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Chapitre I. L’obfuscation, un répertoire

Pages 29 à 58

Citer ce chapitre


  • Nissenbaum, H.
  • et Brunton, F.
(2019). Chapitre I. L’obfuscation, un répertoire. Obfuscation : La vie privée, mode d'emploi (p. 29-58). C&F Éditions. https://shs.cairn.info/obfuscation--9782915825923-page-29?lang=fr.

  • Nissenbaum, Helen.
  • et al.
« Chapitre I. L’obfuscation, un répertoire ». Obfuscation La vie privée, mode d'emploi, C&F Éditions, 2019. p.29-58. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/obfuscation--9782915825923-page-29?lang=fr.

  • NISSENBAUM, Helen
  • et BRUNTON, Finn,
2019. Chapitre I. L’obfuscation, un répertoire. In :
  • NISSENBAUM, Helen,
  • BRUNTON, Finn,
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par MARCONI, Elena,
  • avec la collaboration de VERBEKE, Gauthier
  • et VERGÈS, Emmanuel,
Obfuscation La vie privée, mode d'emploi. C&F Éditions. Société numérique, p.29-58. URL : https://shs.cairn.info/obfuscation--9782915825923-page-29?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Meir Finkel, On Flexibility: Recovery from Technological and Doctrinal Surprise on the Battlefield, Stanford University Press, 2011, p. 125.
  • [2]
    Fred Cohen, « The Use of Deception Techniques: Honeypots and Decoys », in Handbook of Information Security, volume 3, ed. Hossein Bidgoli, Wiley, 2006, p. 646.
  • [3]
    Kirill Maslinsky, Sergey Koltcov et Olessia Koltslova, « Changes in the Topical Structure of Russian-Language LiveJournal : The Impact of Elections 2011 », Research Paper WP BPR 14/SOC/2013, National Research University, Moscow.
    Pour des données récentes concernant la proportion d’usagers de LiveJournal selon le pays, voir http://www.alexa.com/siteinfo/livejournal.com (consulté le 7 décembre 2017).
  • [4]
    Les statistiques citées ici sont tirées du site http://www.livejournal.com/stats.bml, désormais indisponible.
  • [5]
    Voir l’article de Simon Shuster, « Why Have Hackers Hit Russia’s Most Popular Blogging Service ? », Time, du 7 avril 2011, http://content.time.com/time/world/article/0,8599,2063952,00.html. Le nombre de comptes russes cités dans l’article semble correspondre à l’ensemble des comptes, plutôt qu’aux seuls comptes actifs. Nous pensons que l’activité effective est moins importante.
  • [6]
    Voir l’article de Yekaterina Parkhomenko et Arch Tait, « Blog Talk », Index on Censorship, volume 37 (février 2008), p. 174 -178 (http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/03064220701882822).
  • [7]
    Voir Suren Gazaryan, « Russia: Control From the Top Down », in: Enemies of the Internet, Reporters sans frontières, du 11 mars 2014 (http://12mars.rsf.org/2014-en/2014/03/11/russia-repression-from-the-top-down/, non accessible à ce jour). Des informations concernant Suren Gazaryan, un militant et blogueur bien connu pour ses enquêtes sur les problèmes environnementaux et la corruption pendant les Jeux Olympiques d’hiver de Sochi, sont disponibles sur le site du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés [NdT].
  • [8]
    « Twitter Bots Drown Out Anti-Kremlin Tweets », post du 11 décembre 2008 du journaliste militant expert en cybercriminalité Brian Krebs, sur son blog Krebs on Security (http://krebsonsecurity.com/2011/12/twitter-bots-drown-out-anti-kremlin-tweets/).
  • [9]
    Ann Friedman, « Hashtag Journalism », sur son blog #realtalk, du 29 mai 2014 sur le site du Columbia Journalism Review (http://www.cjr.org/realtalk/hashtag_journalism.php?page=all).
  • [10]
    Brian Krebs, « Twitterbots », Krebs on Security, http://krebsonsecurity.com/wp-content/uploads/2011/12/twitterbots1.txt.
  • [11]
    [NdT] Le livre a été écrit avant les élections aux États-Unis de 2016, durant lesquelles cette tactique, couplée à d’autres comme les achats massifs d’espaces publicitaires et la production de faux sites d’information, a été largement employée, semble-t-il à nouveau par les hackers russes. Il est intéressant de mesurer les évolutions dans les stratégies, mais de constater néanmoins qu’elles relèvent très souvent de stratégies d’obfuscation, cette fois employée par des « forts » envers des « faibles ».
  • [12]
    Voir sur le blog de Manuel Reda, Fusion, le post « Mexico: Twitterbots Sabotage Anti-PRI Protest », du 21 mai 2012, http://thisisfusion.tumblr.com/post/23287767289/twitterbots-attack-anti-pri-protest-mexico.
  • [13]
    Pour un exemple d’application plus directe d’un spam de Twitter pendant les élections au Mexique qui contourne cette règle, voir Mike Orcutt, « Twitter Mischief Plagues Mexico’s Election », MIT Technology Review, 21 juin 2014, http://www.technologyreview.com/news/428286/twitter-mischief-plagues-mexicos-election/.
  • [14]
    Joseph Meyerowitz et Romit R. Choudhury, « Hiding Stars with Fireworks: Location Privacy through Camouflage », dans les Actes du 15th Annual International Conference on Mobile Computing and Networking, ACM, 2009.
  • [15]
    Ibid.
  • [16]
    Daniel Howe et Helen Nissenbaum « TrackMeNot: Resisting Surveillance in Web Search », in Lessons From the Identity Trail: Anonymity, Privacy and Identity in Networked Society, Ian Kerr, Carole Luckock, et Valerie Steeves (Ed.), Oxford UniversityPress, 2009, p. 417.
  • [17]
    Michael Barbaro et Tom Zeller Jr., « A Face Is Exposed for AOL Searcher No. 4417749 », The New York Times, 9 août 2006. Voir l’acte original de l’assignation en justice de Google: Gonzales vs. Google, Inc., Case (Subpoena) CV 06-8006MISC JW (N.D. Cal.), http://www.google.com/press/images/subpoena_20060317.pdf, et pour le verdict du tribunal, American Civil Liberties Union v. Gonzalez, Case 98-5591 (E.D. Pa.), http://www.google.com/press/images/ruling_20060317.pdf.
