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9. Les Damnés de la terre de Frantz Fanon

Pages 224 à 259

Citer ce chapitre


  • Costantini, D.
(2008). 9. Les Damnés de la terre de Frantz Fanon. Mission civilisatrice : Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française (p. 224-259). La Découverte. https://shs.cairn.info/mission-civilisatrice--9782707153876-page-224?lang=fr.

  • Costantini, Dino.
« 9. Les Damnés de la terre de Frantz Fanon ». Mission civilisatrice Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, La Découverte, 2008. p.224-259. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/mission-civilisatrice--9782707153876-page-224?lang=fr.

  • COSTANTINI, Dino,
2008. 9. Les Damnés de la terre de Frantz Fanon. In : Mission civilisatrice Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française. Paris : La Découverte. TAP / Études coloniales, p.224-259. URL : https://shs.cairn.info/mission-civilisatrice--9782707153876-page-224?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Pour une introduction générale à la vie et à l’œuvre de F. Fanon, voir R. Zahar, L’Œuvre de Frantz Fanon, Maspero, Paris, 1970 ; P. Geismar, Frantz Fanon, Groove Press, New York, 1969 ; D. Macey, Frantz Fanon : A Life, Granta Books, Londres, 2000 ; A. Cherki, Frantz Fanon, portrait, Seuil, Paris, 2000.
  • [2]
    F. Fanon, « Antillais et Africains », in F. Fanon, Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris, 2001 (1964), p. 32.
  • [3]
    Ibidem, p. 33.
  • [4]
    Ibidem, p. 32.
  • [5]
    Ibidem, p. 31.
  • [6]
    Voir F. Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, Paris, 1952.
  • [7]
    F. Fanon, « Antillais et Africains », op. cit., p. 34.
  • [8]
    F. Fanon, « Le “syndrome nord-africain” », in F. Fanon, Pour la révolution africaine, op. cit., pp. 16-17.
  • [9]
    F. Fanon, Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 8.
  • [10]
    « La découverte de l’existence d’une civilisation nègre au xve siècle ne me décerne pas un brevet d’humanité. Qu’on le veuille ou non, le passé ne peut en aucune façon me guider dans l’actualité » (Ibidem, p. 182).
  • [11]
    Voir Ibidem, p. 9.
  • [12]
    F. Fanon, « Lettre au ministre résident », in F. Fanon, Pour la révolution africaine, op. cit., p. 59.
  • [13]
    Ibidem, p. 60.
  • [14]
    Ibidem.
  • [15]
    Ibidem, p. 61.
  • [16]
    F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, op. cit., p. 5.
  • [17]
    F. Fanon, « Lettre au ministre résident », loc. cit., p. 61.
  • [18]
    Concernant l’influence ambiguë mais décisive de F. Fanon – qui affirmait que l’on ne pouvait défendre la solidarité interafricaine qu’en soutenant les projets de libération nationale – sur ces luttes et sur le panafricanisme, voir R. J. C. Young, « Fanon et le recours à la lutte armée en Afrique », Les Temps modernes, n° 635-636, 2005-2006, pp. 118-135.
  • [19]
    F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, op. cit., p. 9.
  • [20]
    Ibidem, p. 10.
  • [21]
    Ibidem, p. 12.
  • [22]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, La Découverte, Paris, 2002 (1961).
  • [23]
    Selon L. R. Gordon – qui aborde l’œuvre de F. Fanon à travers Husserl –, c’est F. Fanon lui-même qui représente en premier lieu, à travers son expérience de vie, une incarnation de la crise de l’Europe et, de manière plus générale, de la raison occidentale (L. R. Gordon, Fanon and the Crisis of the European Man, Routledge, New York/Londres, 1995).
  • [24]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 46.
  • [25]
    L’expression est de J.-P. Sartre, qui continue ainsi : « puisque nul ne peut sans crime dépouiller son semblable, l’asservir ou le tuer, ils [nos soldats] posent en principe que le colonisé n’est pas le semblable de l’homme » (J.-P. Sartre, préface des Damnés de la terre, op. cit., p. 23).
  • [26]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 302.
  • [27]
    G. Wilder, « Race, raison, impasse. Césaire, Fanon et l’héritage de l’émancipation », in P. Weil et S. Dufoix, L’Esclavage, la colonisation et après…, op. cit.
