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Chapitre 5. Les Lumières

Pages 107 à 137

Citer ce chapitre


  • Aubrit, J.-P.
  • et Gendrel, B.
(2024). Chapitre 5. Les Lumières. Littérature : les mouvements et écoles littéraires (2e éditio, p. 107-137). Armand Colin. https://shs.cairn.info/litterature-les-mouvements-et-ecoles-litteraires--9782200638566-page-107?lang=fr.

  • Aubrit, Jean-Pierre.
  • et al.
« Chapitre 5. Les Lumières ». Littérature : les mouvements et écoles littéraires, Armand Colin, 2024. p.107-137. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/litterature-les-mouvements-et-ecoles-litteraires--9782200638566-page-107?lang=fr.

  • AUBRIT, Jean-Pierre
  • et GENDREL, Bernard,
2024. Chapitre 5. Les Lumières. In : Littérature : les mouvements et écoles littéraires. Paris : Armand Colin. Lettres Sup, p.107-137. URL : https://shs.cairn.info/litterature-les-mouvements-et-ecoles-litteraires--9782200638566-page-107?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Jacques Bénigne Bossuet, Traité de la concupiscence, chapitre xxxii (rédigé vers 1693-1694, publication posthume en 1731).
  • [2]
    Titre d’un dialogue posthume de Descartes et d’un ouvrage célèbre de Malebranche.
  • [3]
    Marion Chottin, « Le système de l’Encyclopédie et la métaphore de la lumière : héritage et refonte du système cartésien », Labyrinthe, 34, 2010, p. 37-49.
  • [4]
    Bossuet, Sermons, « Sur le péché d’habitude », 2e point.
  • [5]
    Michel Foucault, « Qu’est-ce que les Lumières ? » [1984], dans Dits et écrits, t. 2, Paris, Gallimard, 1994, « Quarto », 2001, p. 1500-1501.
  • [6]
    Emmanuel Kant, « Réponse à la question “Qu’est-ce que les Lumières ?” », article publié en décembre 1784 dans la Berlinische Monatsschrift, trad. Jean-Michel Muglioni, Paris, Hatier, 2015, « Classiques Hatier de la philosophie », p. 7.
  • [7]
    Dumarsais, Le Philosophe, 1743.
  • [8]
    « Les Lumières eurent d’abord pour tâche de se propager : leur diffusion est leur vocation », écrit Bertrand Binoche (« Écrasez l’infâme ! » – Philosopher à l’âge des Lumières, Paris, La Fabrique Éditions, 2018, p. 22).
  • [9]
    Jean-Marie Goulemot, La Littérature des Lumières, Paris, Nathan, 2002, p. 45.
  • [10]
    Par exemple dans Les Égarements du cœur et de l’esprit de (1736) : voir chapitre 4, p. 84.
  • [11]
    « Venez apprendre comment nées compagnes de l’homme, vous êtes devenues son esclave, comment vous êtes parvenues à vous y plaire, à le regarder comme votre état naturel » (Laclos, Traité sur l’éducation des femmes, 1783).
  • [12]
    « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Du reste, homme assez ordinaire ; tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes : et vous voulez jouter… » (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1784, acte V, scène 3).
  • [13]
    Roland Barthes, Essais critiques, Paris, Le Seuil, 1964, « Points », p. 94-100.
  • [14]
    Marc Fumaroli, Quand l’Europe parlait français, Paris, Éditions de Fallois, 2001, p. 9.
  • [15]
    Voltaire et Rousseau meurent en 1778, d’Alembert en 1783, Diderot en 1784.
  • [16]
    Pierre Bayle, Pensées diverses sur la comète (1682).
  • [17]
    Fontenelle, Histoire des oracles (1686) ; cet ouvrage « ouvre le champ de bataille des Lumières », écrit Werner Krauss dans Histoire littéraire de la France, iv, Paris, Éditions sociales, 1975, p. 398.
  • [18]
    La citation est empruntée au sous-titre programmatique du traité, publié à la mort de Spinoza en 1677.
  • [19]
    Pierre Bayle, Nouvelles de la République des Lettres, Amsterdam, 1697.
  • [20]
    Dialogues de M. le baron de La Hontan et d’un Sauvage dans l’Amérique (1704).
  • [21]
    Stéphane Pujol, Le Dialogue d’idées au dix-huitième siècle, Voltaire Foundation, Oxford, 2005.
  • [22]
    Paul Hazard, La Crise de la conscience européenne (1680-1715), t. 2, Paris, Boivin et Cie, 1935, p. 294-295.
  • [23]
    Jean-Marie Goulemot, Histoire littéraire de la France, v, Paris, Éditions sociales, 1976, p. 391-392.
  • [24]
    Voir chapitre 4, p. 83.
  • [25]
    On se souvient de l’affiche de Savignac, réalisée pour l’exposition Voltaire à la Bibliothèque nationale à Paris (janvier-avril 1979), qui le représentait en duelliste, la plume au poing.
  • [26]
    Ce Dictionnaire universel des arts et des sciences avait été publié à Londres en 1728.
  • [27]
    Diderot, Prospectus de l’Encyclopédie (1750).
  • [28]
    Diderot, Encyclopédie, t. V, article « Encyclopédie ».
  • [29]
    Ibid.
  • [30]
    Le sous-titre complet est Dialogue entre A et B sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas.
  • [31]
    Michèle Duchet, « Diderot », dans Histoire littéraire de la France, vi, Paris, Éditions sociales, 1976, p. 298.
  • [32]
    Lettre du 30 août 1755.
  • [33]
    Louis-Claude de Saint-Martin, Des Erreurs et de la Vérité ou les Hommes rappelés au principe universel de la science, Édimbourg, 1775, p. 493-495.
  • [34]
    En dépit de Roger Laufer, qui veut voir dans le rococo le style des Lumières (Style rococo, style des « Lumières », Paris, José Corti, 1963).
  • [35]
    D’Alembert, De la liberté de la musique, iv, 1759.
  • [36]
    Voltaire, Des embellissements de Paris, 1749.
  • [37]
    Ombrage : inquiétude.
  • [38]
    Jean-Marie Goulemot, La Littérature des Lumières, Paris, Nathan, 2002, p. 2-3.