  • [18]
    Il est intéressant à ce propos de voir que la liste des résultats de recherche personnalisés de Google – basée sur les informations de Google+ – prévoit un bouton qui permet d’afficher les résultats comme s’ils avaient été obtenus sans l’influence de l’historique des recherches. Cette fonctionnalité ne supprime pas l’impact de l’historique de recherche, mais le présente comme une option, et pas comme un élément constitutif. Cf. Amit Singhal, « Search, Plus Your World », sur le blog officiel de Google du 10 janvier 2012, http://googleblog.blogspot.com/2012/01/search-plus-your-world.html.
  • [19]
    Vincent Toubiana et Helen Nissenbaum, « An Analysis of Google Logs Retention Policies », Journal of Privacy and Confidentiality, vol. 3, num. 1, 2011, p. 3–26. http://repository.cmu.edu/jpc/vol3/iss1/2/.
  • [20]
    [NdT] De l’anglais plausible deniability, le concept a été inventé par la CIA dans les années cinquante, traduit en français par l’expression « déni plausible », lorsqu’il est appliqué à l’informatique il indique la possibilité pour une personne soupçonnée d’utiliser un logiciel de chiffrement de nier de manière tout à fait plausible l’existence d’un fichier chiffré créé par ce logiciel.
  • [21]
    Andy Greenberg, This Machine Kills Secrets: How WikiLeakers, Cypherpunks, and Hacktivists Aim to Free the World’s Information, Dutton, 2012, p. 157.
  • [22]
    ibid., p. 293.
  • [23]
    Phil Hellmuth, Marvin Karlins et Joe Navarro, Phil Hellmuth Presents Read’Em and Reap, Harper Collins, 2006. Il serait intéressant d’imaginer une stratégie de jeu basée sur un emploi plus prononcé de l’obfuscation : un joueur qui affecterait sans cesse des manières, de façon à ce que distinguer les gestes involontaires devienne difficile, mais cela serait tellement irritant pour les autres qu’il se ferait expulser du jeu.
  • [24]
    Wesley Remmer, « Learning the Secret Language of Baseball » Kitsap Daily News, 23 juillet 2010, http://www.bremertonpatriot.com/sports/99124354.html.
  • [25]
    Spartacus, dirigé par Stanley Kubrick, Universal Pictures, 1960.
  • [26]
    Charles Dickens, A Tale of Two Cities, Penguin Classics, 2003. Pour une traduction française : Charles Dickens et Jean Gattégno (trad. Jeanne Métifeu-Béjeau), Un conte de deux villes, Paris, Gallimard Éducation, coll. folio, 1989, 418 p., préface de Jean Gattégno, notes de Pierre Leyris.
  • [27]
    Alan Moore and David Lloyd, V for Vendetta, Vertigo/DC Comics, 1982. Disponible en français chez Zenda et Delcourt 2001/2002.
  • [28]
    Voir Marco Deseriis, « Lots of Money Because I Am Many: The Luther Blissett Project and the Multiple-Use Name Strategy », in Thamyris/Intersecting, 21, 2011, p. 65–93.
  • [29]
    L’affaire Thomas Crown, dirigé par John McTiernan, Metro-Goldwyn-Mayer, 1999.
  • [30]
    Inside Man, dirigé par Spike Lee, Universal Pictures, 2006.
  • [31]
    La mort aux trousses, dirigé par Alfred Hitchcock, Metro-Goldwyn-Mayer, 1959.
  • [32]
    Thomas Habinek, The World of Roman Song: From Ritualized Speech to Social Order, Johns Hopkins University Press, 2005, p. 10.
  • [33]
    Arthur Conan Doyle, « The Adventure of the Six Napoleons », in The Return of Sherlock Holmes, Penguin Classics, 2008. Disponible en français chez Librio, Les six napoléons, traduit par Henry Evie, Lucien Maricourt et Michel Le Houbie.
  • [34]
    Sarah Netter, « Wash. Man Pulls off Robbery Using Craigslist, Pepper Spray », ABC News, 1 octobre 2008, http://abcnews.go.com/US/story?id=5930862.
  • [35]
    Dans Jens Lund, avec les réponses de István Deák, « The Legend of King Christian, an Exchange », New York Review of Books, vol. 30, no. 5, 1990. http://www.nybooks.com/articles/101archives/1990/mar/29/the-legend-of-king-christian-an-exchange/ (que cette histoire d’étoile jaune relève de la fiction, n’enlève rien à l’héroïsme du peuple danois qui pendant la guerre a aidé des juifs à se cacher et à fuir).
  • [36]
    Leo Goldberger, The Rescue of the Danish Jews: Moral Courage Under Stress, New York University Press, 1987.
  • [37]
    Ben Kafka, The Demon of Writing, MIT Press, 2012, p. 67. Disponible en français Le démon de l’écriture : Pouvoirs et limites de la paperasse, Ben Kafka, traduit par Jérôme Hansen avec une postface de Robert Darnton, Zones Sensibles Editions, 2013.
  • [38]
    Jeremy Scahill et Glenn Greenwald, « The NSA’s Secret Role in the U.S. Assassination Program », The Intercept, 10 février 2014. https://firstlook.org/theintercept/2014/02/10/the-nsas-secret-role/.
  • [39]
    [NdT] Le graphe social désigne « le réseau de connexions et de relations entre les gens sur Facebook, qui permet la diffusion et le filtrage efficaces de l’information ». Hubert Guillaud, InternetActu, 28 septembre 2007 http://www.internetactu.net/2007/09/28/comprendre-le-graphe-social/.
  • [40]
    Tor Project, « Frequently Asked Questions ». https://www.torproject.org/docs/faq.html.en#BetterAnonymity [Texte en anglais dans la version originale, version française du traducteur].
  • [41]
    State of California vs. Niroula, Case INF 064492 (I.B. Cal.) http://cryptome.org/2012/06/babble-tape.pdf.
  • [42]
    Dans une série de six articles publiés entre mai et octobre 1995 sur le journal Mayibuye par Tim Jenkin. Actuellement réunis et disponibles avec le titre « Talking to Vula » sur le site officiel du ANC (http://www.anc.org.za/content/talking-vula).

