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Introduction

Pages 11 à 24

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  • Cénat, J.-P.
(2015). Introduction. Louvois : Le double de Louis XIV (p. 11-24). Tallandier. https://shs.cairn.info/louvois--9791021007154-page-11?lang=fr.

  • Cénat, Jean-Philippe.
« Introduction ». Louvois Le double de Louis XIV, Tallandier, 2015. p.11-24. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/louvois--9791021007154-page-11?lang=fr.

  • CÉNAT, Jean-Philippe,
2015. Introduction. In : Louvois Le double de Louis XIV. Paris : Tallandier. Biographies, p.11-24. URL : https://shs.cairn.info/louvois--9791021007154-page-11?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir sur ce point François d’Aubert, Colbert. La vertu usurpée, Paris, Perrin, 2010, p. 13-14.
  • [2]
    Voir aussi Jean Chagniot, « L’image de Louvois chez ses contemporains et en particulier chez Quarré d’Aligny », Histoire, économie et société, n° 15/1 spécial Louvois, janvier-mars 1996, p. 13-19.
  • [3]
    Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Pensées et fragments inédits de Montesquieu publiés par le baron Gaston de Montesquieu, Bordeaux, 1899-1901, t. I, p. 370.
  • [4]
    Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, Paris, Hachette, 1865, p. 181-182.
  • [5]
    Philippe Minard, La Fortune du colbertisme. État et industrie dans la France des Lumières, Paris, Fayard, 1998 ; Marie-Laure Legay, La Banqueroute de l’État royal. La gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française, Paris, Éditions de l’EHSS, 2011.
  • [6]
    Lettres, instructions et mémoires de Colbert, éd. Pierre Clément, Paris, Imprimerie impériale, 1861-1867, 4 tomes en 6 volumes. Pierre Clément publia également une Histoire de la vie et de l’administration de Colbert, contrôleur général des Finances, Paris, Guillaumin, 1846.
  • [7]
    Camille Rousset, Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, Paris, Didier, 1862-1863, 4 vol.
  • [8]
    Jules Michelet, Histoire de France, Paris, Flammarion, t. XIII : Louis XIV et le duc de Bourgogne, 1895, p. 6 : « Personne, pas même le maître, ne l’accusait en face. Tout était dans sa main. On n’eût pas affronté ce redoutable personnage, dont le travail immense semblait la vie de l’État, dont la violence et l’insolence, la permanente colère, faisaient l’effroi de tous. »
  • [9]
    Victor Duruy, Histoire de l’Europe et de la France de 1610 à 1789. Classe de rhétorique, Paris, Hachette, 1890, p. 174-176.
  • [10]
    Ernest Lavisse, Histoire de France depuis les origines jusqu’à la Révolution, livre VIII : La politique extérieure, 1661-1685, [Paris, Hachette, 1895] Paris, Tallandier, 1982, p. 50.
  • [11]
    Sur l’image de Louis XIV, de Colbert et de Louvois sous la iii e République, voir Claude Lelièvre, Les Rois de France, enfants chéris de la République, Paris, Bartillat, 1999, p. 181-214.
  • [12]
    Jean-Louis Bourgeon, Les Colbert avant les Colbert. Destin d’une famille marchande, Paris, PUF, 1973. On peut voir aussi François de Colbert, Histoire des Colbert du xv e au xx e siècle, Grenoble, 2000.
  • [13]
    Jean Villain, La Fortune de Colbert, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1998.
  • [14]
    . Le premier est édité aux Éditions Complexe et le second chez Perrin.
  • [15]
    Daniel Dessert, Le Royaume de M. Colbert, p. 290. Voir aussi le livre au titre évocateur de Fr. d’Aubert, Colbert. La vertu usurpée, paru chez Perrin en 2010.
  • [16]
    Voir notamment les biographies de D. Dessert (Fayard, 1987) et de Jean-Christian Petitfils (Perrin, 1998) ou Le Procès de Fouquet de Simone Bertière, Paris, Éd. de Fallois, 2013. Mais c’est Paul Morand, dès 1961, qui commença à réhabiliter le surintendant dans son Fouquet ou le Soleil offusqué chez Gallimard.
  • [17]
    Citons par exemple la biographie d’Inès Murat, qui est une descendante des Colbert et a eu accès à certains papiers privés (Colbert, Paris, Fayard, 1980), celle de Jean Meyer, qui s’intéressa de plus près au rôle du ministre en tant que secrétaire d’État de la Marine (Colbert, Paris, Hachette, 1981), et, dans une moindre mesure, celle de Michel Vergé-Franceschi (Colbert. La politique du bon sens, Paris, Payot, 2003).
  • [18]
    Voir par exemple le titre suggestif, bien qu’antérieur à la crise, du livre d’Olivier Pastré, La Méthode Colbert ou le Patriotisme efficace, Paris, Perrin, 2006.
  • [19]
    De 1900 à nos jours, nous avons relevé sept œuvres consacrées plus ou moins directement à Louvois et aux Le Tellier, contre quatorze pour Colbert et sa famille.
  • [20]
    Louis André, Michel Le Tellier et l’organisation de l’armée monarchique, [Paris, Alcan, 1906] Genève, Slatkine, 1978 ; Claude Le Peletier, Deux mémoires historiques de Claude Le Peletier, éd. Louis André, Paris, Alcan, 1906 et L. André, Michel Le Tellier et Louvois, Paris, Armand Colin, 1942.
  • [21]
    Jacques Roujon, Louvois et son maître, Paris, Grasset, 1934.
  • [22]
    André Corvisier, Louvois, Paris, Fayard, 1983.
  • [23]
    Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert. Les Le Tellier, Vauban et Turgot… et l’avènement du libéralisme, Québec, Presses universitaires du Québec, 1987.
  • [24]
    Thierry Sarmant, Les Demeures du Soleil. Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi, Seyssel, Champ Vallon, 2003. Les travaux de Th. Sarmant consacrés à Vauban, à Louis XIV, à l’histoire des arts ou au fonctionnement de l’administration et de l’État au xvii e siècle (notamment Régner et gouverner. Louis XIV et ses ministres, écrit avec Mathieu Stoll chez Perrin en 2010) nous permettent également de mieux cerner l’action de Louvois.
  • [25]
    M. Stoll, Servir le Roi-Soleil. Claude Le Peletier (1631-1711), ministre de Louis XIV, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011 ; Bertrand Fonck, Le Maréchal de Luxembourg et le Commandement des armées au temps de Louis XIV, Seyssel, Champ Vallon, 2014 ; Jean-Philippe Cénat, Chamlay, le stratège secret de Louis XIV, Paris, Belin, 2011.
  • [26]
    John A. Lynn, Giant of the grand siècle. The French Army, 1610-1715, Cambridge, Cambridge University Press, 2006 et Guy Rowlands, The Dynastic State and the Army under Louis XIV. Royal Service and Private Interest, 1661-1701, Cambridge, Cambridge University Press, 2010.
  • [27]
    Hervé Drévillon, L’Impôt du sang. Le métier des armes sous Louis XIV, Paris, Tallandier, 2005.
  • [28]
    J.-Ph. Cénat, Le Roi stratège. Louis XIV et la direction de la guerre (1661-1715), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.
  • [29]
    Clément Oury, « Blenheim, Ramillies, Audenarde. Les défaites françaises de la guerre de Succession d’Espagne, 1704-1708 », thèse de l’École nationale des Chartes, 2005.

