Le christianisme et l’aveu du désir
- Par Michel Senellart
Pages 69 à 72
Citer ce chapitre
- SENELLART, Michel,
- LHÉRÉTÉ, Héloïse,
- Senellart, Michel.
- Senellart, M.
- H. Lhérété
https://doi.org/10.3917/sh.lhere.2017.01.0069
Citer ce chapitre
- Senellart, M.
- H. Lhérété
- Senellart, Michel.
- SENELLART, Michel,
- LHÉRÉTÉ, Héloïse,
https://doi.org/10.3917/sh.lhere.2017.01.0069
Notes
-
[1]
M. Foucault, La Volonté de savoir, Gallimard, 1976.
-
[2]
- Ibid.
-
[3]
P. Veyne, « La famille et l’amour sous le Haut-Empire romain », Annales ESC, vol. XXXIII, n° 1, 1978.
-
[4]
M. Foucault, « Sexualité et pouvoir » (1978), in Dits et Écrits, t. III, Gallimard, 1994.
-
[5]
Ibid.
-
[6]
M. Foucault, « Le combat de la chasteté » (1982), extrait du livre inédit Les Aveux de la chair où l’ascèse monastique est décrite en termes de « subjectivation », in Œuvres, Gallimard, Pléiade, t. 2, 2015. Voir aussi P. Chevallier, Foucault et le christianisme, ENS, 2011.
La question du christianisme, à partir du milieu des années 1970, occupe une place centrale dans le travail de Michel Foucault. Liée au projet de son Histoire de la sexualité, dont il modifia la perspective après le premier volume (La Volonté de savoir, 1976), elle fait l’objet d’un approfondissement croissant jusqu’à son dernier cours. Il en résulte une approche plus fine et plus complexe que l’image à laquelle, répétant certaines formules chocs de Foucault, on tend à la réduire. Selon une représentation courante, le christianisme se ramènerait, pour lui, à une religion de l’aveu. À travers la pratique de la confession, imposée aux fidèles depuis le début du IIe millénaire, l’homme, voué à interroger sa chair coupable, serait devenu en Occident « une bête d’aveu ». C’est de cet impératif de verbalisation du sexe que serait issue, par l’entremise des sciences humaines, l’obsession moderne de déchiffrer notre être en termes de sexualité.
Ceci constitue, sans nul doute, un axe constant de l’argumentation de Foucault, mais tend à masquer la richesse de ses analyses, qu’illustre, par exemple, la manière dont il fait jouer, dans la pensée chrétienne, la distinction entre code (le partage du permis et de l’interdit) et techniques (l’action sur l’homme en vue d’un but à atteindre).
C’est dans le cours de 1975, Les Anormaux, que se noue pour la première fois le rapport aveu-sexualité. Partant de l’hypothèse que « la sexualité, en Occident, ce n’est pas […] ce qu’on est obligé de taire, [mais] ce qu’on est obligé d’avouer », Foucault retrace à grands traits « l’histoire de l’aveu de la sexualité » à travers l’évolution du rituel de la pénitence…
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