Il y a de nombreuses stratégies d’obfuscation. L’usage de l’une ou de l’autre dépend des objectifs poursuivis par l’utilisateur (qui vont d’un gain de temps de quelques minutes jusqu’à la faculté de perturber de façon permanente un système de profilage), de savoir s’il agit seul ou avec d’autres, des cibles qu’il veut atteindre et des adversaires auxquels il est confronté. La nature de l’information à brouiller ainsi que d’autres paramètres peuvent avoir un impact sur la stratégie choisie. Nous en discuterons plus tard, dans la seconde partie de cet ouvrage. Par ailleurs, si vous avez des questions concernant les objectifs, les dilemmes éthiques et politiques, que l’obfuscation soulève, ou sur les circonstances qui en font, à notre avis, un complément utile de la boîte à outils de protection de la vie privée, nous vous encourageons à passer directement à la seconde partie, qui peut se lire indépendamment de la première. Toutefois, avant cela, nous voulons démontrer comment des cas particuliers d’obfuscation peuvent être généralisés et modélisés, comment regrouper des événements apparemment disparates dans un seul ensemble, montrer leur continuité sous-jacente, et suggérer ainsi la manière d’appliquer des méthodes semblables à des contextes et à des problèmes différents. L’obfuscation est une action contingente, qui s’adapte aux problèmes à résoudre et à l’adversaire à déjouer ou à repousser. Mais elle se caractérise par une situation sous-jacente : malgré l’impossibilité d’esquiver ou de bloquer la surveillance, il est possible de créer une pléthore de signaux plausibles, ambigus et trompeurs parmi lesquels dissimuler l’information que l’on veut cacher…


Date de mise en ligne : 08/07/2025

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