Chapitre 2. Entre amnésie et reviviscence : regard d’un clinicien sur les rapports entre oubli, souvenir et traumatisme
- Par Thierry Baubet
Pages 41 à 56
Citer ce chapitre
- BAUBET, Thierry,
- Sous la direction de EUSTACHE, Francis,
- AMIEVA, Hélène,
- BAUBET, Thierry,
- GANASCIA, Jean-Gabriel,
- JAFFARD, Robert,
- PESCHANSKI, Denis
- et THOMAS-ANTÉRION, Catherine,
- Baubet, Thierry.
- Baubet, T.
- Sous la direction de F. Eustache,
- H. Amieva,
- T. Baubet,
- J. Ganascia,
- R. Jaffard,
- D. Peschanski
- et C. Thomas-Antérion
https://doi.org/10.3917/dunod.eusta.2023.02.0041
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- Baubet, T.
- Sous la direction de F. Eustache,
- H. Amieva,
- T. Baubet,
- J. Ganascia,
- R. Jaffard,
- D. Peschanski
- et C. Thomas-Antérion
- Baubet, Thierry.
- BAUBET, Thierry,
- Sous la direction de EUSTACHE, Francis,
- AMIEVA, Hélène,
- BAUBET, Thierry,
- GANASCIA, Jean-Gabriel,
- JAFFARD, Robert,
- PESCHANSKI, Denis
- et THOMAS-ANTÉRION, Catherine,
https://doi.org/10.3917/dunod.eusta.2023.02.0041
Notes
-
[1]
L’ensemble des documents produits par la CIASE, dont de nombreuses auditions et le rapport final sont en accès libre sur le site : https://www.ciase.fr/.
La question de la mémoire et de l’oubli des traumatismes a émergé dans le débat public ces dernières années. Les termes de « mémoire traumatique » et « d’amnésie traumatique » ont été popularisés auprès du grand public via des témoignages, la presse, les réseaux sociaux avec des représentations parfois mal étayées sur le plan scientifique et empruntant à des épistémologies différentes : les neurosciences, la psychanalyse, la psychologie de Janet (voir infra), des savoirs profanes… Ces expressions sont d’ailleurs peu utilisées dans la littérature internationale, où l’on parle d’amnésie dissociative plutôt que d’amnésie traumatique, tandis que l’expression mémoire traumatique n’est pas utilisée en dehors du contexte français ; elle est d’ailleurs très floue puisqu’elle recouvre un ensemble de phénomènes très différents. Nous envisagerons donc ici la question des amnésies, ou des périodes d’oubli, survenant après un événement traumatique.
Les troubles post-traumatiques sont habituellement caractérisés par un « trop » de mémoire : certains aspects de la scène traumatique s’imposent au sujet comme des intrusions. Plutôt que de mémoire, il faudrait parler de réactualisation ou de reviviscence d’un événement vécu au présent sans cesse et toujours avec la même détresse. Contrairement aux souvenirs – fussent-ils éprouvants ou douloureux – dont la charge affective s’estompe avec le temps, les perceptions traumatiques gardent toute leur force. C’est un symptôme cardinal du trouble de stress post-traumatique (TSPT) sans lequel on ne peut pas poser le diagnostic…
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