10. Avoir une vie ailleurs : l’extraconjugalité
- Par Florence Vatin
Pages 245 à 273
Citer ce chapitre
- VATIN, Florence,
- DE SINGLY, François,
- Avec la collaboration de BOUKAÏA, Claire-Anne,
- BROCARD, Anouk,
- DECUP-PANNIER, Benoîte,
- JANET CHAUFFIER, Julie,
- MALLON, Isabelle,
- RAMOS, Elsa
- et VATIN, Florence,
- Vatin, Florence.
- Vatin, F.
Citer ce chapitre
- Vatin, F.
- Vatin, Florence.
- VATIN, Florence,
- DE SINGLY, François,
- Avec la collaboration de BOUKAÏA, Claire-Anne,
- BROCARD, Anouk,
- DECUP-PANNIER, Benoîte,
- JANET CHAUFFIER, Julie,
- MALLON, Isabelle,
- RAMOS, Elsa
- et VATIN, Florence,
Notes
-
[1]
Et pas seulement pour éviter la jalousie (cf. l’expérience difficile des communautés – après 1968, narrée dans G. Mauger, C. Fossé, 1977), mais pour avoir une « vraie » vie privée à soi.
-
[2]
Après leur séparation, les femmes expriment un soulagement, pouvant vivre enfin comme elles l’entendent. La dimension positive de la vie en solo repose sur une telle perception. Cf. J.-C. Kaufmann, 1999 ; F. de Singly, 1991.
-
[3]
Serge Chaumier (1999) sous-estime cette tension, en prenant position pour la transparence.
-
[4]
Récits recueillis par Isabelle-Yhuel pour Marie-Claire, mai 1999.
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[5]
Trente entretiens ont été menés auprès d’hommes ayant tous eu au moins une séquence de double vie.
-
[6]
Certains récits sont au passé, car les hommes racontent leurs relations extraconjugales qui peuvent être interrompues.
-
[7]
Les auteurs utiliseront de préférence amant, amante, ou ami, amie.
-
[8]
Sondage Ifop-Emap, 1999.
-
[9]
Même si les enquêtes sur la sexualité révèlent que l’infidélité n’a pas augmenté.
-
[10]
Paul avoue aussi le profit qu’il tire du sentiment de puissance masculine de parvenir à donner du plaisir à ses partenaires, elles se sentaient « très très bien avec » lui : « Donc finalement ça me procurait quelque chose non pas de la gloriole mais ça me réconfortait. »
-
[11]
Sur l’invention de ce modèle, cf. A. Corbin, 1987. Pour un exemple de femme entretenue au xix e siècle, lire Y. de la Bigne, Valtesse de la Bigne (1999).
-
[12]
Extraits de Laurie Colwin, Frank et Billy, © Autrement, 1999.
-
[13]
Extrait de Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
-
[14]
Extraits de Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
-
[15]
Extraits de Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
-
[16]
Il est plus facile de le réaliser dans un espace déjà privatisé – comme celui de l’amante – que dans un espace anonyme et changeant comme une chambre d’hôtel.
-
[17]
Ce qui peut expliquer que même les « dominants » peuvent éprouver cette sensation d’étouffement.
-
[18]
Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
-
[19]
Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
-
[20]
Pour le père, c’est plus complexe, car souvent l’homme ne parvient à l’être que par la médiation de la mère.
-
[21]
Poussé à l’extrême, le modèle de Berger et Kellner peut être rapproché de celui élaboré par Goffman dans Asiles (1968), l’institution du mariage transformant complètement l’identité des membres du couple. Cf. F. de Singly (1988).
-
[22]
Extraits de Laurie Colwin, op. cit., ©Autrement, 1999.
-
[23]
Extraits de Laurie Colwin, op. cit., © Autrement, 1999.
L’injonction d’être soi-même a des effets sans fin sur la production de la vie privée. Une des manières de résoudre l’équilibre entre cet impératif et le souhait d’une vie commune est l’alternance par séquences, de la vie en solo et de la vie ensemble. Une autre façon de procéder est celle du cumul d’une vie à soi et d’une vie « avec » au sein du même espace, grâce à une chambre à soi, ou à des temps et des pratiques différenciés. Une troisième affirmation de soi est possible par le dédoublement de sa vie. Il s’agit alors de mener de front deux vies, l’une officielle, l’autre officieuse. Cette dernière apporte le sentiment d’échapper à une relation qui enferme, et ainsi l’impression de rester libre. Passagère ou durable, l’infidélité peut être construite comme une affirmation d’un soi qui refuse la seule définition statutaire de la vie privée.
Tous les temps dérobés au partenaire ne sont pas équivalents. Avoir un(e) amant(e) se distingue de se noyer dans son travail, consacrer trop de temps à faire du sport avec des copains ou des copines, être souvent chez ses parents, par deux traits principaux – ni celui de la quantité de temps volé, ni celui de la confidence : les pratiques sexuelles et le secret de la relation. Le plus fréquemment, le compagnon ou la compagne ignore l’existence même de cette relation. Le secret-défense entoure souvent cette relation extraconjugale
. C’est la forme extrême de ce qu’Olivier Schwartz nomme « la vie privée » (1990) qui s’élabore pendant un processus par lequel un individu considère une fraction de son existence ou du monde extérieur comme son bien propre, et cesse, à ses propres yeux, de relever du collectif conjugal ou familial…
Date de mise en ligne : 06/01/2020
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