  • [28]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 301.
  • [29]
    « Le voici tout nu, pas beau : ce n’était qu’une idéologie menteuse, l’exquise justification du pillage ; ses tendresses et sa préciosité cautionnaient nos agressions » (J.-P. Sartre, préface des Damnés de la terre, op. cit., p. 23).
  • [30]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 302.
  • [31]
    F. Fanon, « Vérités premières à propos du problème colonial », in F. Fanon,Pour la révolution africaine, op. cit., p. 146.
  • [32]
    W. Benjamin, « Sur le concept d’histoire », in W. Benjamin, Œuvres, vol. 3, Gallimard, 2000.
  • [33]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 303.
  • [34]
    W. Benjamin, « Sur le concept d’histoire », loc. cit., p. 67.
  • [35]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 94.
  • [36]
    Ibidem, p. 99.
  • [37]
    Ibidem, p. 305.
  • [38]
    Ibidem, p. 43.
  • [39]
    Ibidem.
  • [40]
    F. Fanon, « Racisme et culture », in F. Fanon, Pour la révolution africaine, op. cit., p. 39.
  • [41]
    Ibidem, p. 47.
  • [42]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 45.
  • [43]
    F. Fanon, « Racisme et culture », loc. cit., p. 43.
  • [44]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 44.
  • [45]
    Ibidem, p. 45.
  • [46]
    Ibidem, pp. 52-53.
  • [47]
    F. Fanon, « Pourquoi nous employons la violence (discours prononcé à la conférence d’Accra, avril 1960) », in F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, op. cit., p. 176.
  • [48]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 201.
  • [49]
    Ibidem, p. 53.
  • [50]
    F. Fanon, « Racisme et culture », loc. cit., p. 41.
  • [51]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 227.
  • [52]
    Voir Ibidem, p. 211.
  • [53]
    F. Fanon, « Racisme et culture », op. cit., p. 48.
  • [54]
    À propos de l’influence exercée par les Réflexions sur la question juive de J.-P. Sartre sur la réflexion de F. Fanon concernant le racisme, voir B. Cheyette, « Fanon et Sartre : Noirs et Juifs », Les Temps modernes, n° 635-636, 2005-2006, pp. 159-174. Selon B. Cheyette, F. Fanon demeure prisonnier d’un discours contradictoire et essentialiste, incapable de venir à bout de manière satisfaisante de la dialectique de l’oppression, contrairement à J.-P. Sartre. Selon Nigel C. Gibson, en revanche, la dialectique de F. Fanon est supérieure à celle de J.-P. Sartre, puisque, « au lieu de faire des généralités à propos de la condition humaine, les observations de Fanon sont fondées sur la gravité de la spécificité historique du racisme et du colonialisme » (N. C. Gibson, Fanon. The Postcolonial Imagination, Polity, Cambridge, 2003, p. 73).
  • [55]
    F. Fanon commente ainsi sa lecture de l’« Orphée noir » de J.-P. Sartre : « Alors que je lui dis : “Ma Négritude n’est ni une tour ni une cathédrale, elle plonge dans la chair rouge du sol, elle plonge dans la chair ardente du ciel, elle troue l’accablement opaque de sa droite patience…”, alors que moi, au paroxysme du vécu et de la fureur, je proclame cela, il me rappelle que ma Négritude n’est qu’un temps faible. En vérité, en vérité je vous le dis, mes épaules ont glissé de la structure du monde, mes pieds n’ont plus senti la caresse du sol. Sans passé nègre, sans avenir nègre, il m’était impossible d’exister ma négrerie » (F. Fanon, Peau noire, masques blancs, op. cit., pp. 111-112).
  • [56]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 203.
  • [57]
    Ibidem, p. 202.
  • [58]
    Ibidem, p. 210.
  • [59]
    Ibidem, p. 222.
  • [60]
    Ibidem, p. 211.
  • [61]
    Ibidem, p. 215.
  • [62]
    Voir Ibidem, p. 226.
  • [63]
    Ibidem, p. 213.
  • [64]
    F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, op. cit., p. 135.
  • [65]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 233.
  • [66]
    Ibidem, p. 222.
  • [67]
    Ibidem, p. 221.
