« Les acteurs du conflit poursuivent des buts rationnels. »
- Par Myriam Benraad
Pages 75 à 83
Citer ce chapitre
- BENRAAD, Myriam,
- Benraad, Myriam.
- Benraad, M.
Citer ce chapitre
- Benraad, M.
- Benraad, Myriam.
- BENRAAD, Myriam,
Caligula (12-41), troisième empereur romain et successeur de Tibère, était-il fou ? Despotique, débauché, meurtrier, il s’agit de la lugubre réputation qu’il s’est bâtie au fil des siècles, surpassant en cruauté son neveu Néron. Si l’on s’en tient aux textes historiographiques disponibles, son règne fut à maints égards irrationnel. Caligula aurait en effet provoqué une succession de conflits chaotiques en exigeant l’adoration de tous, ordonnant l’exécution arbitraire de ses proches, et allant jusqu’à déclarer la guerre à la mer… Cette irrationnalité présumée continue-t-elle d’inspirer certains dirigeants du monde présent ? Pour les uns, le chef romain était dément ; pour les autres, au contraire, il était un éminent stratège dont on ne saurait nier les succès. On ne peut s’empêcher de penser à la théorie du fou qui marqua, à l’ère contemporaine, la politique étrangère de Richard Nixon et consistait à faire croire aux dirigeants du bloc communiste qu’outre la possession d’une capacité unique de destruction, le président américain était imprévisible. Contre une approche irrationnelle des conflits, beaucoup arguent que les guerres ne sont jamais la conséquence de mythes collectifs ou de symboles politiques surchargés d’émotions, mais bien des choix raisonnés. Les acteurs du conflit, des États aux groupes rebelles, ne peuvent être réduits à de simples criminels ou fous ; ils sont avant tout calculateurs (Del Fa et Lamoureux, 2022) et poursuivent des objectifs précis – politiques, économiques, idéologiques, territoriaux – perçus comme rationnels ; ils préméditent et planifient leurs actes en vue d’atteindre les résultats désirés…
Date de mise en ligne : 24/02/2025
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
13,99 €
Acheter ce chapitre
3,00 €