Un isolat aux portes de Paris. Mariage et société à Nanterre entre 1750 et 1850
- Par Martine Segalen
- et Philippe Richard
Pages 497 à 514
Citer ce chapitre
- SEGALEN, Martine
- et RICHARD, Philippe,
- BARDET, Jean-Pierre,
- LEBRUN, François
- et LE MÉE, René,
- Segalen, Martine.
- et al.
- Segalen, M.
- et Richard, P.
- J. Bardet,
- F. Lebrun
- et R. Le Mée
https://doi.org/10.3917/puf.barde.1993.01.0497
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- Segalen, M.
- et Richard, P.
- J. Bardet,
- F. Lebrun
- et R. Le Mée
- Segalen, Martine.
- et al.
- SEGALEN, Martine
- et RICHARD, Philippe,
- BARDET, Jean-Pierre,
- LEBRUN, François
- et LE MÉE, René,
https://doi.org/10.3917/puf.barde.1993.01.0497
Notes
-
[1]
Voir Martine Segalen (1985) et la description des renchaînements d’alliance en fin de volume par Philippe Richard.
-
[2]
Ces actes ont été saisis sur Mac Intosh, un code manuel a été attribué à chaque individu ; de proche en proche, on a reconstitué les fratries à l’aide de tris patronymiques sur les noms des mères et des pères. Ainsi, les généalogies ont-elles été reconstituées semi-manuellement, avec beaucoup moins de causes d’erreur que lorsque les reconstitutions sont manuelles. Tous les individus sont codés, et leurs parents sont codés. Si ce sont de nouveaux venus à Nanterre, les parents, inconnus par définition, ne sont pas codés ; en revanche si l’on voit une fratrie extérieure qui se marie à Nanterre, on codera les parents.
Techniquement, nous avons vérifié l’adéquation des codes et des individus (que les époux soient bien époux mutuellement ; que les parents et enfants entretiennent bien des liens d’engendrement et de filiation). De plus, ont été contrôlés les codes individus et les dates (au mariage et inter-mariages).
Ensuite ont été construites des dates pour des individus sans date de naissance, à partir de la date de naissance de leurs enfants ou de la date de mariage. Le corpus est divisé en sept générations de 25 ans depuis la première date établie ou connue. La comparaison des renchaînements de même niveau (germain, issu de germain, etc.) et des distances entre générations montre que celles-ci sont une manière approximative de classer la population en tranches temporelles. L’importance relative des mariages avec écart d’âge notable entre les conjoints et la dispersion temporelle des fratries de plus de 6 germains expliquent une partie de ce phénomène. C’est pour cette raison que nous avons choisi de chercher les renchaînements avec un écart élevé entre générations. Ainsi, nous ne perdons aucun renchaînement qui s’établirait entre des individus artificiellement classés dans des générations erronées.Gengration Pariode Hommes Total 1 2 ; 1681-1705 1706-1730 1731-1755 1756-1780 1781 1805 1a06-1830 1831-1843 123 251 429 418 485 976 120 67 258 436 427 484 344 190 190 509 865 845 969 720 310 Total 1681-1843 2 206 -
[3]
La connaissance beaucoup plus approfondie des généalogies bretonnes avait permis de tester les résultats sur les seules généalogies comportant au moins 64 ascendants connus. Ces généalogies étaient nombreuses. Dans le cas de Nanterre, au contraire, le petit nombre de telles généalogies nous a conduits aux diverses mesures réduites présentées ici et dont l’intérêt est de permettre les comparaisons dans une même population, pour des classes d’individus particuliers, ou entre deux populations.
-
[4]
On vérifie bien que la relation entre nombre brut de renchaînements ou coefficient réduit et taille des lignées est aléatoire lorsque :
— a) la taille des lignées est inférieure à 30 descendants ;
— b) le coefficient réduit est inférieur à 50 %.
Lorsque la taille des lignées devient supérieure à 30, et dans le cas de lignées au sein desquelles se réalise un nombre suffisant de renchaînements (coefficient supérieur à 50 %), on peut estimer que le nombre de renchaînements dans une lignée croît comme 1,5 fois la taille de la lignée. Le coefficient réduit, même dans ce cas, est moins bien corrélé avec la taille de la lignée. Dans le cas de lignées inférieures à trente descendants, il est difficile d’établir une relation tant la distribution est dispersée. Ainsi, pour une descendance de 45 personnes, le nombre réduit varie de 3 à 185. Une étude en cours permet de préciser que les distributions présentées ici suivent une loi de Pareto. -
[5]
Dépouillement réalisé par Philippe Pigelet, ITA au Centre d’ethnologie française qui a également recueilli les sources notariales de démissions et donations et de l’enregistrement (déclarations des mutations par décès, AD Enregistrement Nanterre, DQ 14-661 à 676).
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[6]
La fréquence de ces mariages consanguins, par effet mécanique du programme, augmente quelque peu la fréquence des renchaînements d’alliance. On peut montrer que, dans une situation e renchaînement, si l’un des couples est consanguin, alors l’autre l’est aussi.
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[7]
Selon la formule employée par le notaire (si stéréotypée qu’on peut mettre en doute sa valeur) le tirage au sort est effectué avec « petits morceaux de papier blanc d’égale longueur et largeur ployés et roulés de la même façon et ensuite mis dans le chapeau d’un jeune garçon appelé à cet effet, non suspect aux dites parties, lequel après les avoir brouillés et remués par plusieurs et différentes fois en la manière ordinaire »... (AD Nanterre, Démission et partage, 9 avril 1781) qui détermine l’attribution des lots.
Avant d’être la grande banlieue industrielle des années 1930-1970 et cette ville contemporaine aux identités protéiformes, Nanterre a été longtemps une bourgade agricole et viticole aux portes de Paris. Le village se love dans les quelques rues qui entourent l’église, situé au cœur d’un immense terroir qui s’étend jusqu’à la Seine d’une part, et jusqu’au Mont Valérien de l’autre. Ouverte aux influences extérieures, d’abord à celles de la Cour, puis de la capitale, surtout après l’ouverture de la station du chemin de fer en 1837, Nanterre connaît un constant brassage de la population apportée par ce voisinage urbain. Or l’analyse des actes de mariage et la reconstitution des généalogies montrent qu’en dépit du mouvement des hommes nous avons affaire, pour une partie de la population, celle qu’on peut qualifier « de souche », à un groupe extrêmement endogame, aux côtés d’un autre groupe beaucoup plus fluide et dont la taille augmente. On peut donc situer une par-des comportements matrimoniaux dans la problématique ethnologique tracée par Claude Lévi-Strauss et reprise par Françoise Héritier (1981) et s’interroger sur le rôle de la parenté dans le choix du conjoint. Nanterre appartient aux sociétés complexes, selon la définition de Claude Lévi-Strauss, celles dans lesquelles le conjoint n’est pas prescrit ; en pratique dans ces sociétés rurales catholiques, sévèrement contrôlées par l’Eglise, les mariages entre proches parents sont interdits et les dispenses ecclésiastiques offrent un moyen de mesurer le poids de la parenté dans le mariage…
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