Chapitre d’ouvrage

Quartiers, banlieues, cités

Pages 913 à 926

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  • Merklen, D.
(2019). Quartiers, banlieues, cités. Dans
  • . Fondation Copernic
Manuel indocile de sciences sociales : Pour des savoirs résistants (p. 913-926). La Découverte. https://doi.org/10.3917/dec.coper.2019.01.0913.

  • Merklen, Denis.
« Quartiers, banlieues, cités ». Manuel indocile de sciences sociales Pour des savoirs résistants, La Découverte, 2019. p.913-926. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/manuel-indocile-de-sciences-sociales--9782348045691-page-913?lang=fr.

  • MERKLEN, Denis,
2019. Quartiers, banlieues, cités. In :
  • FONDATION COPERNIC, ,
Manuel indocile de sciences sociales Pour des savoirs résistants. Paris : La Découverte. Hors collection Sciences Humaines, p.913-926. DOI : 10.3917/dec.coper.2019.01.0913. URL : https://shs.cairn.info/manuel-indocile-de-sciences-sociales--9782348045691-page-913?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dec.coper.2019.01.0913


Notes

  • [1]
    L’été 1983 a lieu en France une série de crimes racistes, dont l’assassinat de l’enfant de neuf ans Toufik Ouanes par un voisin de la cité des 4 000, à La Courneuve, machiniste de la RATP.
  • [2]
    Toumi Djaïdja, président de l’association SOS Minguettes, est grièvement blessé par balle par la police lors de la répression d’une manifestation contre la démolition du quartier, l’été 1983. Sur ces incidents qui donnent lieu à la « Marche des Beurs », voir le site du GISTI, l’une des associations à l’origine de la marche de 1983.
  • [3]
    L’ouvrage de François Dubet, La Galère : jeunes en survie (Paris, Fayard, 1987), deviendra la grande référence bibliographique en la matière et inaugurera une très longue série de travaux en sociologie, mais aussi en anthropologie et en sciences politique sur les « quartiers ».
  • [4]
    Il faut sans cesse rappeler qu’il n’y a qu’une poignée d’États dans le monde disposant d’un parc d’habitat social comme celui qui existe en France. La plupart de ceux-ci se situent en Europe occidentale et du Nord. En Europe du Sud ou en Amérique latine, par exemple, on appelle « logement social » l’accès subventionné à la propriété privée. Mais il n’existe pas ou alors de manière marginale un système de propriété sociale ou de service public visant à garantir le logement et l’accès à la ville.
  • [5]
    La portion la plus précaire de la classe ouvrière qui a tardé ou n’a pas trouvé de place dans le système a subi des formes de pauvreté et de précarité qu’on oublie souvent. Voir à ce propos l’extraordinaire ouvrage de : Jean-François Laé et Numa Murard, Deux Générations dans la débine. Ethnographie d’une ville ouvrière, Bayard, Paris, 2012. L’apparition de nombreux campements et bidonvilles depuis une dizaine d’années déjà, principalement en région parisienne, nous rappelle aussi la dimension protectrice du logement social.
  • [6]
    Bien qu’il soit souvent pourvu par des entreprises privées, l’accès à ces services ne prend pas la forme marchande du point de vue du consommateur.
  • [7]
    Jacques Donzelot, Vers une citoyenneté urbaine ? La ville et l’égalité des chances, Éditions de la rue d’Ulm, Paris, 2009.
  • [8]
    Olivier Masclet, La Gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, La Dispute, Paris, 2003.

Tel que nous les connaissons aujourd’hui, les quartiers trouvent leur date de naissance un peu avant la célèbre Marche pour l’égalité et contre le racisme, organisée en 1983, et baptisée par la presse « Marche des Beurs ». Cette marche a porté comme revendication un titre de séjour de dix ans et le droit de vote pour les étrangers. Mais elle est née en réponse à une série de crimes racistes et de bavures policières, contre lesquels les jeunes habitants de ces quartiers se révoltent et s’affrontent durement avec la police, comme dans le quartier des Minguettes en banlieue de Lyon, pendant les étés de 1981, 1982 et 1983, et bien avant encore, dès le début des années 1970. Cet été 1983, les affrontements avec la police ont été précédés d’une grève de la faim de douze jeunes qui dénonçaient les violences policières, le racisme, le chômage.
L’acte de naissance des « quartiers » contient déjà, malgré la complexité qui les caractérise, trois éléments qui y deviendront centraux : une nouvelle forme d’action collective, des nouvelles dénonciations et revendications, un conflit central avec l’État et notamment avec la police. De nombreux observateurs ont attiré l’attention sur le poids d’une « question ethnique » que la mobilisation des « quartiers » aurait enfin fait émerger, après avoir été longtemps cachée à l’intérieur même de la classe ouvrière. D’autres ont, au contraire, souligné les effets pervers de la mise en avant des discriminations et des inégalités concernant les minorités issues de l’immigration…


Date de mise en ligne : 07/11/2019

https://doi.org/10.3917/dec.coper.2019.01.0913

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