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Rencontre

Pages 49 à 69

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  • Vidal-Naquet, C.
(2024). Rencontre. Noces de cendres : Un voyage dans les ruines de la Grande Guerre (p. 49-69). La Découverte. https://shs.cairn.info/noces-de-cendres--9782348057878-page-49?lang=fr.

  • Vidal-Naquet, Clémentine.
« Rencontre ». Noces de cendres Un voyage dans les ruines de la Grande Guerre, La Découverte, 2024. p.49-69. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/noces-de-cendres--9782348057878-page-49?lang=fr.

  • VIDAL-NAQUET, Clémentine,
2024. Rencontre. In : Noces de cendres Un voyage dans les ruines de la Grande Guerre. Paris : La Découverte. SH / À la source, p.49-69. URL : https://shs.cairn.info/noces-de-cendres--9782348057878-page-49?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Avec une faute d’orthographe en allemand : « Glückseligkeit », devrait-il écrire.
  • [2]
    La famille Debaecker est déjà absente des registres de recensement de Saint-Malo en 1911. Ceux de Rosendaël, ville natale de Gérald, n’ont pas été conservés. Le Journal officiel en date du 31 juillet 1912 informe que « par décret en date du 13 février 1912, M. Debaecker (Frédéric-Charles) [père de Gérald] a été nommé courtier d’assurances, interprète et conducteur de navires à Saint-Malo » (p. 6882). Gérald est par ailleurs au lycée de Rennes à partir de 1913.
  • [3]
    Loïc Danguy, « Georges Briant (1897-1978) et Paulette André (1902-1995), mes grands-parents de Dinard », loc. cit., p. 2.
  • [4]
    Anne Martin-Fugier évoque le terrain de tennis comme lieu privilégié des rencontres : « Les rites de la vie privée bourgeoise », dans Philippe Ariès et Georges Duby (dir.), Histoire de la vie privée, tome 4, op. cit., p. 215.
  • [5]
    Selon leur fils Pierre Debaecker, entretien de 2019.
  • [6]
    Plus précisément, dans l’armée française, 1,8 million de lettres transitent quotidiennement du front vers l’arrière, et 3 à 4 millions de lettres de l’arrière vers le front. D’autres chiffres témoignent du considérable flux épistolaire pendant la guerre : 1 000 lettres par combattant pendant la guerre, 8 milliards de courriers envoyés pour la seule année 1918 (Sébastien Richez et Muriel Roux, « Un autre front dans la Grande Guerre, le rôle des Postes militaire et civile », dans Clémentine Vidal-Naquet, La Grande Guerre des Français à travers les archives de la Grande Collecte, Comme un éditeur, Paris, 2018, p. 19).
  • [7]
    Sylvain Venayre, « L’avènement du voyage de noces (xixe-xxe siècle) », loc. cit., p. 764.
  • [8]
    Manuel Charpy, « La bourgeoisie en portrait. Albums familiaux de photographies des années 1860-1914 », loc. cit., p. 404.
  • [9]
    Raban de Damville, Manuel de savoir vivre..., op. cit., p. 107.
  • [10]
    Doriane Molay, « L’album photographique : une famille affective ? », Enfances, familles, générations, n° 40, 2022, en ligne, p. 3.
  • [11]
    Selon un entretien téléphonique avec Pierre Debaecker, 2019.
  • [12]
    Jérôme Cucarull, « Les en-têtes de factures avec dessins d’usines comme source d’archéologie industrielle. L’exemple des usines de chaussures de Fougères », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome LXXIV, 1996, p. 45-74.
  • [13]
    Selon les très nombreux articles de L’Ouest-Éclair dans lesquels il est cité.
  • [14]
    « Le concours hippique de Fougères », L’Ouest-Éclair, 3 juin 1901, p. 3.
  • [15]
    « Grave accident d’automobile », L’Ouest-Éclair, 30 juin 1902, p. 2. Le journal suit la rémission de Jean Tréhu. Par exemple, « La santé de M. Tréhu », L’Ouest-Éclair, 2 août 1902, p. 3. L’épisode est également relaté dans de nombreux autres périodiques : L’Union libérale, Le Matin, Le Petit Parisien, La Patrie, La Gazette de France, La Lanterne, etc.
  • [16]
    Selon l’expression inscrite dans la presse : « tenir les cordons du poêle » signifie marcher à côté ou immédiatement derrière le cercueil.
  • [17]
    Il deviendra vice-président de la chambre de commerce de Fougères en 1906 puis, en 1909, son président. Il est envoyé pour rencontrer Clemenceau en 1907, au moment des grèves des chaussonniers (en tant que représentant de la chambre syndicale des fabricants).
  • [18]
    AD Ille-et-Vilaine, 11 NUM 35115 13, Recensement de population de Fougères, liste nominative, 1896.
  • [19]
    Emmanuelle Berthiaud, « Accoucher à la maison aux xviiie et xixe siècles. Les préparatifs et le vécu féminin », dans Marie-France Morel (dir.), Naître à la maison. D’hier à aujourd’hui, Érès, Toulouse, 2016, p. 49-78.
  • [20]
    Pour Berthe Briant : AD Ille-et-Vilaine, 10 NUM 35115 323, Registre des naissances, Fougères, 1894, acte n° 332 ; pour le fils Tréhu : AD Ille-et-Vilaine, 10 NUM 35115 324, Registre des naissances, Fougères, 1895, acte n° 557.
  • [21]
    « Nécrologie », L’Ouest-Éclair, 9 juin 1905, p. 3 ; « Une jolie fête aux Verreries de Laignelet », L’Ouest-Éclair, 17 octobre 1905, p. 3.
  • [22]
    Martine Segalen, Éloge du mariage, Gallimard, Paris, 2003, p. 71.
  • [23]
    En 1906, Berthe Briant est recensée au 4, rue Sainte-Croix. Archives départementales de la Sarthe (désormais AD Sarthe), 1 Mi 1180-11, Recensement de population du Mans (1906, A-H), liste nominative, collection communale.
  • [24]
    Dominique Kalifa, Paris. Une histoire érotique, d’Offenbach aux Sixties, Payot, Paris, 2018.
  • [25]
    Loïc Danguy, « Georges Briant (1897-1978) et Paulette André (1902-1995), mes grands-parents de Dinard », loc. cit., p. 2.
