7
Demeures
- Par Alain Médam
Pages 125 à 154
Citer ce chapitre
- MÉDAM, Alain,
- Médam, Alain.
- Médam, A.
Citer ce chapitre
- Médam, A.
- Médam, Alain.
- MÉDAM, Alain,
Notes
-
[1]
La Bible Osty, Le Seuil, 1973.
-
[2]
Albert Memmi. La libération du Juif, Payot, 1966.
-
[3]
Philippe Trétiack, Le paysage juif parisien, Rapport de recherche ronéoté. Ed. CERFI.
-
[4]
Voir ici Jacques Maltchef, op. cit.
-
[5]
Alain Médam, La cité des noms. Jérusalem, Ed. Galilée, 1980.
-
[6]
Cité par Régine Robin, in Kafka, Belfond, 1989.
-
[7]
Voir ici Jacques Duquesne, La dispute à propos d’Auschwitz, in Le Point, 4 septembre 1989.
-
[8]
Andrée Katz, Entretien avec Claude Lanzmann. in Regards, mars 1990.
-
[9]
Voir Michael Darmon. Les aventuriers du Temple perdu, in Regards, décembre 1989.
-
[10]
Christian Hoche. Les nouveaux fronts de l’intifada, in L’Express, 25 mai 1990.
-
[11]
Jacques Renard, La sainte grève, in L’Express, 27 avril 1990.
-
[12]
Cité par Philippe Trétiack, op. cit.
-
[13]
Edgar Morin, Juif : adjectif ou substantif ?, in Le Monde, 11 octobre 1989.
-
[14]
Dominique Schnapper, Juifs et israélites, Gallimard, 1980.
-
[15]
Schalom Asch, Varsovie, Belfond, 1936.
-
[16]
Gershom Scholem, Le messianisme juif, Calmann-Lévy, 1974.
L’Eternel prend ses distances. Pose ses limites. Pourtant la Genèse, peut-on dire, ne fait presque que commencer. Rien n’y fait ! Déjà, plus rien n’est tout à fait comme cela eut pu être. Un divorce est présent. Une coupure qui, peut-être, appellera une alliance. Genèse 6, 3 : « Mon esprit ne demeurera pas toujours dans l’homme, car il n’est que chair », pose l’Unique. Tout est dit. L’homme mourra. Son temps est une demeure : rien de plus. L’homme s’y trouve. Il en sortira. Il n’y fut pas toujours. Cet endroit n’est qu’épisodique dans la mer du néant et d’ailleurs si l’homme loge en ce lieu — sa vie — c’est afin que l’esprit de l’Autre puisse demeurer en lui. Il n’habite que parce qu’il est habité. Que lui-même ne soit plus demeure de cet Esprit, rien ne justifie plus qu’il demeure. Qu’il passe !
Ce n’est pas tout. La séparation se poursuit, entre le
Créateur et le créé. Que se passe-t-il pour que si vite, entre Celui par qui tout passe et celui qui trépasse désormais, rien n’aille plus ? Genèse 6, 6 : « Yahvé se repentit d’avoir fait l’homme sur terre. » Rien de moins... Mais peut-on effacer ? Dissoudre les hommes de la surface du sol ? Sans doute, décide l’Unique : « La fin de toute chair est venue. » Cette vie en quoi l’Œuvre culmine — cette vie qui déjà, dans sa propre poursuite, se trouve être tronquée — , voici qu’il n’est plus guère question qu’elle soit. Et cette humanité qui sans attendre a déçu, blessé celui qui avait cru pouvoir faire demeurer son esprit en elle, voilà qu’elle va disparaître sitôt qu’esquissée…
Date de mise en ligne : 31/08/2016
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
9,49 €
Acheter ce chapitre
5,00 €