32. La nouvelle macroéconomie classique
Pages 127 à 130
Citer ce chapitre
- DELEPLACE, Ghislain
- et LAVIALLE, Christophe,
- Deleplace, Ghislain.
- et al.
- Deleplace, G.
- et Lavialle, C.
Citer ce chapitre
- Deleplace, G.
- et Lavialle, C.
- Deleplace, Ghislain.
- et al.
- DELEPLACE, Ghislain
- et LAVIALLE, Christophe,
L’analyse menée par Friedman et les monétaristes, dans leur critique de la courbe de Phillips et des politiques d’arbitrage entre inflation et chômage qu’elle inspirait, supposait que les agents étaient dotés d’anticipations « adaptatives », c’est-à-dire ne se corrigeant qu’avec un délai fonction de l’écart entre les valeurs anticipées et les valeurs réalisées des variables. C’est cette hypothèse qui justifiait que les agents puissent être trompés par les chocs inflationnistes (fiche 31).
Cette idée selon laquelle des agents, que la théorie économique suppose rationnels, puissent être trompés par les autorités de manière durable, en tous les cas de manière systématique, a été critiquée dans les années 1970 par des auteurs – parmi lesquels Robert Lucas (né en 1937, prix Nobel 1995), Thomas Sargent (né en 1943, prix Nobel 2011) et Neil Wallace (né en 1939) – rapidement qualifiés de « nouveaux classiques ».
Ces auteurs proposent par conséquent d’étendre le principe de rationalité à la formation des anticipations, et intègrent à leurs modèles le concept d’anticipations « rationnelles » mis en avant quelques années plus tôt par John Muth (1930-2005) dans son article séminal « Rational Expectations and the Theory of Price Movements » (1961). Cette hypothèse consiste à affirmer que les agents, s’ils sont rationnels, le sont aussi pour former leurs anticipations. En l’occurrence, ils ne peuvent se contenter d’un processus d’anticipation qui les conduit à être systématiquement trompés et donc dans une position systématiquement sous-optimale…
Date de mise en ligne : 29/07/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,99 €