4. À boire et à manger
Pages 207 à 212
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- LARDELLIER, Pascal,
- Lardellier, Pascal.
- Lardellier, P.
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- Lardellier, P.
- Lardellier, Pascal.
- LARDELLIER, Pascal,
L’été voit les Français s’adonner à l’une de leurs passions de prédilection, le barbecue. Mais de plus en plus, celui-ci fait débat. Et le terme de la controverse ne concerne pas le choix des pièces à griller ou la manière de les accommoder. C’est le fait même de manger de la viande qui est remis en question. Comme un soupçon qui va planer sur nos grillades estivales, jusqu’à leur conférer le goût amer d’une culpabilité diffuse.
Longtemps, la consommation de viande a été considérée comme un allant-de-soi culturel et gastronomique. On en mangeait trop, en toute bonne conscience, et en dépit des prescriptions des nutritionnistes. Nous ingurgitions des tonnes d’animaux de toute sorte, jeunes et adultes. Et nous n’avions pas vraiment de scrupules à être « zoophages », c’est-à-dire à accepter de considérer que la portion servie dans l’assiette venait d’un animal que l’on pouvait se représenter. Mais doucement, les mentalités évoluent, sur fond de conscience écologique et d’éveil à la cause et à la souffrance animales. De « zoophages », « mangeurs de bêtes » assumés, nous devenons « sarkophages », « mangeurs de chair », selon la dichotomie anthropologique. De plus en plus, il nous répugne de voir, ou de simplement deviner, que cela a été vivant. Coûte que coûte, la viande doit être « désanimalisée », pour devenir mangeable. Les fast-foods excellent dans cet exercice de travestissement. Leurs spécialités ne réfèrent pas à l’origine animale (nuggets, burgers et autres wraps), la viande y devient parodique, avec l’omniprésence parodique du sang, le ketchup, pour tout adjuvant…
Date de mise en ligne : 22/07/2019
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