Chapitre II. L'arrivée progressive de la maladie
- Par Régine Bercot
Pages 34 à 48
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- BERCOT, Régine,
- Bercot, Régine.
- Bercot, R.
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L’annonce de la maladie d’Alzheimer n’intervient pas toujours brutalement. Le récit qui va suivre reflète une situation moins tranchée que celle évoquée au chapitre précédent. En effet, la maladie d’Alzheimer est difficile à dater car elle se fait par glissements. Le malade très gravement dépressif glissera progressivement dans cette autre maladie. Le vécu du conjoint est de ce fait sensiblement différent. En effet, tant que les médecins évoquent une maladie d’ordre psychique, l’interprétation concernant la responsabilité et le rôle du conjoint revient de manière récurrente. On pourrait dire que ce cas n’est pas un « pur » cas Alzheimer, car un autre contexte de maladie se greffe autour. Cependant, ce cas de figure un peu différent est tout à fait intéressant car il permet d’évoquer, bien que sur un registre un peu décalé, la question de la souffrance du conjoint, la manière dont il est interpellé par la maladie, la remise en cause sociale dont il est l’objet.
Pour Marc, donc, l’arrivée de la maladie, ou plutôt la compréhension de ce qu’était cette maladie, n’a pas été immédiate et brutale. Bien au contraire, l’arrivée de la maladie d’Alzheimer a été insidieuse. En effet, l’entrée dans cette maladie ne sera jamais très nettement datée. Les médecins la nomment ainsi lorsque Sarah atteindra l’âge de 60 ans. Auparavant, Sarah a connu un état dépressif de près de trente-cinq ans, de plus en plus grave, intermittent au début puis, progressivement, permanent. C’est dans ce contexte qu…
Date de mise en ligne : 01/04/2012
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