  • [26]
    Dans une lettre à sa sœur, la mère de Gérald évoque le fait que Josse Marchand est le parrain de Gérald. (Women’s Library, 7 EWD/A/3/6, Fonds Emily Davison). À son décès en 1923, un article du Figaro lui rend hommage. Il est présenté comme un philanthrope ayant fait, pendant la Grande Guerre, des dons importants au Figaro, destinés aux soldats (306 000 francs). L’homme, originaire de Dunkerque, paralysé des jambes, passait la belle saison dans sa propriété de Garches, où « il ne recevait que des amis intimes » (« Mort de J.-F. M. », Le Figaro, 27 janvier 1923, p. 2). Sur la photographie, on voit en effet l’homme, en fauteuil roulant.
  • [27]
    Sœur aînée du père de Gérald, née le 10 juin 1854 à Dunkerque (AD Nord, 5 Mi 027 R 078 (1852-1855), acte de naissance n° 344). Veuve depuis le 9 septembre 1915 de Charles Georges Delrue.
  • [28]
    Gérald est d’ailleurs déjà qualifié de « courtier maritime » dans le quotidien Le Salut du 12-13 septembre 1919.
  • [*]
    Voir le cahier central, viii.
  • [30]
    En prenant en compte non seulement les pages centrées sur Rosendaël, mais également sur Dunkerque et Malo-les-Bains où Gérald passa des séjours dans son enfance. Et plus encore si l’on compte les pages consacrées à la guerre de Gérald.
  • [31]
    Manuel Charpy, « La bourgeoisie en portrait. Albums familiaux de photographies des années 1860-1914 », loc. cit., p. 421.
  • [32]
    Daniel Arasse explique que dans les expositions, les conditions d’accrochage et d’éclairage des œuvres permettent de les voir autrement ; et de rajouter : « On y voit autre chose, donc c’est anachronique. Oui, mais attention, cette autre chose, elle est là », Daniel Arasse, Histoires de peintures, op. cit., p. 260-261.
  • [33]
    Susan Sontag, Sur la photographie, op. cit., p. 155.
  • [*]
    Voir le cahier central, i.
  • [35]
    « Il n’est rien qui soit plus décent, plus rassurant et plus édifiant qu’un album de famille ; toutes les aventures singulières qui enferment le souvenir individuel dans la particularité d’un secret en sont bannies et le passé commun ou, si l’on veut, le plus grand commun dénominateur du passé, a la netteté presque coquette d’un monument funéraire fidèlement fréquenté », Pierre Bourdieu, Un art moyen. Essai sur les usages sociaux de la photographie, op. cit., p. 54. Voir également Jo Spence, « Soap, Family Album Work... and Hope », dans Jo Spence et Patricia Holland (dir.), Family Snaps. The Meanings of Domestic Photography, Vigaro Press, Londres, 1991, p. 203.
  • [36]
    Martha Langford, Suspended conversations. The Afterlife of Memory in Photographic Albums, McGill-Queen’s University Press, 2001.
  • [37]
    Maureen Howes, Emily Wilding Davison, The History Press, Cheltenham, 2013, p. 126.
  • [38]
    « Fred has been so depressed and [illisible] that the doctor took him in hand and gave him a scolding, saying he was stopping my getting well and it was true. [...] Mine is not a bed of roses and since the baby came I often wonder that I can stand things. I confess it is a great disappointment not to see you now especially as I feel the need of being with a home person. People here are decent but they aren’t like old [illisible] friends and I feel lonely », The Women’s Library, 7EWD, Papers of Emily Wilding Davison (1905-1989).
  • [39]
    AD Ille-et-Vilaine, 10 NUM 35288 1297, Registre des naissances de Saint-Malo, 1913, 26 mars 1913, acte n° 72.
  • [40]
    Alfred Pierre Lucien Debaecker se marie à Dunkerque le 29 mars 1887. Il légitime alors quatre enfants, nés entre octobre 1880 et février 1887 et déclarés alors sous le nom de sa future femme, Moine. AD Nord, 1 Mi 404 R 013, Registre d’état civil du Nord, Mariages, 1887, acte de mariage d’Alfred Debaecker et Ernestine Moine, n° 73.
  • [41]
    AD Paris, 17 M 369, Registre des actes de mariage, 17e arrondissement, 1915, mariage de Lucien Debaecker et Marceline Delmeire, 6 novembre 1915, n° 927.
  • [42]
    AD Ille-et-Vilaine, 10 NUM 35115 205, Registre des actes de mariage, Fougères, 1889, mariage de Théophile Briant et Angèle Marguerite, 24 avril 1889, n° 46.
  • [43]
    AD Ille-et-Vilaine, 3U 1 797, tribunal de première instance de Fougères, juillet 1889.
  • [44]
    AD Paris, D4R1 1606, registre des matricules du recrutement, 1er bureau, n° 1607. Avant le conflit, il avait été emprisonné trois mois en 1912, deux mois en 1913, un mois en 1914. En 1933, il purgera un an de prison pour complicité d’escroquerie.
  • [45]
    Hervé Guibert, « Inventaire du carton à photos », loc. cit., p. 36.
  • [46]
    Pauline Mortas, Une rose épineuse, op. cit., p. 220-227.
  • [47]
    Aïcha Limbada, La Nuit de noces, op. cit., p. 159-162.
  • [*]
    Voir le cahier le central, ii.
  • [49]
    Aïcha Limbada, « Au seuil de l’intimité conjugale : la chambre nuptiale à la Belle Époque », Genre & Histoire, n° 27, printemps 2021, en ligne.
  • [50]
    Sylvain Venayre, Panorama du voyage (1780-1920), op. cit., p. 408-419 et « L’avènement du voyage de noces (xixe-xxe siècle) », loc. cit., p. 767-768. Voir également Alain Corbin, L’Avènement des loisirs, 1850-1960, Aubier, Paris, 1995.
  • [51]
    Sylvain Venayre, « L’avènement du voyage de noces (xixe-xxe siècle) », loc. cit., p. 772.
  • [52]
    Voir les réflexions de Bernard Lahire, « De la réflexivité dans la vie quotidienne : journal personnel, autobiographie et autres écritures de soi », Sociologie et sociétés, vol. 40, n° 2, 2008, p. 165-179.
  • [53]
    Clémentine Vidal-Naquet, « Habité, l’intime ? », loc. cit.

