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8. Les motifs (dés)enchantés de l’action publique régionale à Lyon et à Naples

Pages 207 à 233

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  • Faure, A.
(2011). 8. Les motifs (dés)enchantés de l’action publique régionale à Lyon et à Naples. Dans
  • S. Barone
Les politiques régionales en France (p. 207-233). La Découverte. https://doi.org/10.3917/dec.baron.2011.01.0207.

  • Faure, Alain.
« 8. Les motifs (dés)enchantés de l’action publique régionale à Lyon et à Naples ». Les politiques régionales en France, La Découverte, 2011. p.207-233. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-politiques-regionales-en-france--9782707170637-page-207?lang=fr.

  • FAURE, Alain,
2011. 8. Les motifs (dés)enchantés de l’action publique régionale à Lyon et à Naples. In :
  • BARONE, Sylvain,
Les politiques régionales en France. Paris : La Découverte. Recherches / Territoires du politique, p.207-233. DOI : 10.3917/dec.baron.2011.01.0207. URL : https://shs.cairn.info/les-politiques-regionales-en-france--9782707170637-page-207?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dec.baron.2011.01.0207


Notes

  • [1]
    La recherche collective à laquelle nous avons participé n’échappe pas à ce biais normatif, qui est sans doute lié aux termes mêmes de la commande publique à l’origine de l’étude (ici le ministère de l’Équipement et des Transports). On peut cependant noter que tous les travaux qui ont porté sur le REAL arrivent à la même conclusion concernant la réussite et l’exemplarité apparentes du partenariat engagé (voir par exemple Arab, Idt et Lefeuvre [2008]).
  • [2]
    On poursuit ici des réflexions engagées par Jean-François Bayart sur l’historicité du politique quand le politiste explique que la peur et la violence constituent « les portes de la politique », citant Paul Bois sur les « événements traumatismes » qui structurent, parfois pour des siècles, la conscience politique des acteurs « en leur inspirant des sentiments d’injustice, de résignation, de méfiance ou de peur, en leur dictant des énoncés et des référents parfaitement récurrents, en imprimant aux relations de pouvoir un modèle précis dont découlent les orientations et les alignements politiques » [Bayart, 1985, p. 371].
  • [3]
    Il faudrait confronter cette hypothèse avec les travaux consacrés à ce que le sociologue Bernard Poche avait nommé une « culture autre » dans son analyse sur les écrivains lyonnais au début du xxe siècle [Poche, 2010]. On pense aussi à la réflexion épistémologique engagée dans une perspective ethnologique par deux « pragmatistes » pour décrypter le processus de patrimonialisation dans le Vieux Lyon [Stavo-Debauge et Trom, 2005].
  • [4]
    Le laurisme est une séquence historique d’après-guerre marquée par la politique de spéculation immobilière engagée par le maire de Naples Achille Lauro (cf. sur ce thème le film implacable de Francesco Rossi Main basse sur la ville).
  • [5]
    Les thèses culturalistes de Marshall Sahlins sur la différenciation des façons de concevoir les antagonismes mobilisent un matériau empirique exclusivement microrégional et rural [Sahlins, 2009]. De même, l’œuvre d’anthropologie sociale de Claude Levi-Strauss sur la cohérence interne des structures historiques concerne exclusivement des sociétés locales de petite taille.
  • [6]
    Robert Putnam propose par exemple une cartographe sur son indice de tradition civique qui fait correspondre les fractures de civilisation apparues au xie siècle avec les différences de rendement institutionnel observées à la fin du xixe siècle.
  • [7]
    La question de l’émergence des « scandales » mériterait de longs développements. Notre séjour en Italie nous a par exemple permis de suivre de près l’explosion dans les médias locaux d’une affaire politico-juridique sur la scène napolitaine (impliquant un entrepreneur, des élus et fonctionnaires communaux). La mise en scène du scandale (dans les médias comme au sein du système politique) semble échapper aux éléments de preuves pour se focaliser sur des symboles et des croyances, confirmant la thèse d’H. Rayner sur l’enrôlement des groupes sociaux dans un jeu dynamique d’interactions et d’anticipations [Rayner, 2006].
  • [8]
    Une anecdote signifiante mérite mention : l’acronyme du projet a été choisi de façon symbolique en référence européenne à la joute sportive qui opposait en Champions League à l’époque le club de football de l’Olympique lyonnais à la plus prestigieuse des équipes européennes (le Real Madrid)…
  • [9]
    En dehors de linguistes comme Benveniste ou Bakhtine, la plupart des grands intellectuels de l’époque (Althusser, Bourdieu, Foucault, Habermas, Pêcheux, Goffman, Barthes…) se piquaient de remettre en cause la transparence du discours. Voir Bacot et al. [2010].
  • [10]
    En référence au roman autobiographique de Carlo Levi, Le Christ s’est arrêté à Eboli, Paris, Gallimard, 1945.
  • [11]
    Difficile de résister à un retour sur Naples pour alimenter la métaphore, via Toledo, au premier étage du Banco di Napoli, où est exposé Le martyre de Sainte Ursule : le tableau respire la sensibilité toute napolitaine du génial Caravage, avec cette combinatoire picturale si particulière de la puissance de la lumière et de l’obscurité.
  • [12]
    Hormis l’approche classique sur les fondations représentatives de la démocratie [Manin, 1996] et les controverses récentes liées à l’embellie des dispositifs participatifs [Blondiaux, 2008].

Si la notion de « gouvernance territoriale » est abondamment utilisée depuis quelques années dans les cercles savants pour qualifier les évolutions de l’action publique et des gouvernements locaux à l’échelon des régions et des métropoles, il faut reconnaître que l’usage de la formule entraîne bien des ambiguïtés sur les possibles changements qu’elle est censée expliquer ou incarner. L’ambiguïté la plus évidente est de nature linguistique : le terme possède des assonances trompeuses tant la gouvernance évoque inconsciemment des ressorts collectifs vertueux, une forme de douceur pluraliste qui pourrait faire oublier le sang, les larmes et la sueur des joutes politiques chers à Winston Churchill. Une autre ambiguïté est d’ordre plus académique : l’entrée par la gouvernance favorise certes des dialogues interdisciplinaires inédits mais elle débouche, dans l’élan de ces décloisonnements des savoirs, sur une évidence fort discutable : l’idée que l’État et les institutions restent immuablement au centre des dynamiques sociopolitiques contemporaines. Une autre ambiguïté provient encore du silence qui accompagne la notion sur ses composantes identitaires : sans doute par crainte de souffler sur les braises de la célèbre (et controversée) thèse culturaliste du sociologue Robert Putnam concernant le rendement institutionnel comparé des territoires [Putnam, 1993], la plupart des analystes pensent la gouvernance en se tenant à bonne distance des travaux consacrés à l’épaisseur sociohistorique des sociétés locales et aux particularismes sociopolitiques infranationaux…


Date de mise en ligne : 09/01/2020

https://doi.org/10.3917/dec.baron.2011.01.0207

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