Quelques dimanches et un concours
- Par Martial Solal
Pages 101 à 106
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- SOLAL, Martial,
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- Solal, M.
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Si ce n’est mon étoile, comment alors expliquer la série d’évènements incroyables que j’allais vivre à partir de 1993 ? Voyez plutôt. Dans un studio que je croyais désert, je répétais depuis quelques minutes l’un des morceaux les plus connus de Gershwin. Je comptais le jouer très prochainement, en hommage à un ami venant de disparaître. Au fond de la salle, se trouvait par hasard Michel Legrand en compagnie de Claude Samuel, Directeur de la musique à France Musique. Ils vinrent jusqu’au piano me dire leur… étonnement. J’étais en grande forme et je venais probablement de réussir un sans-faute… Le lendemain, Claude Samuel m’appelait pour me poser une question des plus surprenantes : me sentais-je disposé à me produire seul tous les dimanches après-midi au studio 105 et ce, pendant quelques semaines ? Il ne me semble pas utile de vous faire part de ma réponse… Mais j’ignorais si je serais ou non, capable de tenir longtemps cet étonnant challenge, devant trois cents personnes ne payant pas leur place, donc peut-être venues en « touriste » et non spécialement pour m’écouter… Ce fut le début d’un épisode hors du commun. Se jeter à l’eau tous les dimanches – jusqu’à nouvel ordre – et réussir le petit exploit de ne pas lasser les auditeurs avec mes improvisations, m’apparaissait comme un défi aussi insurmontable qu’excitant. La qualité de l’instrument mis à ma disposition ne laisserait passer aucune fausse note ! Mais j’avais repéré les bonnes touches et je m’en tirai, relativement satisfait…
Date de mise en ligne : 08/04/2026
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