II. Redevenir sujet
- Par David Monnier
Pages 177 à 192
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- MONNIER, David,
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- Monnier, D.
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Vous commencez à vous rendre compte que vous restez pour de mauvaises raisons mais vous prenez encore sur vous. Les bonnes raisons pour le quitter n’ont pas encore pris le dessus. La relation a un goût de pourri mais elle reste mangeable de sorte que cela ne suffit pas encore pour la jeter, comme dirait peut-être Amélie Nothomb. Pour partir, il faut que le déplaisir de la situation actuelle devienne supérieur au déplaisir imaginé du changement. Il faut du temps pour comprendre que c’est fini, pour prendre acte qu’on n’aime plus. La relation joue les prolongations après l’amour. D’autant plus insidieusement que les protagonistes arrêtent rarement d’aimer en même temps. La relation duelle tient jusqu’à ce que l’autre accumule les désillusions et autres rebuffades avant de décider de ne plus jouer le jeu. Cette prise de conscience ne s’effectue pas toujours sur un coup de tête. La solution d’arrêter n’apparaît pas subitement. Avant cela, l’autre envisage souvent de recoller les morceaux et cherche des possibilités de maintenir la relation. Il y a toute une période où l’on ne prend pas la peine de verbaliser car on est tourné vers les moyens de rester en relation. On peut passer sur le fait que ce soit à son détriment sans même s’en rendre compte. Comme sur la voie de chemin de fer du détroit de Corinthe.
Le sujet n’a pas toujours conscience que la fin est en jeu. Il croit encore aimer alors que c’est fini. C’est fini mais il ne le sait pas. Il ne réalise pas les conséquences de revenir sur la relation…
Date de mise en ligne : 24/03/2026
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