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Chapitre VI. Digression sur l’avantage que les bonnes lettres, et principalement les histoires, font aux princes et grands seigneurs

Pages 147 à 149

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  • De Commynes, P.,
  • Édition présentée, établie et annotée par Dufournet, J.
(2025). Chapitre VI. Digression sur l’avantage que les bonnes lettres, et principalement les histoires, font aux princes et grands seigneurs. Mémoires sur Louis XI (p. 147-149). Gallimard. https://shs.cairn.info/memoires-sur-louis-xi--9782070370788-page-147?lang=fr.

  • De Commynes, Philippe.,
  • et al.
« Chapitre VI. Digression sur l’avantage que les bonnes lettres, et principalement les histoires, font aux princes et grands seigneurs ». Mémoires sur Louis XI, Gallimard, 2025. p.147-149. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/memoires-sur-louis-xi--9782070370788-page-147?lang=fr.

  • DE COMMYNES, Philippe,
  • Édition présentée, établie et annotée par DUFOURNET, Jean,
2025. Chapitre VI. Digression sur l’avantage que les bonnes lettres, et principalement les histoires, font aux princes et grands seigneurs. In : Mémoires sur Louis XI. Paris : Gallimard. Folio Classique, p.147-149. URL : https://shs.cairn.info/memoires-sur-louis-xi--9782070370788-page-147?lang=fr.

C’est grand’folie à un prince de soy soumettre à la puissance d’un autre, par espécial quand ils sont en guerre, où ils ont esté en tous endroits, et est grand avantage aux princes d’avoir vu des histoires en leur jeunesse, èsquelles se voyent largement de telles assemblées, et de grandes fraudes, grosses tromperies et parjuremens, qu’aucuns des anciens ont fait les uns vers les autres, et pris et tués ceux qui en telles suretés s’estoient fiés. Il n’est pas dit que tous en ayent usé ; mais l’exemple d’un est assez pour en faire sages plusieurs, et leur donner vouloir de se garder ; et est, ce me semble (à ce que j’ay vu plusieurs fois par expérience de ce monde, où j’ay esté autour des princes l’espace de dix-huit ans ou plus, ayant claire connoissance des plus grandes et secrettes matières qui se soient traitées en ce royaume de France et seigneuries voisines), l’un des grands moyens de rendre un homme sage, d’avoir lu les histoires anciennes, et apprendre à se conduire et garder, et entreprendre sagement par icelles et par les exemples de nos prédécesseurs. Car notre vie est si briève, qu’elle ne suffit à avoir de tant de choses expérience. Joint aussi que nous sommes diminués d’âge, et que la vie des hommes n’est si longue comme elle souloit, ni les corps si puissans. Semblablement que nous sommes affoiblis de toute foy et loyauté les uns envers les autres, et ne sçauroye dire par quel lieu on se puisse assurer les uns des autres, et par espécial des grands princes, qui sont assez enclins à leur volonté sans regarder autre raison, et qui pis vaut, sont le plus souvent environnés de gens qui n’ont l’œil à autre chose qu’à complaire à leurs maistres, et à louer toutes leurs œuvres, soient bonnes ou mauvaises ; et si quelqu’un se trouve qui veuille mieux faire, tout se trouvera brouillé…


Date de mise en ligne : 11/05/2026

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