San Francisco et le free
- Par Martial Solal
Pages 76 à 79
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- SOLAL, Martial,
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- Solal, M.
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Retour à San Francisco. Après l’El Matador, c’est le festival de Monterey, sans aucun doute le plus important de Californie, qui m’invitait à donner un concert. Je n’étais pas seul au programme ! Des artistes infiniment plus connus que moi y participaient. J’eus droit à un petit quart d’heure de piano solo… Un petit quart d’heure bien enviable, le Monterey Jazz Festival étant une véritable référence. On pouvait y entendre des artistes du calibre d’Ella Fitzgerald ou de Dizzy Gillespie… Une anecdote inoubliable : dans les coulisses se tenait un homme qui me semblait extrêmement âgé. Eubie Blake n’était pas loin de fêter son centenaire, le bout du monde à l’époque ! Nous avons fait, dans les coulisses et sur un piano droit, un petit duo (historique ?) à quatre mains. Il proposa Honeysuckle Rose, un très ancien standard qu’heureusement je connaissais. Il était si fatigué qu’il devait être soutenu par ses proches pour atteindre l’instrument. Il choisit de jouer le rôle d’accompagnateur, dans le grave, me laissant pianoter dans l’aigu. Un souvenir exceptionnel ! Deux ans plus tard, on m’invitait de nouveau à Monterey dans une édition des plus chargées en nombre de participants. Je traversais une fois de plus l’Atlantique et les États-Unis de part en part pour jouer cette fois… huit minutes ! Il fallait en avoir envie. C’était mon troisième voyage aux USA. Ma peur de l’avion ne m’avait toujours pas abandonné. Au cours des années qui suivirent et ce jusqu’en 2011, j’y reviendrais pourtant une vingtaine de fois……
Date de mise en ligne : 08/04/2026
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