Introduction
- Par Fabien Mathy
Pages 7 à 10
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- Mathy, F.
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La mémoire humaine est très transitoire. Bien qu’on puisse tenter de tout mettre en œuvre pour ne pas oublier, la mémoire des choses demeure très labile. Il y a certes quelques exceptions, puisqu’elle est en mesure de fabriquer des souvenirs durables de certains événements, mais ça n’est évidemment pas souhaitable lorsqu’il s’agit d’un stress post-traumatique. Mais alors, faut-il souhaiter un fonctionnement inverse ? Une mémoire parfaite des événements incluant une fonction « oubli » des événements dont on voudrait se détacher serait-elle un atout ?
Pire encore que sa porosité, la mémoire nous semble souvent à l’évidence inexacte. Nous n’avons parfois même pas conscience qu’elle peut être biaisée, comme lorsque la mémoire de témoins est contaminée par les informations transmises par les journalistes. En somme, la mémoire semble être tout le contraire d’une expertise : elle n’est pas fiable. Pour ne pas arranger les choses, les faibles performances qu’on lui attribue tout au long de la vie semblent décliner avec l’âge, même lorsque le vieillissement n’est pas pathologique.
Je ne connais personne qui est totalement satisfait de sa mémoire, mais l’erreur de tout un chacun est de se focaliser sur l’oubli pour juger les qualités de sa mémoire. Bien moins visible est l’efficacité redoutable de notre fonctionnement cognitif qui est permis par cet apparent défaut général de la mémoire. Oublier, c’est aussi une façon de conserver l’essentiel de l’information avec une efficacité redoutable pour tirer des raisonnements subtils…
Date de mise en ligne : 21/06/2022
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