Repères pour une poétique de l’exil
Pages 125 à 137
Citer ce chapitre
- HARZOUNE, Mustapha,
- ANTONUTTI, Isabelle,
- Harzoune, Mustapha.
- Harzoune, M.
- I. Antonutti
https://doi.org/10.3917/elec.anto.2017.01.0125
Citer ce chapitre
- Harzoune, M.
- I. Antonutti
- Harzoune, Mustapha.
- HARZOUNE, Mustapha,
- ANTONUTTI, Isabelle,
https://doi.org/10.3917/elec.anto.2017.01.0125
Notes
-
[1]
Victor Hugo, Les Contemplations.
- [2]
-
[3]
Jean Amrouche, Chants berbères de Kabylie, Paris, L’Harmattan, 1986.
-
[4]
Cité par Gérard Faure, « Un écrivain entre deux cultures : biographie de Kateb Yacine », Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, n° 18, 1974, p. 65-92.
-
[5]
Mustapha Harzoune, « Paris, capitale des exils littéraires », Hommes et migrations, n° 1308, 2014, p. 161-167.
-
[6]
Nancy Huston, citée par Mustapha Harzoune, « Paris, capitale des exils littéraires », art. cité.
-
[7]
Toi Derricotte, Noire, la couleur de ma peau blanche. Un voyage intérieur, traduit de l’américain par Philippe Moreau, Paris, Éditions du Félin, 2000.
-
[8]
Amin Maalouf, Les Identités meurtrières, Paris, Grasset, 1999.
-
[9]
Fadéla Hebbadj, L’Arbre d’ébène, Paris, Buchet-Chastel, 2008.
-
[10]
Abdelkader Railane, En pleine face, Plombières-les-Bains, éditions Ex-Aequo, 2011.
-
[11]
Fadéla Hebbadj, op. cit.
-
[12]
Louis Guilloux, dans Albert Camus et Louis Guilloux, Correspondance 1945-1959, édition établie, présentée et annotée par Agnès Spiquel-Courdille, Paris, Gallimard, 2013.
-
[13]
Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, Paris, Gallimard, 2011.
-
[14]
« Afropéens » pour Africains et Européens : le fait d’être né noir en Europe.
-
[15]
Dixit Alexis Jenni, op. cit.
-
[16]
Sophie Schulze, Allée 7, rangée 38, Paris, Léo Scheer, 2011.
-
[17]
Pavel Hak, Trans, Paris, Le Seuil, 2006.
-
[18]
Gaël Faye, Petit pays, Paris, Grasset, 2016.
-
[19]
Delphine Coulin, Samba pour la France, Paris, Le Seuil, 2011.
-
[20]
Samuel Beckett, Mercier et Camier, Paris, Éditions de Minuit, 2006.
-
[21]
Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois, Paris, Actes Sud, 2016.
-
[22]
Samira Sedira, L’Odeur des planches, La brune au Rouergue, 2013.
-
[23]
Celui de La Civilisation ma mère, Paris, Denoël, 1972.
-
[24]
Léonor de Récondo, Rêves oubliés, Paris, Sabine Wespieser éditeur, 2012.
-
[25]
Laura Alcoba, Le Bleu des abeilles, Paris, Gallimard, 2013.
-
[26]
Sylvain Pattieu, Beauté Parade, Paris, Plein Jour, 2015.
-
[27]
Faïza Guène, Un homme, ça ne pleure pas, Paris, Fayard, 2014.
-
[28]
Abdelkader Railane, Chez nous ça s’fait pas !, Paris, Jeanne-d’Arc, 2016.
-
[29]
Fadéla Hebbadj, L’Arbre d’ébène, op. cit.
-
[30]
Kéthévane Davrichewy, La Mer noire, Paris, Sabine Wespieser éditeur, 2010.
-
[31]
Martin Melkonian, Arménienne, Paris, Maurice Nadeau, 2012.
-
[32]
Max Lobe, 39 rue de Berne, Carouge (Suisse), Zoé, 2013.
-
[33]
Chant traditionnel de Kabylie dans Samia Messaoudi et Mustapha Harzoune, Paroles kabyles, Paris, Albin Michel, 2000.
-
[34]
Mohamed Dib cité par Salim Jay, Littératures méditerranéennes et horizons migratoires. Une anthologie, Paris, Séguier, 2011.
-
[35]
Montaigne (Essais, III, 2, « Du repentir ») : « Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Égypte, et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. »
Le thème de l’exil, et ses nombreuses déclinaisons, est devenu central dans la création contemporaine. Peut-il en être autrement dans un monde traversé par des mouvements de populations croissants ? Peut-il en être autrement dans un pays où, depuis des siècles, l’Autre – l’esclave, le colonisé, l’immigré – a débarqué, bon gré mal gré, façonnant, sans volition, le visage collectif d’une nation diverse, hospitalière ; in fine. Une nation ouverte sur le monde, par son histoire et par nécessité. Quoi d’étonnant dès lors à ce que la littérature traduise, par ses thèmes comme par ses auteurs, cette histoire, en explore les possibles et sa part d’inconnu. De quoi s’agit-il ? De déplacement, de deuil et de nostalgie. Mais aussi d’espoirs, de rencontres, d’hospitalité, de bricolages culturels, de nouvelles frontières – physiques et mentales –, d’imaginaires, de corps et d’amour, d’aubes encore incertaines.
Cette fragile poétique de l’exil est née d’une inconcevable promesse, retrouvée cachée dans les valises de modernes migrants ou exilés, dans les cales des navires négriers ou dans les champs de canne à sucre, dans un douar miséreux de la montagne berbère ou dans le quartier indigène d’une ville coloniale. Elle pousse, comme en contrebande, portée par des esprits tourmentés mais debout. Pour ne pas laisser les plus jeunes hagards, comme perdus, il faut du sens et des récits pour expliquer les départs et les rencontres, aussi improbables que réels, des aînés. Pourquoi faudrait-il dès lors cloisonner, séparer les genres et les périodes, mutiler les lectures des filiations et du pourquoi des bifurcations, faire l’économie des convergences et des intersections …
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