La rhétorique criminelle de Vladimir Poutine
- Par François Bougon
Pages 197 à 207
Citer ce chapitre
- BOUGON, François,
- BREDOUX, Lénaïg,
- Bougon, François.
- Bougon, F.
- L. Bredoux
https://doi.org/10.3917/ls.bredo.2023.01.0197
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- Bougon, F.
- L. Bredoux
- Bougon, François.
- BOUGON, François,
- BREDOUX, Lénaïg,
https://doi.org/10.3917/ls.bredo.2023.01.0197
Dans le flot de propagande venu du Kremlin, l’obsession de Vladimir Poutine pour les « prétendues libertés de genre » est incessante. L’argument justifie, aux yeux du président russe, sa politique intérieure comme extérieure, jusqu’à l’invasion de l’Ukraine.
Dans la nuit du 23 au 24 février 2022, Poutine apparaît à la télévision russe. Il annonce sa décision d’attaquer le pays voisin – indépendant depuis 1991 et ancien satellite de l’Union soviétique – tout en dénonçant un « Occident collectif » qui tenterait de saper les « valeurs traditionnelles russes ». C’est « nous » contre « eux », assène-t-il. « Jusqu’à récemment, les tentatives de nous utiliser dans leurs intérêts, de détruire nos valeurs traditionnelles et de nous imposer leurs pseudo-valeurs, qui nous rongeraient, nous, notre peuple, de l’intérieur, n’ont pas cessé », explique-t-il. « Ces attitudes, ils les imposent déjà agressivement dans leurs pays et elles mènent directement à la dégradation et à la dégénérescence, car elles sont contraires à la nature humaine elle-même. Cela n’arrivera pas [ici], cela n’a jamais marché pour personne. Cela ne marchera pas non plus maintenant. »Un mois plus tard, Poutine prend le temps, au cours d’une cérémonie de remise de prix artistique en visioconférence, de dénoncer la « cancel culture » (ou « culture de l’annulation ») qui sévirait en Occident, invoquant pour soutenir son propos le sort de J. K. Rowling, l’autrice de Harry Potter, vilipendée sur les réseaux sociaux pour des remarques transphobes…
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