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Chapitre 21. Percevoir ou agir – Le coin de l’expérimentation

Pages 471 à 484

Citer ce chapitre


  • Bourassa, M.,
  • Menot-Martin, M.
  • et Philion, R.
(2017). Chapitre 21. Percevoir ou agir – Le coin de l’expérimentation. Neurosciences et éducation : Pour apprendre et accompagner (p. 471-484). De Boeck Supérieur. https://shs.cairn.info/neurosciences-et-education--9782807307483-page-471?lang=fr.

  • Bourassa, Michelle.,
  • et al.
« Chapitre 21. Percevoir ou agir – Le coin de l’expérimentation ». Neurosciences et éducation Pour apprendre et accompagner, De Boeck Supérieur, 2017. p.471-484. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/neurosciences-et-education--9782807307483-page-471?lang=fr.

  • BOURASSA, Michelle,
  • MENOT-MARTIN, Mylène
  • et PHILION, Ruth,
2017. Chapitre 21. Percevoir ou agir – Le coin de l’expérimentation. In : Neurosciences et éducation Pour apprendre et accompagner. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. Pédagogies en développement, p.471-484. URL : https://shs.cairn.info/neurosciences-et-education--9782807307483-page-471?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Extrait de Beaudelaire C. (1857), L’invitation au voyage, in Les Fleurs du mal, Paris : Folio Classique.
  • [2]
    Dessin publié en 1996 dans Mesure et évaluation en éducation, 19(2), 40 et dans Le cerveau nomade, op. cit., 2006, p. 208.
  • [3]
    Bonini L. et Ferrari P. F. (2011), Evolution of mirror systems : a simple mechanism for complex cognitive functions, Annals of the New York Academy of Sciences, 125, pp. 166-175 ; Kohler E., Keysers C., Umilta M. A., Fogassi L., Gallese V. et Rizzolatti G. (2002), Hearing sounds, understanding actions : action representation in mirror neurons, Science Magazine, 297.
  • [4]
    a) Le pole avant ; b) le pole arrière ; c) les deux.
  • [5]
    Cette expression est de Jean-Pierre Changeux (2002).
  • [6]
    Expérience de Wolfang Kohler qui rend compte d’un des mécanismes pour conférer du sens aux mots. Dans les faits, la personne synesthète voit les chiffres, non de manière achromatique, mais en couleurs (absentes de cet ouvrage). Elle voit, par exemple, en vert, les 5 et en rouge, les 2.
  • [7]
    À l’opposé, la personne non synesthète doit repérer chaque chiffre 2, un à la fois (figure de gauche) puis les conserver en mémoire pour percevoir le triangle ainsi formé. Pour en savoir plus sur la synesthésie, lire Cytowic R. E., Eagleman D. M. et Nabokov D. (2011), Wenesday is indigo blue : Discovering the brain of Synesthesia, Boston : MIT Press. Pour vérifier quels sont les synesthètes autour de vous, consultez leur site.
  • [8]
    Smilek D., Dixon M. J., Cudahy C. et Merikle P. M. (2001), Syneasthetic Photisms Influence Visual Perception, Journal of Cognitive Neuroscience, 13(7), 930-936. Les chercheurs ignorent quels gènes expliquent la forte incidence familiale de la synesthésie de même que la raison pour laquelle la synesthésie se produit de manière unilatérale, le chiffre étant perçu en couleur, mais pas la couleur en chiffre, par exemple.
  • [9]
  • [10]
    Comme le montre le piétage 30 : 49 à 31 : 56 ainsi que celui 37 : 45 à 40 : 01 du YouTube issu de la série Music and the brain intitulé Wenesday is indigo blue : How synesthesia speaks to creativity, par Richard E. Cytowik.
  • [11]
    Associer un visage à un nom, c’est relier entre elles deux régions du cerveau, dans ce cas précis, deux régions adjacentes, celle de la reconnaissance des visages et celle de la reconnaissance des mots (toutes deux sises dans la JOT). Pour expliquer cet amalgame, certains chercheurs posent l’hypothèse qu’au cours du développement foetal, l’élagage de certaines connexions entre les neurones de régions connexes, comme la région V4 et la JOT, a échoué de sorte que ces régions s’activent simultanément [Hubbard E. M. et Ramachandran V. S. (2005), Neurocognitive mechanisms of synesthesia, Neuron, 48(3), 509-520]. L’association forme/couleur est si déterminante que la personne synesthète ne réussit pas à dire la couleur lorsque la correspondance mot/couleur n’est pas la sienne [Smileck D., Dixon M. J., Cudahy C. et Mericke P. M. (2001), Synaesthetic photeisms influence visual perception, Journal of Cognitive Neuroscience, 13(7), 930-936].
  • [12]
    On peut entendre un célèbre synesthète, Daniel Tammet, sur YouTube à partir du lien www.ted.com/talks/daniel_tammet_different_ways_of_knowing. On peut aussi lire son ouvrage traduit par N. C. Ahl (2007), Je suis né un jour bleu. Paris : Les Arènes.
  • [13]
    Hubbard E. M. et Ramachandran V. S. (2005), Neurocognitive Mechanisms of Synesthesia, Neurons, 48(30), 509-520.
  • [14]
    Ces boucles de réentrée cessent normalement au moment où un sens est donné ou un plan arrêté. La synesthésie semble donc être un défaut d’inhibition qui maintient le circuit actif alors qu’il devrait s’interrompre. En renforçant sa potentialisation, sa réactivation devient plus probable créant ainsi un véritable cercle vicieux.
  • [15]
    Le processus par lequel cette réactivation est rendue possible parle de potentialisation à long terme, laquelle augmente la perméabilité d’une synapse, donc sa stimulation.
