Chapitre d’ouvrage

III - Herr et l’affaire Dreyfus

Pages 141 à 169

Citer ce chapitre


  • Lindenberg, D.
  • et Meyer, P.-A.
(1977). III - Herr et l’affaire Dreyfus. Lucien Herr : le socialisme et son destin (p. 141-169). Calmann-Lévy. https://shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-141?lang=fr.

  • Lindenberg, Daniel.
  • et al.
« III - Herr et l’affaire Dreyfus ». Lucien Herr : le socialisme et son destin, Calmann-Lévy, 1977. p.141-169. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-141?lang=fr.

  • LINDENBERG, Daniel
  • et MEYER, Pierre-André,
1977. III - Herr et l’affaire Dreyfus. In : Lucien Herr : le socialisme et son destin. Paris : Calmann-Lévy. L'Ordre des choses, p.141-169. URL : https://shs.cairn.info/lucien-herr-le-socialisme-et-son-destin--9782702102343-page-141?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le Parti ouvrier, 1894.
  • [2]
    ANDLER, p. 114.
  • [3]
    Id.
  • [4]
    Cf. W. MARRUS, Les Juifs de France à l’époque de l’affaire Dreyfus, Calmann-Lévy.
  • [5]
    Conservée dans les papiers de J. Reinach à la B.N. et reproduite dans Dreyfusards, souvenirs de Mathieu Dreyfus et autres inédits publiés par Robert Gauthier (archives Julliard) : « Pendant ce temps des amitiés spontanées étaient venues, je ne parle pas seulement des rares hommes de lettres qui m’avaient assuré de leur sympathie (Valdagne, Brulat, Georges de Peyrebrune, Quillard), mais des amitiés actives comme celles de Herr, de Salomon Reinach, de Gabriel Monod que Salomon amena chez moi. C’est Monod qui le premier fit sur le fac-similé du bordereau une expertise... »
  • [6]
    ANDLER, p. 116.
  • [7]
    Publiées dans les œuvres de L. BLUM, t. I, éd. Alb. Michel.
  • [8]
    Blum, tout en exerçant les fonctions d’auditeur au Conseil d’État, est alors critique littéraire à La Revue blanche, depuis 1896.
  • [9]
    L. BLUM, Souvenirs sur l’Affaire, p. 520, que corroborent les souvenirs de Jules ISAAC (Expériences de ma vie, pp. 123-124) qui écrit : « Il faut le dire, je n’ai pas été un convaincu, un combattant de toute première heure. Pour diverses raisons, deux principales : fils d’officier, plein de respect pour la mémoire de mon père, il me semblait impossible d’admettre qu’à l’unanimité six officiers eussent pu, sans preuves accablantes, vouer un des leurs au déshonneur d’une telle condamnation, la plus infamante qui fût. L’autre raison ? J’étais Juif et, par réaction d’honnêteté, en garde contre moi-même, contre tout réflexe de solidarité juive, résolu à ne me prononcer qu’à bon escient, en toute connaissance de cause. »
  • [10]
    Rappelons que Herr s’intéresse de très près à la Revue blanche dont Blum est le critique littéraire de 1896 à 1900.
  • [11]
    BLUM, Souvenirs sur l’Affaire, pp. 521-522. Ainsi que l’a montré Georges LEFRANC (L’Information historique, 1960, n° 4), il existe un autre témoignage, contemporain de l’Affaire, de l’admiration de Blum pour son mentor Lucien Herr, ce sont les Nouvelles Conversations de Goethe avec Eckerman.
  • [12]
    BLUM, op. cit., p. 519.
  • [13]
    BLUM, op. cit., pp. 524-527.
  • [14]
    ANDLER, p. 117.
  • [15]
    Le 18 novembre 1897 après cette conversation avec Herr, Élie Halévy écrit à C. Bouglé : « Tu vois que je vais encore plus loin que toi. J’admets encore possible que Dreyfus soit complice. Je crois probable qu’il est innocent. » (In Bo BRAMSEN, op. cit., pp. 73-75.)
  • [16]
    Stapfer : doyen de la faculté des lettres de Bordeaux, qui fut blâmé par le ministre de l’Instruction publique Léon Bourgeois « pour quelques mots trop ardents sur la tombe d’un dreyfusard » (THARAUD, Notre cher Péguy, p. 167).
  • [17]
    ANDLER, p. 117.
  • [18]
    C’est Herr, encore, qui persuade Dupuy, le surveillant général de l’École, que Dreyfus est innocent : « Son bureau, écrit Dupuy, fut le rendez-vous de tous ceux qui voulurent voir clair. Je me rappelle mes doutes, mes hésitations, mes résistances, comment Herr en vint à bout, non par des arguments moraux, mais par des évidences matérielles, qui ne laissaient place à aucun doute et donnaient aux arguments moraux une force invisible. Quel autre chef pouvions-nous avoir que Herr ? » (P. DUPUY, L. Herr 1864-1926, Sté générale d’imprimerie et d’édition, Paris, 1927).
  • [19]
    Cf. art. Mme Reberioux : « Histoire, historien et dreyfusisme », La Revue historique, avril-juin 1976.
  • [20]
    Sur l’École normale dans l’affaire Dreyfus, et l’attitude du corps enseignant, le point a été fait par R.J. SMITH, op. cit.
  • [21]
    Lettres conservées par Mme Lucien Herr, reproduites par SMITH.
  • [22]
    3e Cahier de la IIe série, t. I, p. 1261, La Pléiade.
