II. Devenir un objet ou mourir, un choix de dupe ?
Pages 37 à 43
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- BESNIER, Jean-Michel,
- Besnier, Jean-Michel.
- Besnier, J.-M.
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Notes
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[1]
Günther Anders, L’obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle (1956), Paris, Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2002.
À l’article de la mort, il se plaignait de n’être pas un simple objet qu’on pourrait encore réparer. Il aurait voulu qu’on soit capable de le loger dans une boîte de conserve ou de lui trouver une anatomie de rechange. Il se moquait bien d’être éternel, comme le promettent aux mourants les religions, ou de partager le destin des idoles et des héros qui survivent dans la mémoire des hommes. Ce qu’il voulait, c’est ne pas mourir et pour cela, se couler dans la condition anonyme de l’objet qui dure, que l’on entretient soigneusement et que l’on améliore parfois. Rien de grandiose, assurément, dans cette aspiration. Une demande tout en discrétion et humilité. Juste se rendre inaperçu par la mort ! Au lieu de disparaître, réclamer d’être remplacé par quelque chose qui oppose son inertie au temps, et abandonner l’illusion d’être un individu singulier, unique et doté d’une existence à nulle autre pareille, pour ainsi dire incommunicable. Abdiquer donc cette singularité qui flatte habituellement l’ego et donne le sentiment à chacun d’être irremplaçable, pour souhaiter au final n’être pas plus qu’un objet manufacturé et anonyme.
C’est un philosophe allemand, Günther Anders, qui rapporte cette rencontre avec un homme sur le point de mourir – un philosophe qui était convaincu que ses contemporains étaient devenus dépressifs en découvrant qu’ils n’étaient plus à la hauteur des machines qu’ils construisaient et dont les performances les dépassaient désormais, sans retour en arrière possible…
Date de mise en ligne : 31/03/2026
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