Vivre à mourir de rire
- Par Christophe Mory
Pages 307 à 313
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- MORY, Christophe,
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- Mory, C.
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Le travail de persuasion autour du Tartuffe
continue à travers les visites chez les dignitaires et
les influents. Ceux qui reçoivent la troupe et font
jouer la pièce maudite sous leur toit sont nombreux et rassemblent souvent les mêmes personnes. La levée royale de l'interdiction ne fait donc
pas de scandale. Les temps ont changé.
Il s'est passé cinq années entre la première représentation de La Princesse d'Élide et celle-là au Palais-Royal. Que d'événements ! Louis XIV a aimé
Mlle de La Vallière puis Mme de Montespan ; la
reine mère est morte d'un cancer du sein et Conti
de la syphilis ; la Franche-Comté a intégré le
royaume ; Mairet s'en est retourné ; Molière a écrit
et joué dix pièces. Le Tartuffe, sorti de son contexte effervescent, ne brûle plus, il scintille pendant
quarante-quatre représentations consécutives. Et la
recette est là : la première rapporte deux mille huit
cent soixante livres.
« Un si fameux succès ne lui fut jamais dû et s'il
a réussi, c'est qu'on l'a défendu », note un critique
amer pour qui la réussite finale venait du dénouement des intrigues plus que de la valeur du texte.
Faut-il que Le Tartuffe s'accompagne de mort ?
Le 27 février, Jean Poquelin, le père de Jean-Baptiste, décède.
À soixante-quatorze ans, il habitait depuis quelque temps la maison de l'Image Saint-Christophe
dont le délabrement nécessitait de lourds travaux
et un endettement de vingt mille livres. Du premier mariage de son père, Jean-Baptiste est le seul
survivant…
Date de mise en ligne : 30/11/2021
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