Colbert et Louvois restent aujourd’hui encore les deux figures ministérielles les plus connues du grand siècle. De même que Turenne et Condé éclipsent tous les autres généraux de Louis XIV, Colbert et Louvois semblent écraser de leur poids tous les autres ministres, au point que l’on a parfois l’impression qu’ils furent les seuls à avoir gouverné sous Louis XIV. Malgré ce statut d’exception, les deux personnages ne jouissent cependant pas de la même image à travers l’histoire. Alors que s’est forgée autour de Colbert une légende dorée qui perdure largement, Louvois a souffert d’une légende noire persistante, comme si les deux hommes étaient les faces opposées du règne de Louis XIV. Lorsque Colbert est placé sur un piédestal, Louvois est conspué et lorsque l’on se met à critiquer le premier, le second s’en trouve quelque peu réhabilité.
De leur vivant, les deux hommes n’étaient pas particulièrement appréciés de leurs contemporains, même si chacun avait ses partisans et sa clientèle dévouée. Si on leur reconnaissait un grand talent d’administrateur dans leurs domaines respectifs et une capacité de travail exceptionnelle, on leur reprochait leur modeste extraction, leur ambition insatiable, le fait d’être des créatures totalement soumises au roi, la dureté de leur ton et leur caractère autoritaire, cassant et parfois impitoyable. Du fait de leur pouvoir, ils étaient beaucoup plus craints qu’appréciés. Colbert était surnommé « le Nord » par Mme de Sévigné et supportait mal la contradiction…


Date de mise en ligne : 03/11/2015

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