Chapitre 4
La division du travail
- Par Göran Therborn
Pages 63 à 86
Citer ce chapitre
- THERBORN, Göran,
- Therborn, Göran.
- Therborn, G.
https://doi.org/10.3917/arco.therb.2009.01.0063
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Notes
-
[1]
Cf. G. Duby, Les Trois Ordres ou l´imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, 1978.
-
[2]
Cf. notamment A. Smith, Lectures on Justice, Police, Revenue, and Arms, éd. par E. Cannan, Oxford, 1896 ; Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Paris, Flammarion, 1991 [1776] ; J. Millar, Obsvervations Concerning the Distinction of Ranks in Society, 1771 ; B. Eriksson, Samhällsvetenskapens uppkomst, Uppsala, Socialogiska institutionen, 1988.
-
[3]
Cf. N. Luhmann (dir.), Soziale Differenzierung. Zur Geschichte einer Idee, Oplanden, Westdeutscher Verlag, 1985 ; C. Clark, The Conditions of Economic Progress, Londres, Macmillan, 1957 ; S. Kozyr-Kowalski et A. Przestalski (dir.), On social differentiation, Poznan, Adam Mickiewics University Press, 1992, 2 vol.
-
[4]
Ce paragraphe tente de résumer un certain nombre d’études : OCDE, Employment Outlook, Paris, OCDE, 1993, p. 186 ; Jonathan Greshuny, « Are we running out of time ? », Futures, vol. 24, no 1, 1992 ; « Emplois du temps », in F. Féron et A. Thoraval (dir.), L’État de l´Europe, Paris, La Découverte, 1992, pp. 95-97, et « La répartition du temps dans les sociétés postindustrielles », Futuribles, no 165-166, mai-juin 1992 ; G. Bosch, « L’évolution du temps de travail en Allemagne », Futuribles, no 165-166, p. 94 ; Rudolf Andorka et al, Social Report, Budapest, Tárki, 1992, chap. 9 ; Levnadsförhållanden Rapport no 80, Stockholm, SCB, 1992.
-
[5]
A. Maddison, op. cit., 1982, tableau C9, p. 280 ; O. Marchand, « Une comparaison internationale du temps de travail », Futuribles, no 165-166, 1992, pp. 30, 34.
-
[6]
OCDE, Factbook 2005.
-
[7]
La Théorie de la classe de loisir de Thorstein Veblen a été publiée pour la première fois en 1899.
-
[8]
Gershuny, « La répartition », op. cit., 1992, pp. 218 sqq ; Marchand, op. cit., 1992, p. 39 ; Levnadsförhållanden, op. cit., pp. 80-81.
-
[9]
Andorka et al., op. cit., 1992, p. 133.
-
[10]
Les données sont issues de Maddison, op. cit., 1992, pp. 279-80, de l’OCDE, Employment Outlook, Paris, 1986, p. 142, des statistiques suédoises et de Marchand, op. cit., 1992, p. 34.
-
[11]
EU Labour Force Survey 2004, extrait ici d’Eurostat, Statistics in focus. Population and social conditions, 2005, Luxembourg, tableau 6.
-
[12]
Calculs basés sur : OCDE, Labour Force Statistics 1965-1985, Paris 1987, p. 24 ; Employment Outlook July 1992, Paris, 1992, pp. 275, 277 ; Employment Outlook July 1993, Paris, 1993, pp. 5, 186.
-
[13]
A. Deacon, « Unemployment and politics in Britain since 1945 », in B. Showler et A. Sinfield (dir.), The Workless State, Oxford, Martin Robertson, 1981, pp. 63-4.
-
[14]
Maddison, op. cit., 1992, tableau C-6b, p. 276.
-
[15]
Cf. G. Therborn, Why Some Peoples Are More Unemployed than Others, Londres, Verso, 1986.
-
[16]
J. Garraty, Unemployment in History, New York, Harper & Row, 1978, pp. 121 sqq.
-
[17]
Cf. T. Cole et M. Winkler, « Unsere Tage zählen », in G. Göckenjan et H.-J. v. Kondratowitz, Alter und Alltag, Francfort, Suhrkamp, 1988, pp. 46 sqq.
-
[18]
Cf. R. Lenoir, « L’invention du troisième âge », Actes de la recherche en sciences sociales, no 26/27, 1979 ; A.-M. Guillemard, Le Déclin du social, Paris, PUF, 1986, pp. 138 sqq.
-
[19]
Calculé à partir de UN World Economic Survey 1989, New York, 1989, p. 222.
-
[20]
OCDE, Demographic Trends 1950-1990, Paris, 1979, p. 120.
-
[21]
OCDE, Labour Force Statistics 1965-1985, Paris 1987, pp. 480 sqq.
