Chapitre d’ouvrage

II - L’Université

Pages 274 à 282

Citer ce chapitre


  • Lindenberg, D.
  • et Meyer, P.-A.
(1977). II - L’Université. Lucien Herr : le socialisme et son destin (p. 274-282). Calmann-Lévy. https://shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-274?lang=fr.

  • Lindenberg, Daniel.
  • et al.
« II - L’Université ». Lucien Herr : le socialisme et son destin, Calmann-Lévy, 1977. p.274-282. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-274?lang=fr.

  • LINDENBERG, Daniel
  • et MEYER, Pierre-André,
1977. II - L’Université. In : Lucien Herr : le socialisme et son destin. Paris : Calmann-Lévy. L'Ordre des choses, p.274-282. URL : https://shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-274?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur la précarité de la démocratie et des droits de l’homme sous la troisième République voir le remarquable ouvrage récemment paru à la Fondation nationale des Sciences politiques, La République contre les libertés ; également le plus ancien La République à refaire d’A. FERRAT (Gallimard, 1944).
  • [2]
    Voir Terry N. CLARK, op. cit., R. LOURAU, Le gai savoir des sociologues, U.G.E./10/18, 1977., et B. LÉCUYER, « Enquêtes ouvrières », in International Encyclopedia of Social Sciences, 1967.
  • [3]
    Cf. A. KREMER-MARIETTI, Auguste Comte et la théorie sociale du positivisme, 1970.
  • [4]
    Après la révolution de février 1848, une commission de la Société positiviste, composée d’Émile Littré, de Fabien Magnin et de Pierre Laffitte remet un rapport à la Société traitant de la « nature et du plan du nouveau Gouvernement révolutionnaire de la République française ». Le rapport, préfacé par Comte, a paru dans La Revue occidentale en 1889.
  • [5]
    D’après A. KREMER-MARIETTI, op. cit., p. 82.
  • [6]
    Sur les événements, finalement très mal connus quoi qu’on en dise de 70-71, voir le suggestif petit livre de Jeanne Gaillard : Commune de Paris et communes de province, Paris, 1971. 1. Souvenirs, Hachette, 1913.
  • [7]
    Citons : Les philosophes salariés de Ferrari, L’Avenir de la science de Renan, manifeste vibrant que l’auteur garda finalement dans ses cartons pendant plus de quarante ans.
  • [8]
    Dans les années 30, il y aura une revue portant le nom d’Actualités scientifiques et industrielles, où écriront technocrates modernistes et philosophes néopositivistes. Réminiscence saint-simonienne.
  • [9]
    C’est-à-dire la « taupe », l’année de préparation pour Polytechnique ou Centrale.
  • [10]
    Il faut préciser ici que les premiers étudiants de lettres et de science, au sens actuel, n’apparaîtront qu’en 77, avec l’institution des bourses de licence, et ne seront vraiment nombreux qu’après 85.
  • [11]
    Comparer cette direction de l’enseignement supérieur que Liard désire sans vouloir la demander et la... bibliothèque de l’E.N.S. que Herr, quatre ans plus tard obtiendra de Liard en le séquestrant quasiment dans son bureau (Andler, p. 49) après n’avoir osé qu’à grand’peine adresser la demande à Perrot directeur de l’École. Nominations...
  • [12]
    Je tiens à remercier ici B. Queysanne, qui a attiré autrefois mon attention sur L. Liard et m’a communiqué aimablement ses textes devenus introuvables.

Pourquoi l’Université savante grande pensée des libéraux français est-elle restée une utopie ? Parce que l’État républicain n’a pas osé, pour des raisons liées à sa nature foncièrement bâtarde, mi-démocratie parlementaire, mi-dictature administrative, détruire l’Université comme corporation. Il faut savoir en effet que Bonaparte et ses légistes, tournant le dos à toute l’œuvre révolutionnaire (l’institution de l’Université impériale (1806) suit la rupture avec les idéologues) ont restauré la corporation universitaire, en lui donnant comme finalité la finalité de toute corporation, c’est-à-dire le monopole de sa propre reproduction (la « collation des grades »), à l’exclusion de tout souci d’expansion scientifique. Le pivot de l’Université restaurée sera le professeur propriétaire de sa chaire, mandarin inamovible et souvent de fait héréditaire, comme on peut encore aujourd’hui le constater en égrenant les dynasties toutes-puissantes de professeurs de droit ou de médecine (Liard le fait remarquer : pour Napoléon seules comptent les facultés juridiques et médicales qui ont vocation à recevoir des étudiants, ce qui n’est nullement le cas de leurs homologues des lettres et des sciences, simples machines à décerner le baccalauréat). Bref, l’Université est pour reprendre la terminologie de l’État Français, un « ordre » des enseignants, rien de plus. Elle n’a même pas vocation à éduquer des intellectuels d’État, car produire de tels intellectuels est une prérogative des grandes Écoles (Polytechnique, puis l’École normal…


Date de mise en ligne : 31/03/2020

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