2006. La fusion d’Arcelor et Mittal entérine le déclin de la sidérurgie européenne
[ArcelorMittal, Tata, ThyssenKrupp]
- Par Olivier Petitjean
- et Ivan du Roy
Pages 674 à 676
Citer ce chapitre
- PETITJEAN, Olivier
- et DU ROY, Ivan,
- Petitjean, Olivier.
- et al.
- Petitjean, O.
- et Du Roy, I.
- O. Petitjean
- et I. Du Roy
https://doi.org/10.3917/dec.petit.2025.01.0674
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C’est l’ultime fusion qui entérine le déclin de la sidérurgie française et européenne. En 2006, Mittal Steel Company – du nom du milliardaire indien Lakshmi Mittal qui en est le propriétaire – parvient à mettre la main sur Arcelor. Le groupe Arcelor était lui-même issu d’une série de fusions-acquisitions, entre l’espagnol Aceralia, le luxembourgeois Arbed et le français Usinor, tentative hexagonale de sauver ce qui demeurait des « forges » du bassin lorrain notamment. Après la Seconde Guerre mondiale, la sidérurgie avait largement bénéficié des financements du plan Marshall consacrés à la reconstruction de l’Europe de l’Ouest. Le secteur de l’acier constitue aussi l’un des socles du marché commun européen avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951.
Mais, depuis les années 1970, faute d’investissements pour se moderniser et s’adapter aux nouveaux alliages et usages de l’acier, les entreprises sidérurgiques du vieux continent, situées à proximité de gisements de fer dont la qualité décline, confrontées à une demande en baisse, au choc pétrolier et à la concurrence des industries des pays émergents, sont en crise. L’Europe assiste à l’agonie de ce secteur phare de la première révolution industrielle, qui a accompagné l’essor des chemins de fer, du bateau à vapeur, des armements modernes puis de l’industrie automobile. Si des groupes comme Schneider ont su se reconvertir vers d’autres secteurs d’activité [☞ 1885], pour les hauts-fourneaux, l’heure est à la disparition, à la nationalisation (British Steel en 1967, Usinor et Sacilor en 1981…) ou à la fusion…
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