-
[22]
Svenska Dagbladet, 30 décembre 1993.
-
[23]
P. Stearns, Old Age in European Society, Londres, Croom Helm, 1977, pp. 34 sqq et 108 sqq.
-
[24]
Maddison, op. cit., 1982, tableau C-2.
-
[25]
OCDE, Historical Statistics 1960-1990, Paris 1992, p. 39. Cf. M. Schmidt, « Gendered labour force participation », in F. Castles (dir.), Families of Nations, Aldershot, Dartmouth, 1993.
-
[26]
OCDE, Employment Outlook 1988, Paris 1988, p. 209
-
[27]
BIT, Yearbook of Labour Statistics 1991, Genève, 1991, tableau 2A. Cf. H. Ishida et al., « lntergenerational class mobility in postwar Japan », American Journal of Sociology, vol. 96, 1991, pp. 985n et 986.
-
[28]
Commission Européenne, « The position of women on the labour market », Women of Europe Supplements, no 36, tableau 8 ; OCDE, The Integration of Women into the Economy, Paris, 1985, p. 42.
-
[29]
PNUD, 2006, tableau 27.
-
[30]
BIT, Yearbook of Labour Statistics 1991, Genève, 1991.
-
[31]
EU Labour Force Survey 2004, Eurostat Statistics in focus Population and social conditions, 9/2005, tableau 6
-
[32]
OCDE, Historical Statistics, op. cit., tableaux 2.15, 2.16, 2.17 ; OCDE, Employment Outlook 1993, op. cit., tableaux J, M, N.
-
[33]
European Commission, Joint Report on Social Inclusion, Bruxelles, 2004, p. 183.
-
[34]
Calculs à partir de Jonathan Gershuny, « Emplois du temps », op. cit., 1992, p. 96 ; « La répartition du temps… », op. cit., 1992. Les pays concernés étaient la Belgique, le Danemark, la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la RFA. Andorka et. al., op. cit., 1992, p. 133.
-
[35]
PNUD, op. cit., 2006, tableau 28.
-
[36]
Eurostat, Memo 0597, 1997.
-
[37]
Eurostat, The Life of Women and Men in Europe, Luxembourg, 2002, p. 57
-
[38]
Commission européenne, Special Eurobarometer. European Social Reality, Bruxelles, 2007, p. 18.
-
[39]
P. Bairoch (dir.), op. cit., tableau A2 ; G. v. Rauch, Geschichte der baltischen Staaten, Stuttgart, Kohlhammer, 1970, p. 75 ; P. Shoup, The East European and Soviet Data Handbook, New York, Columbia University Press, p. 397.
-
[40]
P. Bairoch, op. cit., pp. 87, 96, 98-99, 108 ; OCDE, Historical Statistics 1960-89, op. cit., p. 40.
-
[41]
OCDE, Labour Force Statistics 1965-1985, op. cit. ; Labour Force Statistics 1969-1989, Paris, 1991, tableau 7.0.
-
[42]
OCDE, Employment Outlook, Juillet 1995, Paris, OCDE, 1995, p. 209 ; Le Courrier des pays de l’Est, no 416, janvier-février 1997, p. 41 ; BIT, Yearbook of Labour Statistics 1992, Genève, 1992, tableau 2.
-
[43]
BIT, Sectorial employment data.
-
[44]
BIT, Yearbook of Labour Statistics 1993, Genève, 1993, tableau 2A. Les données pour la Russie et l’Ukraine sont manquantes.
-
[45]
L’« industrie » inclut les mines, la manufacture et la construction.
-
[46]
Hunt, op. cit., 1981 p. 26
-
[47]
Taïwan a connu une brève période de prédominance industrielle autour de 1980. Contrairement à Singapour, Hong-Kong a également développé une ville-État industrielle. OCDE, Employment Outlook 1991, Paris, 1991, pp. 75-76, et P. Bairoch (dir.), op. cit.
-
[48]
N. Begum, « Employment by occupation and industry », Labour Market Trends, Juin 2004.
-
[49]
Insee, « Actifs occupés selon le sexe et le secteur d’activité », <www.insee.fr>.
-
[50]
Calculs à partir de Die Zeit, 7 août 1992, p. 33, et Frankfurter Allgemeine Zeitung, 14 janvier 1993, p. 11.
-
[51]
OCDE, Historical Statistics 1960-1990, Paris, 1992, tableau 2.13.
-
[52]
Cf. A. Kruse, Den offentliga sektorns effekter på sysselsätningen, Stockholm, Nordiska Ministrerådet, 1984, p. 18. Selon le système de calculs en vigueur dans les pays nordiques, l’emploi public en Finlande était de 24 % contre 25 % en Norvège.