  • [16]
    Si vous voyez un lien entre cet exercice et la synesthésie, vous voyez juste ! Si une personne synesthète voit les mots en couleurs, elle n’éprouvera aucune difficulté à nommer les couleurs des mots si les couleurs correspondent à celles qu’elle voit habituellement lorsqu’elle lit ces mots écrits à l’encre noire.
  • [17]
    Lebedev M. A., Messinger A., Kralik J. D. et Wise S. P. (2004), Representation of attended vs remembered location in prefrontal cortex, PLoS Biology, 2(11), 365.
  • [18]
    Par exemple, en cas de dépression majeure, la personne se révèle incapable de réussir cette tâche tant son attention vagabonde vers autre chose.
  • [19]
    Si l’aire préfrontale dorsolatérale est endommagée, l’inhibition de la réponse disparaît de sorte que la personne échoue à cette tâche, d’après Passingham R. E. et Wise S. P., op. cit., 2012, p. 158.
  • [20]
    La réponse est 5.
  • [21]
    Raven J. (2000), The Raven’s Progressive Matrices : Change and Stability over Culture and Time, Cognitive Psychology, 41, 1-8, doi : 10.1006/cogp.1999.0735.
  • [22]
    Frith C., op. cit., 2010, p. 98 et 110.
  • [23]
    Donc aucune activité des aires orbitofrontale et ventromédiane. Dans Le cerveau nomade, nous parlions alors d’attention viscérale si la réponse était une réponse réflexe (p. ex., cligner des yeux à l’approche d’un objet) ou d’attention préréflexive si la réponse ne requérait aucune attention consciente (p. ex., exécuter une série de mouvements consolidés).
  • [24]
    Le cerveau nomade traitait d’« attention réflexive » plutôt que de conscience. Cette forme d’attention renvoie, sur le plan neurologique, au fait que les aires préfrontales sont actives et qu’elles entrent en interaction, par potentialisation, avec un nombre important d’aires corticales et sous-corticales.
  • [25]
    Milton J., Solodkin A., Hlustik P. et Small S. L. (2007), The mind of expert motor performance is cool and focused, NeuroImage, 35, 804-813.
  • [26]
    Expression de Marcus Raichle pour décrire une activité spontanée d’arrière plan observable aussi quand le cerveau est au repos. Lire à ce sujet Gusnard D. A. et Raichle M. E. (2004), Functional Imaging, Neurophysiology, and the Resting State of the Human Brain, in M. S. Gazzaniga (Ed.), The Cognitive Neurosciences III (p. 1267-1280), Boston : MIT Press.
  • [27]
    Rozell C. J., Johnson D. H., Baraniuk R. G. et Olshausen B. A. (2008), Sparse coding via thresholding and local competition in neural circuits, Neural Computation, 20, 2526-2563, disponible en ligne.
  • [28]
    Salivas E. et Sejnowski T. (2001), Exact solutions for the non-leaky integrate-and-fire model neuro driven by correlated stochastic inputs, Natural Review of Neurosciences, 2 et Olshausen B. (2003), The Visual Neurosciences, in L. M. Chalupa et J. S. Werner (Eds.), The New Visual Neurosciences, Cambridge, Mass. : MIT Press.
  • [29]
    De même qu’à d’autres moments de la journée. Pour en savoir plus, vous pouvez lire Satterthwaite T. D., Wolf D. H., Erus G., Ruparel K., Elliott M. A., Gennatas E. D., Hobson R., Jackson R., Prabhakaran K., Bilker W. B., Calkins M. E., Loughead J., Smith A., Roalf D. R., Hakonarson H., Verma R., Davatzikos C., Gur R. C. et Gur R. E. (2013), Functional maturation of the executive system during adolescence, The Journal of Neuroscience, 33(44), 16249-16261.
  • [30]
    1) D’après Satterthwhaite T. D. et al. (2013). Les adolescents parvenus au même stade de maturation mais qui présentent des problèmes de santé mentale n’atteignent pas le même niveau de performance au test de mémoire que leurs pairs ne connaissant pas ce défi. On constate que le circuit des fonctions exécutives et de la mémoire de travail activé par la tâche ne s’active pas de manière optimale pendant que le circuit en mode par défaut ne se désactive pas suffisamment. Les chercheurs concluent que la maturation de ce circuit peut servir d’indicateur d’un problème de santé mentale. 2) La mémoire de travail est associée à une augmentation des ondes gamma dans la région préfrontale dorsolatérale, dans l’hippocampe ainsi que dans les aires occipitotemporales et pariétales. D’après Rothé M. (2010), Activités spécifiques du cortex cingulaire antérieur et du cortex préfrontal dorsolatéral et interactions lors de l’adaptation de comportements, thèse de doctorat, Université Claude-Bernard Lyon I, p. 69.
  • [31]
    Tel que déjà cité, Eustache F. et Guillery-Girard B. (2016), Neuroéducation : la mémoire au cœur des apprentissages, Paris : Odile Jacob.
  • [32]
    1) Cavanagh J. F., Bismark A. J., Frank M. J. et Allen J. J. B. (2011), Larger error signals in major depression are associated with better avoidance learning, Frontiers in Psychology, 2, pp. 24-29 ; 2) Deng Y., Ma X. et Tang Q. (2013), Brain response during visual emotional processing : An fMRI study of alexithymia, Psychiatric Resources, 213(3), 225-229 ; 3) Gemar M. C., Segal Z. V., Mayberg H. S., Goldapple M. S. et Carney C. (2007), Changes in regional cerebral blood flow following mood challence in drug-free, remitted patients with unipolar depression, Depression and Anxiety, 24(4), 597-601.
  • [33]
    Milton J., Solodkin A., Hlustik P. et Small S. L., op. cit., 2007.