  • [23]
    ANDLER, p. 119.
  • [24]
    BOURGIN, De Jaurès à Léon Blum, p. 350.
  • [25]
    Ibid.
  • [26]
    Durkheim animera à Bordeaux la Ligue des droits de l’homme : T.N. Clarck montre bien l’émergence simultanée de « l’idéologie dreyfusarde » et de la sociologie (Prophets et patrons, p. 174).
  • [27]
    Dans une conférence sur l’éthique du socialisme parue dans la Revue de métaphysique et de morale de mai 1899, G. SOREL dit des allemanistes : « Les camarades d’Allemane ont, presque tous, marché, avec une ardeur admirable, pour la défense de la Vérité, de la Justice et de la Morale : c’est la preuve que dans les groupes prolétariens l’idée éthique n’a pas perdu son importance. »
  • [28]
    GOLDBERG, p. 255.
  • [29]
    ID.
  • [30]
    Il convient donc de nuancer fortement l’affirmation de BLUM sur l’ancienneté du dreyfusisme de Jaurès : « Il était dreyfusard du plus ancien contingent » (in Souvenirs sur l’Affaire, p. 538).
  • [31]
    ANDLER, p. 120.
  • [32]
    Souvenirs sur l’Affaire, p. 555.
  • [33]
    ANDLER, pp. 120-121.
  • [34]
    ANDLER, pp. 120-121.
  • [35]
    ANDLER, p. 121.
  • [36]
    ANDLER, p. 127.
  • [37]
    Pour ce qui suit, voir A.B. JACKSON, La Revue blanche, et BLUM, Souvenirs sur l’Affaire.
  • [38]
    R.B., 7 février 1898.
  • [39]
    Op. cit., p. 104.
  • [40]
    BLUM, op. cit., p. 543.
  • [41]
    BLUM, op. cit., p. 543.
  • [42]
    Réactions de Barrès lorsqu’il lut la réponse de Herr : « Je ne savais pas qu’il fût juif ! » (ANDLER, p. 126).
  • [43]
    Dont B. Lazare – comme Herr – a suivi les cours ; nul mieux que Péguy dans Notre jeunesse n’a mieux analysé le « double visage » de B. Lazare, à la fois le « prophète juif, un cœur qui saignait dans tous les ghettos du monde... toute une race, tout un monde sur les épaules » et l’athée « positiviste, scientifiste, intellectuel, moderne » formé à l’École pratique des hautes études.
  • [44]
    Voir ici même l’étude de ce projet de journal de D. Lindenberg.
  • [45]
    J. ISAAC, Aventures de ma vie, PÉGUY, a remis à leur place de façon définitive les ouvrages des Tharaud et de Daniel Halévy présentant comme un « péché de jeunesse » l’engagement dreyfusard et socialiste de PÉGUY... (Cf. pp. 337-344 sa critique du livre des THARAUD, Notre cher Péguy).
  • [46]
    J. ISAAC, op. cit., p. 132.
  • [47]
    THARAUD, Notre cher Péguy, p. 100.
  • [48]
    Cf. Les deux articles consacrés par Madeleine REBERIOUX au « Mouvement socialiste », dans le Mouvement social (janvier-mars 1964, octobre-décembre 1968).
  • [49]
    BLUM, op. cit., p. 548.
  • [50]
    Le Monument Henry. Un monument de haine et de sang. Ex. de souscription cité par J. ISAAC (p. 314) : « Un groupe d’officiers d’une place frontière qui attendait impatiemment l’ordre d’essayer les nouveaux canons et les nouveaux explosifs sur les 100000 juifs qui empoisonnent le pays » ; l’abbé Cros « qui réclame » une descente de lit en peau de youpin, afin de la piétiner matin et soir. » (Dans ce genre, La Croix le disputait à la Libre Parole comme le montre P. SORLIN, La Croix et les Juifs.)
  • [51]
    BLUM, op. cit., p. 573.
  • [52]
    La Lanterne, 9 juillet 1898 (cité par BLUM, p. 556). Millerand n’est pas isolé : tous les députés socialistes applaudissent le discours de Cavaignac ! Jaurès, battu aux élections de mai 98, ne siège plus alors à la Chambre.
  • [53]
    ANDLER, p. 128.
  • [54]
    J. ISAAC, p. 141.
  • [55]
    Herr devra quitter La Volonté au bout de trois mois, démontrant qu’un socialiste ne peut collaborer que jusqu’à un certain point à un organe bourgeois (ce qui se vérifiera un peu plus tard dans l’affaire de La Revue de Paris).
  • [56]
    PÉGUY, lettre à F.B., p. 49.
  • [57]
    La Volonté, 27 octobre 1898.
  • [58]
    S. FRAISSE « Lucien Herr, journaliste », Le Mouvement social, juillet-septembre 1975.
  • [59]
    ANDLER, p. 134.
  • [60]
    Projet étudié ici même par D. Lindenberg.
  • [61]
    J. ISAAC, op. cit., p. 148.
  • [62]
    Cf. ISAAC, p. 149.
  • [63]
    Ibid.
  • [64]
    ISAAC, p. 150.
  • [65]
    ANDLER, p. 150.
  • [66]
    Herr avait à ses côtés, précise Andler, Simiand et Bahon (normalien, socialiste de la promotion 1893), et selon W. Logue, L. Blum.
  • [67]
    J. ISAAC, pp. 151-154.
  • [68]
    Herr écrivait notamment ces mots que Vaillant lut à la Chambre : « Je n’ai jamais vu une intervention policière aussi absurdement incohérente, aussi brutale, aussi stupidement conduite. »
  • [69]
    ANDLER, p. 149.
  • [70]
    Ainsi que le montre Madeleine REBERIOUX, H.G. du socialisme, pp. 184-185.
  • [71]
    GOLDBERG, p. 293.

