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Chapitre 1. La subversion grecque: «penser par soi-même»

Pages 11 à 34

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  • Delruelle, É.
(2006). Chapitre 1. La subversion grecque: «penser par soi-même» Métamorphoses du sujet : L’éthique philosophique de Socrate à Foucault (2e éd., p. 11-34). De Boeck Supérieur. https://shs.cairn.info/metamorphoses-du-sujet--9782804150587-page-11?lang=fr.

  • Delruelle, Édouard.
« Chapitre 1. La subversion grecque: “penser par soi-même” ». Métamorphoses du sujet L’éthique philosophique de Socrate à Foucault, De Boeck Supérieur, 2006. p.11-34. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/metamorphoses-du-sujet--9782804150587-page-11?lang=fr.

  • DELRUELLE, Édouard,
2006. Chapitre 1. La subversion grecque: «penser par soi-même» In : Métamorphoses du sujet L’éthique philosophique de Socrate à Foucault. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. Le Point philosophique, p.11-34. URL : https://shs.cairn.info/metamorphoses-du-sujet--9782804150587-page-11?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le modèle d’éducation dominant, dans ce type de société, est évidemment le modèle masculin.
  • [2]
    Marcel Detienne, Les Maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Maspero, 1967, p. 145.
  • [3]
    Chez Freud, l’histoire d’Œdipe illustre le moment du développement psychique où l’enfant (le petit garçon en particulier) est animé d’un double désir inconscient, désir d’amour envers la mère et d’agressivité envers le père. La légende d’Œdipe aurait saisi que le désir d’inceste et de meurtre est inscrit au plus profond de la structure inconsciente de l’être humain. Pour Freud, le sujet accède à la maturité psychique justement quand il dépasse ce complexe primitif, en se dégageant de l’emprise affective de la mère et en acceptant la « Loi du père », ce qui l’ouvre à la possibilité d’un nouveau choix d’objet d’amour et de nouvelles identifications (cf. chap sur Freud).
  • [4]
    Je suis ici M. Foucault, La vérité et les formes juridiques, Dits et écrits, texte n° 139.
  • [5]
    J.-P. Vernant et P. Vidal-Naquet, Mythe et tragédie en Grèce ancienne. Tome 1, La Découverte, 2001 (1re éd. 1972), p. 130.
  • [6]
    Plutarque, Traité 42, « Le démon de Socrate », 589E, éd. C.U.F.
  • [7]
    Plus haut, Platon a rappelé qu’Artémis « a prescrit l’art d’être sage-femme à celles qui, par l’effet de l’âge, ne peuvent plus enfanter » (149b).
  • [8]
    Cette phrase est attribuée à Socrate par Aristote, Éthique à Nicomaque, 7,3,1145 b 21-27.
  • [9]
    Il arrive souvent en philosophie que les penseurs les plus critiques soient ainsi mécompris. Ce sera plus tard le cas de Machiavel et de Marx. Eux aussi seront accusés d’être des partisans de la tyrannie et de la violence, alors qu’ils en sont en fait les critiques les plus radicaux, puisque leur propos consiste (comme Thrasymaque) à démystifier tous les alibis, tous les « rideaux de fumée » derrière lesquels les puissances établies se dissimulent.

Dans les sociétés traditionnelles, comme la Grèce archaïque l’est encore pour une large part, qu’est-ce qui constitue un sujet ? Un moment condense tout le processus traditionnel de constitution de la subjectivité : l’initiation. L’initiation, comme on sait, est le moment où le jeune homme (ou la jeune fille), cessant d’appartenir au monde de l’enfance, se voit promu(e) comme membre de la communauté des adultes (ou admis dans une confrérie secrète ; ou encore, au sommet de la hiérarchie sociale, investi de la fonction royale). Pour devenir « un homme », le postulant doit se couper du monde féminin et maternel qui l’a vu naître et grandir, au terme d’un combat qui a lieu dans les profondeurs de son propre désir. L’épreuve initiatique libère l’individu de son attraction pour la dimension maternelle, en l’agrégeant à la chaîne des pères morts : les Ancêtres. Cette épreuve est comme une seconde naissance, non plus physique mais symbolique, au terme de laquelle l’individu accède véritablement au statut de sujet. Parvenir à l’état d’adulte ne consiste donc pas, comme c’est le cas dans le monde d’aujourd’hui, à « prendre son indépendance », à « tuer le père », mais au contraire à se mettre sous la dépendance des fondateurs symboliques du groupe, et à reconnaître ainsi son appartenance essentielle, en tant que sujet, à l’unité de la communauté. Les deux traits caractéristiques du mode de subjectivation traditionnel sont donc l’hétéronomie (la soumission à la loi d’un Autre) et le holism…


Date de mise en ligne : 02/04/2013

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