-
[53]
E. Hobsbawm, « The forward march of labour halted ? », in M. Jacques et F. Mulhern (dir.), The Forward March of Labour Halted ?, Londres, Verso, 1981.
-
[54]
Différentes données ont été utilisées dans ce paragraphe : A. Przeworski et J. Sprague, Paper Stones, Chicago, University of Chicago Press, 1986, p. 35 ; Bairoch, op. cit., 1968, tableaux B 5 et C 5 ; J. Mooser, Arbeiterleben in Deutschland 1900-1970, Francfort, Suhrkamp, 1984, p. 28 ; A. Przeworski et E. Underhill, « The evolution of class structure in France 1901-1968 », Chicago, University of Chicago Dept. of Political Science, 1978 ; Therborn, op. cit., 1981, p. 29.
-
[55]
BIT, Yearbook of Labour Statistics 1998, Genève, tableau 2C.
-
[56]
Source : Insee.
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[57]
Belgum, op. cit., 2004.
-
[58]
OCDE, Employment Outlook 1992, Paris, 1992, p. 158.
-
[59]
BIT, Key Labour Market Indicators, op. cit.
-
[60]
Cf. M. Piore et S. Sabel, The Second Industrial Divide, New York, Basic Books, 1984, notamment le chap. 9 ; R. Boyer (dir.), La Flexibilité du travail en Europe, Paris, La Découverte, 1986 ; OCDE, New Directions of Work Organization, Paris, 1992 ; S. Holland, The European Imperative, Nottingham, Spokesman, 1993.
-
[61]
M. Maurice et al., The Social Foundations of Industrial Power, Londres, MIT Press, 1986. Voir aussi pour la Grande-Bretagne C. Lane, Management and Labour in Europe, Aldershot, Edward Elgar, 1989, ainsi que G. Mermet, Euroscopie, Paris, Larousse, 1991, p. 321.
-
[62]
G. Hofstede, Culture´s Consequences, Londres, Sage, 1980 ; F. Trompenaars, Riding the Waves of Culture, Londres, Economist Books, 1993 ; C. Hampden-Turner et A. Trompenaars, The Seven Cultures of Capitalism, New York, Doubleday, 1993.
-
[63]
Enquêtes mondiales sur les valeurs.
-
[64]
R. Inglehart et al., Human Values and Beliefs, Mexico, Siglo XXI, 2004, questions C60a-b.
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[65]
G. Therborn, Klasstrukturen i Sverige 1930-1980, Lund, Zenit, 1980, pp. 68 sqq.
-
[66]
Je m’appuie ici sur un séminaire tenu à Paris en 2004 avec Wright et Chauvel.
-
[67]
OCDE, Employment Outlook, 1991, p. 50, 1997 pp. 135, 148.
-
[68]
Q. A. Kalleberg, « Nonstandard employment and labour market inequality : cross-national patterns », in G. Therborn (dir.), Inequalities in the World, Londres, Verso, 2006.
-
[69]
L. Boltanski et E. Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999 ; N. Thrift, Knowing Capitalism, Londres, Sage, 2005.
-
[70]
Cf. la vision sceptique, sous un autre angle, de R. Sennett, The Culture of New Capitalism, New Haven et Londres, Yale University Press, 2006.
Une tâche, dans une perspective sociologique, n’est pas quelque chose que l’on choisit et que l’on détermine soi-même. Quel que soit votre âge, vous avez affaire à une offre de tâches particulièrement structurée. En tant qu’acteur, vous êtes soumis à un scénario social, dans lequel vous choisissez votre rôle et votre interprétation de ce dernier. L’appellation la plus commune de cette organisation de la dramatis socialis est la division du travail.
La division du travail a eu une place centrale dans la pensée sociale prémoderne. Elle était partie intégrante d’une conception fonctionnaliste de la société et de la légitimation de l’ordre en termes d’interdépendance hiérarchique entre ceux qui priaient, ceux qui combattaient et ceux qui cultivaient la terre. L’ordre entre les deux premiers pouvait varier, de même que la position des commerçants et des artisans au sein de l’État – il pouvait y avoir exceptionnellement, dans certains États comme la Suède-Finlande, une division officielle en quatre fonctions, la noblesse, le clergé, les bourgeois et la paysannerie. La division fonctionnelle, étatique et intrinsèque du travail était centrale dans l’Europe féodale
.
Une conception moderne de la division du travail a émergé au sein des Lumières écossaises, dans les écrits d’Adam Smith et de son disciple John Millar. Deux idées ont fait éclater le moule féodal, l’ouvrant vers la modernité. L’une a introduit une dimension temporelle. La division du travail n’était désormais plus intemporelle et calquée sur la Trinité du Dieu chrétien…
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