  • [68]
    Ibidem, p. 232.
  • [69]
    F. Fanon, Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 180.
  • [70]
    « Nous estimons qu’un individu doit tendre à assumer l’universalisme inhérent à la condition humaine » (Ibidem, p. 8).
  • [71]
    Ibidem, p. 186.
  • [72]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 233.
  • [73]
    F. Fanon, Peau noire, masques blancs, op. cit., p. 177.
  • [74]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 39.
  • [75]
    Ibidem, p. 41.
  • [76]
    Ibidem, p. 42.
  • [77]
    Ibidem, p. 90.
  • [78]
    « La violence du peuple algérien n’est pas haine de la paix ni rejet du contact humain, ni conviction que seule la guerre peut mettre fin au régime colonial en Algérie.Le peuple algérien a choisi l’unique solution qui lui était laissée » (F. Fanon, « Pourquoi nous employons la violence », loc. cit., p. 180).
  • [79]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 62.
  • [80]
    Ibidem, p. 63.
  • [81]
    Voir Ibidem, p. 72.
  • [82]
    Pour une analyse de l’influence de F. Fanon sur les « mouvements » des années 1960 et 1970 aux États-Unis, voir A. J. Arnold, « Les lectures de Fanon au prisme américain : des révolutionnaires aux révisionnistes », Les Temps modernes, n° 635-636, 2005-2006, pp. 118-135.
  • [83]
    H. Arendt, Du mensonge à la violence, Pocket, Paris, 2002.
  • [84]
    Ibidem, p. 113.
  • [85]
    Ibidem, p. 114.
  • [86]
    J.-P. Sartre, préface des Damnés de la terre, op. cit., p. 29.
  • [87]
    Ibidem.
  • [88]
    Ibidem, pp. 28-31.
  • [89]
    H. Arendt, Du mensonge à la violence, op. cit., p. 124.
  • [90]
    Ibidem, p. 175.
  • [91]
    R. Zahar, L’Œuvre de Frantz Fanon, op. cit., p. 93.
  • [92]
    F. Fanon, L’An V de la révolution algérienne, op. cit., p. 5.
  • [93]
    Ibidem, p. 7.
  • [94]
    J. Améry, « L’homme enfanté par l’esprit de violence », Les Temps modernes, n° 635-636, 2005-2006, pp. 175-189, p. 185. Il s’agit d’un texte de 1969, jusque-là inédit en français, dans lequel J. Améry commente F. Fanon à travers sa propre expérience du camp nazi, concluant à la nécessité d’une distinction entre deux types de violence, la « violence oppressive » ou « répressive » et la « violence révolutionnaire ». Si la première apparaît comme la négation de l’égalité et donc de l’humanité de l’homme, « la violence révolutionnaire est l’affirmation d’un être humain qui s’accomplit lui-même face à ce qui essaie de lui nier son humanité, ou encore contre la négation de l’être humain. La négativité de la violence révolutionnaire a une charge positive » (Ibidem).
  • [95]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 61.
  • [96]
    F. Fanon, « Pourquoi nous employons la violence », loc. cit., pp. 175-176.
  • [97]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 70.
  • [98]
    Ibidem, p. 59.
  • [99]
    Ibidem, p. 53.
  • [100]
    « Car la dernière ressource du colonisé est de défendre sa personnalité face à son congénère. […] Autodestruction collective très concrète dans les luttes tribales, telle est donc l’une des voies par où se libère la tension musculaire du colonisé» (Ibidem, p. 55).
  • [101]
    Ibidem, p. 71.
  • [102]
    Ibidem, p. 57.
  • [103]
    F. Fanon, « Pourquoi nous employons la violence », loc. cit., pp. 176-177.
  • [104]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 58.
  • [105]
    Ibidem, p. 86.
  • [106]
    Ibidem, p. 85.
  • [107]
    Ibidem, p. 89.
  • [108]
    Ibidem, p. 52.
  • [109]
    Ibidem.
  • [110]
    Ibidem, p. 44.
  • [111]
    Ibidem, p. 235.
  • [112]
    Ibidem, p. 234.
  • [113]
    Ibidem, p. 145.
  • [114]
    Ibidem, p. 146.
  • [115]
    Ibidem, p. 147.
  • [116]
    Ibidem, p. 148.