« Je sais grâce à la théorie, mais je sens grâce à la pratique »
Nous percevons le monde ainsi que notre présence à celui-ci à travers nos sens (pôle arrière), nous agissons sur le monde et y ajustons notre présence grâce à nos habiletés motrices (pôle avant). En règle générale, nous percevons d’abord, et c’est cette perception qui détermine nos décisions d’action.Notre manière de vivre ce type d’expériences ne vient jamais seule. Outre notre état physique (faim, fatigue…) et d’esprit (agréable, désagréable), lesquels relèvent de l’axe haut/bas, notre histoire (mémoire autobiographique), nos connaissances (mémoire déclarative), nos savoirfaire (mémoire procédurale) déterminent ce à quoi nous portons attention sur le moment aussi bien que ce que nous conservons en mémoire dans l’après-coup. Ces mémoires relèvent, en grande partie, de l’axe arrière/avant.
Ce à quoi nous portons attention s’exprime, sur le plan neuronal, par un processus chimique qui modifie la perméabilité d’une synapse (le point de contact d’un neurone vers un autre neurone), laquelle détermine la facilité avec laquelle l’information électrique se transmet d’un neurone à l’autre. Ce processus mentionné dans la partie 3, appelé potentialisation, fait en sorte que plus une synapse est réactivée avec une charge électrique de même vigueur, grâce à un processus de réentrée en boucles, plus elle se trouve renforcée et donc aisément réactivée par une charge analogue. Pour expérimenter la potentialisation, mémorisez, selon votre préférence, le poème suivant ou la figure 21.1 …


Date de mise en ligne : 24/01/2020

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