OS immigrés de Citroën et Talbot : l’insubordination en partage (1982-1984)
[Plein droit n° 106, 2015]
- Par Vincent Gay
Pages 37 à 42
Citer ce chapitre
- GAY, Vincent,
- GISTI, ,
- Gay, Vincent.
- Gay, V.
- . GISTI
https://doi.org/10.3917/gisti.abda.2022.01.0037
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- Gay, V.
- . GISTI
- Gay, Vincent.
- GAY, Vincent,
- GISTI, ,
https://doi.org/10.3917/gisti.abda.2022.01.0037
Notes
-
[1]
Laure Pitti, « Les luttes des OS immigrés dans l’automobile (1970-1975) », Plein droit n° 63, mars 2003.
-
[2]
Jean-Louis Loubet, Nicolas Hatzfeld, « Poissy : de la CGT à la CFT, histoire d’une usine atypique », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 73, 2002, p. 67-81.
-
[3]
Laure Pitti, « Une matrice algérienne ? Trajectoires et recompositions militantes en terrain ouvrier, de la cause de l’indépendance aux grèves d’OS des années 1968-1975 », Politix 2006/4, (n° 76), p. 143-166.
-
[4]
En 1983, à Talbot-Poissy, les Marocains sont majoritaires parmi les immigrés (4 402, soit 58 % de la population étrangère), suivis des Algériens (792, soit 10 %), des Turcs (5 %), des Sénégalais (4,5 %), des Espagnols (4 %), des Portugais (4 %) et des Africains subsahariens autres que Sénégalais.
-
[5]
Vincent Gay, « Grèves saintes ou grèves ouvrières ? Le “problème musulman” dans les conflits de l’automobile, 1982-1983 », Genèses n° 98, 2015/1.
-
[6]
Daniel Richter, « Talbot-Poissy, du “printemps syndical” à l’affrontement racial (1982-1984) », Plein droit n° 76, mars 2008.
-
[7]
Vincent Gay, « Lutter pour partir ou pour rester ? », Travail et Emploi, n° 137, janvier-mars 2014.
Au début de la décennie 1970, un nouvel acteur collectif des luttes sociales apparait au grand jour, les ouvriers spécialisés (OS) de la métallurgie : OS français comme dans l’usine Renault du Mans, mais également OS immigrés qui participent à de nombreuses grèves, en particulier dans les usines Renault de la région parisienne, où Billancourt et Flins apparaissent comme des Babel ouvrières avec une forte concentration d’ouvriers issus des anciennes colonies françaises. La double condition d’OS et d’immigré fait de ces travailleurs un prolétariat particulièrement exploité, soumis aux tracasseries administratives, aux mauvaises conditions de travail et de logement, et au racisme.
Une décennie plus tard, qu’en est-il de la condition des OS immigrés de l’automobile et de leur participation aux conflits sociaux ? Si dans certaines entreprises, quelques évolutions de carrière et de salaire ont pu avoir lieu, dans d’autres, qui n’ont pas connu les mêmes conflits que Renault, la situation des OS immigrés n’a enregistré aucune amélioration notable. C’est le cas dans les usines Citroën et Talbot. Celles-ci ont comme point commun d’employer une part très importante de travailleurs immigrés, en majorité marocains (58 % de l’effectif étranger à Talbot-Poissy en 1983 par exemple) ; et un système d’encadrement des salariés, coercitif et paternaliste, qui empêche ou limite au maximum la présence et l’activité des syndicats CGT et CFDT. L’outil de ce système d’encadrement, outre le personnel de maitrise (contremaitres, régleurs, etc…
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