XI. Mystique juive et mythe de la caverne
- Par David Brezis
Pages 193 à 210
Citer ce chapitre
- BREZIS, David,
- Textes réunis et présentés par COHEN-LEVINAS, Danielle,
- ROUX, Géraldine
- et SEBTI, Meryem,
- Brezis, David.
- Brezis, D.
- Textes réunis et présentés par D. Cohen-Levinas,
- G. Roux
- et M. Sebti
https://doi.org/10.3917/herm.cohen.2015.02.0193
Citer ce chapitre
- Brezis, D.
- Textes réunis et présentés par D. Cohen-Levinas,
- G. Roux
- et M. Sebti
- Brezis, David.
- BREZIS, David,
- Textes réunis et présentés par COHEN-LEVINAS, Danielle,
- ROUX, Géraldine
- et SEBTI, Meryem,
https://doi.org/10.3917/herm.cohen.2015.02.0193
Notes
-
[1]
I Hénoch 14, 8.
-
[2]
Talmud Bavli (dorénavant TB) Ḥaguiga 13 b.
-
[3]
TB Ḥaguiga 14 b.
-
[4]
Éphraïm Urbach, « Les traditions mystiques à l’époque des Tanaïm » (en hébreu), in É. Urbach, Le monde des Sages, Jérusalem, Magnes, 1988.
-
[5]
Éphraïm Urbach, « Les traditions mystiques… », p. 496.
-
[6]
I Hénoch 10, 13 ; 14, 5 ; 22, 4.
-
[7]
TB Shabbat 88 b.
-
[8]
Eikha Rabba, Prologue 24.
-
[9]
Ce point de vue s’illustre parfaitement dans Le Livre hébreu d’Hénoch, nommé aussi III Hénoch, texte de la littérature des palais inspiré à la fois de I Hénoch et de la tradition rabbinique, cf. Le Livre hébreu d’Hénoch, chap. v, 6, trad. Ch. Mopsik, Lagrasse, Verdier, 1989, 48 C.
-
[10]
TB Baba Metsia 59 b.
-
[11]
Vayikra Rabba 29, 4.
-
[12]
I Hénoch 2, 1 ; 18, 14-6, 21, 2-6.
-
[13]
Gn 6, 4, I Hénoch 9, 9.
-
[14]
I Hénoch 69, 28.
-
[15]
I Hénoch 81, 1-2 ; III Hénoch 45, 1.
-
[16]
Derekh Erets Zouta 1, 9, Midrash Aggada, éd. Buber, sur Gn 5, 24.
-
[17]
Bereshit Rabba 25, 1.
-
[18]
Daniel 7, 1 ; I Hénoch 47, 3.
-
[19]
I Hénoch 39, 11 ; 46, 1-3 ; 48, 2-6 ; 61, 8 ; 62, 1-7.
-
[20]
Mt 22, 44 ; 26, 64, Lc 22, 69.
-
[21]
I Hénoch 71, 13-4.
-
[22]
I Hénoch 6, 6 ; Jubilés 4, 15.
-
[23]
Jubilés 4, 23.
-
[24]
Cf. Moshe Idel, « Hénoch, c’est Métatron », Jerusalem Studies in Jewish Thought, t. VI, n° 1-2, 1987, traduit par Charles Mopsik en appendice du Livre hébreu d’Hénoch, p. 387-388.
-
[25]
Le parallèle entre l’Adam cosmique et Hénoch est notamment reconnaissable à la vision qu’ils ont, l’un comme l’autre, de tous les événements à venir jusqu’à la fin des temps.
-
[26]
Alphabet de Rabbi Akiva, Baté Midrashot, II, éd. Wertheimer, p. 412 ; Bereshit Rabba 8, 10.
-
[27]
TB Sanhédrin 38 b.
-
[28]
Ibid.
-
[29]
Le Livre hébreu d’Hénoch (III Hénoch), trad. Ch. Mopsik, Lagrasse, Verdier, 1989.
-
[30]
Ibid., p. 185.
-
[31]
Ibid., p. 32.
-
[32]
Ibid., p. 48.
-
[33]
Ibid., p. 48.
-
[34]
III Hénoch 9, 2.
