IV – La poésie : du réalisme aux nouvelles voies expérimentales
Pages 117 à 134
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- MERLO-MORAT, Philippe,
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- Merlo-Morat, P.
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Après la guerre civile, certains membres de la Génération de 27 ou même de la Génération de 98 continuent à écrire, soit en exil, soit en Espagne mais leur poésie a changé de ton. Plusieurs générations vont alors cohabiter et on retrouve finalement plutôt des tendances que des générations, même s’il est possible d’identifier certaines caractéristiques permettant de regrouper des poètes.
On a pour habitude de distinguer deux grandes tendances, conceptualisées par Dámaso Alonso, la « poésie enracinée » et la « poésie déracinée ». Les auteurs de la poésie enracinée sont aussi connus comme faisant partie de la Génération de 36 et publient presque tous dans deux revues, Escorial et Garcilaso, créées en 1943, qui tentent de réhabiliter l’art de la poésie. Ces deux titres essayent, tant bien que mal, de stopper l’hémorragie que constitue la perte de bien des poètes d’avant-guerre. Les artistes qui publient dans Garcilaso écrivent une poésie froide, évasive et empreinte d’un délicat sentimentalisme qui n’aborde pas les problèmes sociaux de l’époque. Il faut dire que bien des poètes de la poésie enracinée sont très proches du nouveau régime franquiste, d’où des poèmes assez nationalistes dont le but est de redonner du baume au cœur des Espagnols. Les compositions poétiques font ressortir une vision particulière du monde qui présente certaines réalités comme immuables : l’amour de la fiancée ou de l’épouse, la famille, la croyance en une religion d’un Dieu très proche des hommes, compréhensif, une vision exaltée de l’Espagne repensée comme un véritable empire…
Date de mise en ligne : 03/05/2017
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