  • [117]
    Ibidem, p. 149.
  • [118]
    Ibidem, p. 150.
  • [119]
    Ibidem, p. 156.
  • [120]
    Ibidem, p. 167.
  • [121]
    Ibidem, p. 165.
  • [122]
    Ibidem, p. 167.
  • [123]
    Ibidem, p. 168.
  • [124]
    Ibidem, p. 169.
  • [125]
    Ibidem, p. 138.
  • [126]
    Ibidem, p. 193
  • [127]
    Ibidem, p. 134.
  • [128]
    Ibidem, p. 139.
  • [129]
    Ibidem, p. 138.
  • [130]
    E. Said, Culture et Impérialisme, op. cit., p. 374.
  • [131]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 139.
  • [132]
    C’est une position que F. Fanon soutiendra aussi à Accra comme représentant du GPRA : « Nous sommes des Algériens, bannissons de notre terre tout racisme, toute forme d’oppression et travaillons pour l’homme, pour l’épanouissement de l’homme et pour l’enrichissement de l’humanité» (F. Fanon, « Pourquoi nous employons la violence », loc. cit., p. 179).
  • [133]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 235.
  • [134]
    Ibidem.
  • [135]
    F. Fanon, « Vérités premières à propos du problème colonial », loc. cit., pp. 146-147.
  • [136]
    F. Fanon, Les Damnés de la terre, op. cit., p. 96.
  • [137]
    Ibidem, p. 103.
  • [138]
    B. Parry, « Resistance Theory. Theorizing Resistance or Two Cheers for Nativism », in F. Barker, P. Hulme et M. Iversen, Colonial Discourse / Post-colonial Theory, Manchester University Press, Manchester, 1994, p. 180.
  • [139]
    Ibidem, pp. 186-187.
  • [140]
    J. Améry, « L’homme enfanté par l’esprit de la violence », loc. cit., p. 189.
  • [141]
    Voir G. Wilder, Race, raison, impasse. Césaire, Fanon et l’héritage de l’émancipation, op. cit. ; B. Cheyette, « Fanon et Sartre : Noirs et Juifs », loc. cit. ; F. Vergès, « Frantz Fanon, esclavage, race et racisme », loc. cit.
  • [142]
    E. Said, Culture et Impérialisme, op. cit., p. 381.
  • [143]
    « Mais, malgré ses obscurités et difficultés, il y a dans la prose de Fanon assez de suggestions poétiques et visionnaires pour faire sentir que la libération est un processus, non un but automatiquement atteint avec l’indépendance des nouvelles nations » (Ibidem).
  • [144]
    N. C. Gibson, Fanon. The Postcolonial Imagination, op. cit., pp. 204-205.

Frantz Fanon naît le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, en Martinique, dans une famille appartenant à la bourgeoisie noire de l’île. En 1940, la France républicaine capitule face à l’invasion nazie. Une grande partie de la flotte nationale trouve refuge aux Antilles et Fort-de-France, qui n’avait jamais hébergé plus de 2 000 Européens, se trouve du jour au lendemain envahie par 10 000 continentaux « à mentalité raciste certaine mais jusqu’alors latente ». Les Antillais, qui ont vécu dans l’illusion d’être des Européens, des civilisés, à des années lumière du primitivisme des Africains, convaincus de faire partie à plein titre de la « plus grande France », certains que les vrais Français ne sont pas racistes c’est-à-dire qu’ils ne considèrent pas l’Antillais comme un nègre, sont exposés au racisme quotidien des troupes qui ont trouvé refuge dans l’île. Cet événement sera interprété plus tard par F. Fanon comme une « expérience métaphysique » décisive. Les Antillais sont conduits à douter de leurs propres valeurs et, face à l’agression subie, doivent commencer à se défendre. Césaire devient la voix de cette défense et l’accélérateur du renversement axiologique qui lui est nécessaire.
Dans un texte de 1955 intitulé « Antillais et Africains », d’abord publié dans la revue Esprit, F. Fanon décrit l’impact d’Aimé Césaire sur la société antillaise en ces termes :
« Pour la première fois, on verra un professeur de lycée, donc apparemment un homme digne, simplement dire à la société antillaise qu’“il est beau et bon d’être nègre”…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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