Dans l’histoire des mouvements littéraires, celui des « Lumières » est le premier à ne pas avoir reçu son nom a posteriori mais, conscient de ce qu’il incarnait, à s’être appliqué à lui-même l’appellation sous laquelle on le désigne depuis le xviiie siècle. Certes l’expression de « siècle des Lumières » est plus récente, puisque nécessairement rétrospective, mais la métaphore revient constamment sous la plume des « philosophes » du xviiie siècle pour désigner la sphère dans laquelle ils travaillent, l’objectif auquel ils tendent de toutes leurs forces, quelles que soient leurs divergences, voire leurs oppositions. De surcroît, elle est européenne, puisqu’à la même époque on parle d’Aufklärung dans les pays de langue allemande, d’Enlightenment en Angleterre, d’illuminismo en Italie.
Cette métaphore a une histoire, riche d’enseignements sur le mouvement qui en tire son nom. Au xviie siècle, l’emploi métaphorique du terme lumière au singulier se scinde en deux acceptions, l’une religieuse et l’autre philosophique : la lumière divine (« Mon Dieu, lumière éternelle, […] vous seul êtes la lumière de notre vie », s’exclame Bossuet) contre « la lumière naturelle » de la raison, seule voie pour mener « la recherche de la vérité ». Pour Descartes, l’esprit humain détient une lumière propre, distincte de la lumière divine, mais qui peut projeter sur les choses la même luminosité. Dans les Règles pour la direction de l’esprit, il parle de « l’humaine sagesse » comme d’un foyer lumineux unique qui, telle « la lumière du soleil », éclaire les objets du savoir dans leur diversité…


Date de mise en ligne : 26/07/2024

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