Silmiya ou l’insoutenable puissance de la résistance pacifique
Pages 83 à 87
Citer ce chapitre
- EL KADI, Tin Hinan,
- KHAN, Amin,
- El Kadi, Tin Hinan.
- El Kadi, T.-H.
- A. Khan
https://doi.org/10.3917/chihab.khan.2019.01.0083
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- El Kadi, T.-H.
- A. Khan
- El Kadi, Tin Hinan.
- EL KADI, Tin Hinan,
- KHAN, Amin,
https://doi.org/10.3917/chihab.khan.2019.01.0083
J’étais un peu sceptique, jusqu’à récemment, sur la capacité des manifestations pacifiques à changer le cours des choses. L’idée que des citoyens puissent brandir des pancartes et marcher pour transformer une réalité politique, sociale, culturelle ou économique, ne me convainquait pas vraiment. Pour moi, petite-fille de Moudjahidine et admiratrice de la révolution algérienne contre le colonialisme, afin de changer effectivement le rapport de forces entre oppresseurs et opprimés, il fallait exercer une forme de violence sur les détenteurs du pouvoir. Comme on nous le disait à l’école, « ma oukhida bil kouwa, la youstarja’a illa bil kouwa » (« ce qui a été pris par la force, ne peut être repris que par la force »). Mais la révolution en marche en Algérie depuis le 22 février 2019 a fini par briser mon scepticisme quant à la force de la mobilisation pacifique.
Avec sa dignité légendaire, son humour trépidant et son abondante créativité, le peuple algérien fait trembler un régime arc-bouté sur pouvoir depuis 1962. Des millions d’Algériens, jeunes, moins jeunes, femmes, hommes, de différentes classes sociales, scandent depuis plusieurs semaines des slogans hostiles au pouvoir et demandent son départ. Parmi ces slogans, « Silmya » (« Pacifique »), résonne fort comme l’énonciation d’une nouvelle règle du jeu. Comme une rédemption face à nos violences passées. Un exorcisme des atrocités d’avant. « Silmya » résonne aussi comme un serment pour l’Algérie de demain. L’Algérie du rêv…
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