-
[35]
Cf. Ézéchiel 3, 22 ; 8, 1 ; 33, 22 ; 37, 1.
-
[36]
III Hénoch 9, 3.
-
[37]
III Hénoch 10, 1.
-
[38]
III Hénoch 16 ; TB Ḥaguiga 15 a.
-
[39]
TB Ḥaguiga 12a ; III Hénoch 16, 5.
-
[40]
Ce compromis est déchiffrable dans la formule où Métatron indique le rôle dont Dieu l’avait a priori chargé : « Et il me posta [littéralement, il me mit debout, veheemidani] pour servir chaque jour le Trône de gloire » (III Hénoch 7).
-
[41]
TB Baba Metsia 85 b.
-
[42]
De Dieu qui vient à l’idée, Paris, Vrin (dorénavant DVI), 1982, p. 150.
-
[43]
Totalité et Infini, Essai sur l’extériorité, La Haye, M. Nijhoff, 1961 (dorénavant TI), p. 49.
-
[44]
Difficile liberté, Essai sur le judaïsme, Paris, Albin Michel, 1976, p. 48 ; TI, p. 196 ; En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger, Paris, Vrin, 1967, p. 196 ; DVI, p. 61.
-
[45]
Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, La Haye, M. Nijhoff, 1974, p. 65, 233 ; DVI, p. 119 ; Humanisme de l’autre homme, Montpellier, Fata Morgana, 1972, p. 100.
-
[46]
DVI, p. 57-9, 110-111 ; Entre nous, Paris, Grasset, coll. « Le livre de poche », 1991, p. 98, 228, 234.
-
[47]
DVI, p. 110.
-
[48]
Le Livre hébreu d’Hénoch, p. 109.
-
[49]
Les grands courants de la mystique juive, p. 65.
-
[50]
Shir Hashirim Rabba 1, 10.
-
[51]
Vayikra Rabba 20, 10.
-
[52]
Alors que le motif de l’instruction des hommes constitue un topos classique de la littérature apocalyptique, il est plutôt marginal dans le cycle hénochien, d’autant qu’une des fautes des anges rebelles consiste justement à instruire les hommes des secrets d’en-haut.
-
[53]
TB Shabbat 33 b et parallèles.
-
[54]
TB Berakhot 35 b.
-
[55]
Tossefta Edouyot 3, 3 ; TB Zevaḥim 113 a.
-
[56]
Bereshit Rabba 79, 6.
-
[57]
Geza Vermes, « The Etymology of “Essenes” », Revue de Qumrân, t. II, n° 4, 1960.
-
[58]
I Hénoch 67, 6-13.
Si la Bible atteste déjà d’une expérience mystique – notamment chez les prophètes Isaïe et Ézéchiel –, les experts s’accordent pour dater l’émergence d’un mysticisme juif proprement dit aux deux ou trois siècles qui précèdent l’ère chrétienne. Plus précisément, il convient de distinguer, dans le monde juif de l’Antiquité, deux courants principaux, dont le positionnement par rapport à la mystique est fortement contrasté. C’est, d’une part, le courant qui s’est fait connaître par les manuscrits de la mer Morte, le mouvement essénien fondé vers le iie siècle avant J.-C. et disparu après la chute de Jérusalem en 70 de notre ère. Et c’est, d’autre part, le courant qui va établir son hégémonie avec la conquête romaine, le judaïsme des Pharisiens, puis, de leurs héritiers directs, les sages du Talmud. En effet, autant les écrits trouvés à Qumrân font une place de choix à l’expérience mystique, autant les rabbins se montrent à son égard passablement réservés. Si les héros de la littérature qui a cours dans la secte ont souvent pour destin d’être enlevés au Ciel, c’est que leur ascension ou assomption céleste reflète l’expérience faite par le mystique dans ses voyages visionnaires. Par exemple, Hénoch entame le compte rendu de l’expérience qui le mène jusqu’à la contemplation du Trône divin par les mots : « Dans ma vision, des vents m’ont pris sur leurs ailes, m’ont élevé et emporté vers le ciel », notation qui fait clairement écho au ravissement céleste qui est le point de départ de la légende hénochienne…
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