Comme plus haut, nous traduisons par « étranger » (par rapport à un groupe quelconque) le terme « outsider » qu'emploie Becker. Dans la suite du texte, nous avons aussi utilisé, selon le contexte, diverses autres formules exprimant l'extériorité par rapport à un groupe. (N.d.T.)
-
[2]
Becker emploie ici, comme presque toujours dans Outsiders, le terme « rule ». Nous traduisons ce terme par « norme » quand il désigne l'ensemble de ces « formes variées », ou quand il s'agit plus particulièrement des normes informelles qui influencent les comportements et les jugements des fumeurs de marijuana (chapitres III et IV) ou des musiciens de jazz (chapitres V et VI). Dans d'autres contextes — notamment dans les exemples empruntés aux domaines administratif et juridique (chapitres VII et VIII) —, nous utiliserons également les termes « règle », « règlement » et « loi ».
-
[3]
Lois sévères concernant les mœurs, et dont Becker donne immédiatement un exemple. (N.d.T.)
-
[4]
Becker utilise ici le terme « label ». Ce terme et ses dérivés sont très fréquemment employés dans le livre. Nous les avons traduits, selon le contexte, par différentes expressions (« étiquette », « désigner », etc.) On peut observer que Becker exprime la même idée en utilisant une grande variété de synonymes. (N.d.T.)
-
[5]
Voir Donald R. Cressey, « Criminological research and the definition of crimes », American Journal of Sociology, LVI, (May, 1951), pp. 546-551.
-
[6]
Sur ce point, voir C. Wright Mills, « The professional ideology of social pathologists », American Journal of Sociology, XLIX (September, 1942), pp. 165-180.
-
[7]
Thomas Szasz, The Myth of Mental Illness (New York, Paul B. Hoeber Inc., 1961), p. 44-45. [Traduction française par D. Berger, Le mythe de la maladie mentale (Payot, 1974), p. 60. (N.d.T.)] Voir aussi Erving Goffman, « The medical model and mental hospitalisation », in Asylums : Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmate(Garden City, Anchor Books, 1961), p. 321-386. [Traduction française par R. Castel, L. et C. Lainé, Asiles (Editions de Minuit, 1968), pp. 375-438. (N.d.T.)]
-
[8]
Voir Robert K. Merton, « Social problems and social theory », in R. K. Merton et R. A. Nisbet, Contemporary Social Problems (New York, Harcourt, Brace and World Inc., 1961), p. 697-737 ; et Talcott Parsons, The Social System (New York, The Free Press of Glencoe, 1951), pp. 249-325.
-
[9]
Howard Brotz reconnaît également que la distinction entre phénomènes « fonctionnels » et « dysfonctionnels » est une question de type politique ; voir « Functionalism and dynamic analysis », European Journal of Sociology, II (1961), pp. 170-179.
-
[10]
On trouvera les principales formulations antérieures de cette conception chez Frank Tannenbaum, Crime and the Community, (New York, Ginn and C°, 1938) et chez E. M. Lemert, Social Pathology (New York, Mc Graw-Hill Book C°, Inc., 1951). L'article récent de J. Kitsuse, « Societal reaction to deviance : Problems of theory and method », Social Problems, 9 (Winter, 1962), pp. 247-256) expose une position très proche de la mienne.
-
[11]
Bronislaw Malinowski, Crime and Custom in Savage Society (New York, Humanities Press, 1926), pp. 77-80.
[Traduction française par S. Jankélévitch, Trois essais sur la vie sociale des primitifs (Payot, 1980), pp. 55-58. (N.d.T.)] -
[12]
F. James Davis, « Crime news in Colorado newspapers », American Journal of Sociology, LVII (January, 1952), pp. 325-330.
-
[13]
Voir Albert K. Cohen et James F. Short Jr, « Juvenile delinquency », in Merton et Nisbet, op. cit., p. 87.
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[14]
Voir Harold Garfinkel, « Research notes on inter- and intra- racial homicides », Social Forces, 27 (May, 1949), p. 369-381.
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[15]
Edwin H. Sutherland, « White collar criminality », American Sociological Review, V (February, 1940), p. 1-12.
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[16]
Clark Vincent, Unmarried Mothers (New York, The Free Press of Clencoe, 1961), pp. 3-5.
-
[17]
Arnold M. Rose et Arthur E. Prell, « Does the punishment fit the crime ? — A study in social valuation », American Journal of Sociology, LXI (November, 1955), pp. 247- 259.
Tous les groupes sociaux instituent des normes et s'efforcent de les faire appliquer, au moins à certains moments et dans certaines circonstances. Les normes sociales définissent des situations et les modes de comportement appropriés à celles-ci : certaines actions sont prescrites (ce qui est « bien »), d'autres sont interdites (ce qui est « mal »). Quand un individu est supposé avoir transgressé une norme en vigueur, il peut se faire qu'il soit perçu comme un type particulier d'individu, auquel on ne peut faire confiance pour vivre selon les normes sur lesquelles s'accorde le groupe. Cet individu est considéré comme étrangerau groupe [ outsider] .
Mais l'individu qui est ainsi étiqueté comme étranger peut voir les choses autrement. Il se peut qu'il n'accepte pas la norme selon laquelle on le juge ou qu'il dénie à ceux qui le jugent la compétence ou la légitimité pour le faire. Il en découle un deuxième sens du terme : le transgresseur peut estimer que ses juges sont étrangers à son univers.
Dans l'analyse qui suit, j'essaierai d'élucider les situations et les processus auquels renvoie ce terme à double usage, c'est-à-dire les situations où la norme est transgressée et celles où on la fait appliquer, et les processus qui conduisent certains à transgresser les normes et d'autres à les faire respecter.
Mais il convient de faire quelques distinctions préliminaires. Les normes peuvent se présenter sous des formes très variées. Elles peuvent être édictées formellement par la loi : dans ce cas les forces de police de l'Etat peuvent être employées pour les faire respecter…
Date de mise en ligne : 18/06/2020
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