Du sort des enfants trouvés à la fin de l’Ancien Régime. L’exemple de quatre villages du Mantois
- Par Marcel Lachiver
Pages 291 à 305
Citer ce chapitre
- LACHIVER, Marcel,
- BARDET, Jean-Pierre,
- LEBRUN, François
- et LE MÉE, René,
- Lachiver, Marcel.
- Lachiver, M.
- J. Bardet,
- F. Lebrun
- et R. Le Mée
https://doi.org/10.3917/puf.barde.1993.01.0291
Citer ce chapitre
- Lachiver, M.
- J. Bardet,
- F. Lebrun
- et R. Le Mée
- Lachiver, Marcel.
- LACHIVER, Marcel,
- BARDET, Jean-Pierre,
- LEBRUN, François
- et LE MÉE, René,
https://doi.org/10.3917/puf.barde.1993.01.0291
Notes
-
[1]
Sur les enfants en nourrice, la bibliographie est énorme. Contentons-nous de rappeler le volume des Annales de démographie historique de 1973 qui a pour sous-titre Enfant et sociétés, et le volume d’hommage à Marcel Reinhard paru la même année Sur la population française au XVIIIe et au XIXe siècles, sans oubliler le tome II de Histoire de la population française sous la direction de Jacques Dupâquier. Enfin un article pionnier de Paul Galliano, Le fonctionnement du Bureau parisien des nourrices à la fin du XVIIIe siècle, Actes du 93e Congrès national des Sociétés savantes, Tours, 1968, Section d’histoire moderne et contemporaine, Paris, 1971, t. 2, p. 67-83.
-
[2]
Bruno Blasselle, Rolleboise aux XVIIIe et XIXe siècles, étude démographique d’un village de vignerons en Ile-de-France, et Dominique Blondel, Méricourt, un village de la vallée de la Seine au XVIIIe siècle, Paris I, 1973, sous la direction de P. Goubert et M. Lachiver.
-
[3]
Véronique Cukier, Un phénomène sociologique : la mise en nourrice à Rolleboise et à Mousseaux de 1780 à 1789, et Estelle Michaud, La mise en nourrice à Moisson et à Méricourt de 1780 à 1789, Paris X, 1986, sous la direction de M. Lachiver.
-
[4]
E. Charlot et J. Dupâquier, Mouvement annuel de la population de la ville de Paris de 1670 à 1821, Annales de démographie historique 1967, p. 511-517.
-
[5]
Dans les deux premiers volumes cités à la note 1.
On a beaucoup écrit sur les enfants des villes placés en nourrice à la campagne. Cette pratique, ancienne en France, semble atteindre sa pleine vitesse de croisière au XVIIIe siècle et tous les anciens registres paroissiaux de nos humbles villages livrent annuellement quelques noms de nourrissons parisiens. Des études précises ont montré que ces enfants, transportés dès leur naissance à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, parfois beaucoup plus loin, avaient une tendance fâcheuse à mourir un peu plus rapidement et en plus grand nombre que leurs frères de lait pourtant précocement sevrés. Quand la mortalité de la première année oscille autour de 25 % chez les bébés de la campagne, elle atteint 30 à 35 % chez les nourrissons des villes qui paient un tribut plus lourd à la mort, sans doute parce que le voyage des premiers jours de la vie ne se passe pas toujours dans de bonnes conditions, sans doute aussi parce que les nourrices mercenaires ne leur témoignent pas beaucoup d’intérêt. Prendre des enfants en nourrice c’est se constituer un revenu supplémentaire, ce n’est pas faire œuvre philanthropique. Mais les âmes sensibles sont comblées, persuadées qu’elles sont des bienfaits de l’air de la campagne pour ces petits Parisiens pâlots. Dès l’Ancien Régime, les Français pensent déjà, comme Alphonse Allais un peu plus tard, que l’idéal est de transporter les villes à la campagne pour le bonheur de tous. Heureux enfants qui avaient le privilège de mourir, gavés de bouillie, près du tas de fumier de la cour commune …
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