L’affaire Dreyfus : le point culminant de la vie de Lucien Herr. Elle voit converger ses multiples activités, jusque-là séparées, cloisonnées. Le bibliothécaire, l’universitaire, le militant, le journaliste ne font plus qu’un. Dreyfusard : ce vocable recouvre tous les autres. Herr l’est, comme homme de science et comme militant socialiste. Et avec lui, toute cette intelligentsia normalienne et sorbonnarde qu’il entraîne. On ne racontera pas l’affaire Dreyfus. On ne redira pas ce qui a déjà été maintes fois dit par Blum, par Andler, par Péguy, par les Tharaud, par R. Blanchard, par D. Halévy, par Bourgin, Jules Isaac, etc. On sait ce qu’a représenté l’affaire Dreyfus pour toute cette génération. Pour Herr, pour Jaurès, pour les intellectuels socialistes, la défense des droits de l’homme, de la justice et de la vérité, face au mensonge de l’armée, était étroitement liée au combat politique. Il s’agissait d’en finir avec les forces réactionnaires qui avaient peu à peu, réussi à confisquer la République : une oligarchie financière représentée jusqu’à l’Elysée, et s’appuyant sur un clergé et un état-major rétrogrades, antisémites. Tous étaient persuadés que dans cette œuvre d’affranchissement de la République régénérée, l’alliance avec toutes les forces républicaines, radicaux, républicains laïcs, s’imposait pour défendre des idéaux à nouveau menacés, comme lors du boulangisme, par la pire des réactions. L’affaire Dreyfus, ce fut aussi le catalyseur de l’Unité socialiste, et, en même temps sa mise à l’épreuve…


Date de mise en ligne : 31/03/2020

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