La cérémonie de mariage s’achève, il est temps de quitter la fête. Une photographie saisit le couple à l’heure du départ, s’apprêtant à monter dans un train (fig. 4). Berthe, sur le plus haut marchepied, a quitté sa robe de mariée pour une tenue plus confortable et passe le bras autour des épaules de Gérald, toujours en uniforme. La légende, rédigée dans la langue du vaincu, « Nach... Glükselig Keit !  » (Vers... la félicité !), dévoile à la fois l’attente qui accompagne le voyage et sa réalisation ; elle suggère un séjour heureux, inauguration d’une vie conjugale que l’on espère sans ombrage. Mais, deux ans après la victoire, l’emploi ironique de l’allemand, dans une formule rappelant les graffitis « Nach Paris » sur les trains des conscrits de l’Empire d’août 1914, inscrit aussi d’emblée le périple dans l’ombre portée de la guerre. Le voyage de Berthe et Gérald recouvre une double dimension conquérante : il symbolise autant la reprise du territoire à l’ennemi que l’exploration d’une relation conjugale en devenir.
En août 1914, les futurs époux vivaient certes à proximité, mais depuis peu. Gérald, né dans le nord de la France, était arrivé avec sa famille à Saint-Malo en 1913. Quant à Berthe, elle avait grandi à Fougères puis vécu quelques années à Paris à partir de 1909, avant de s’installer avant la guerre, avec sa mère et son frère Georges, à Paramé. Par ailleurs, Gérald avait passé les deux années scolaires précédant le conflit au lycée de Rennes, avant de s’engager volontairement dans l’armée en septembre 1914…


Date de mise en ligne : 09/09/2024

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