Chapitre 1. Les conditions mouvementées d'apparition d'une nouvelle offre politique locale
- Par Catherine Perron
Pages 45 à 87
Citer ce chapitre
- PERRON, Catherine,
- Perron, Catherine.
- Perron, C.
Citer ce chapitre
- Perron, C.
- Perron, Catherine.
- PERRON, Catherine,
Notes
-
[1]
On peut lire le récit détaillé de cet épisode par l’intéressé dans l’ouvrage de Bahr E., 1990, p. 124-129.
-
[2]
À Dresde, le Nouveau Forum n’aura de ce fait jamais l’importance qu’il a ailleurs, le Groupe des 20 assurant cette fonction de rassembleur.
-
[3]
Le processus de conciliation (Konziliarer Proze?) est un mouvement parti de Dresde au milieu des années 1980. Il s’agissait d’un appel lancé aux Églises de rda, de rfa et d’Europe de l’Ouest à lutter pour le maintien de la paix, de la création et pour la justice.
-
[4]
Flach, 1995, p. 92-100.
-
[5]
Déclaration de principe de la Fraction démocratique de base de l’assemblée municipale de Dresde (ma traduction).
-
[6]
Seule la manifestation du 4 novembre 1989 a rassemblé plus de 20 000 personnes. Pourtant, depuis début septembre, diverses initiatives avaient été prises : le 7 octobre 1989 200 sympathisants du Nouveau Forum ont manifesté dans le centre de Potsdam, puis à nouveau à peu près le même nombre le 21 octobre. Celles qui suivent après le 4 novembre comprennent à peine quelques milliers de citoyens.
-
[7]
L’ouverture du Mur le 9 novembre 1989 marque l’épilogue du règne sans partage des communistes en rda. Le 20 décembre la situation avait encore beaucoup évolué. La mention du rôle dirigeant du parti avait été rayée de la Constitution dès le 1er décembre, le sed s’était choisi le 8 décembre 1989 un nouveau chef en la personne de Gregor Gysi, et l’unification des deux Allemagne commençait à être de plus en plus fréquemment évoquée.
-
[8]
Rapport du Groupe de travail pour l’accroissement de l’autorité du conseil municipal de Potsdam et la démocratie socialiste, du 20 décembre 1989 (ma traduction).
-
[9]
Le 6 novembre 1989, une deuxième manifestation a bien eu lieu, mais la participation y fut nettement plus faible, et le 4 décembre une troisième manifestation fut organisée qui tourna à l’échec, faute de participants.
-
[10]
Quelque 30 km seulement séparent Kladno de Prague.
-
[11]
Les aciéries Poldi furent fondées en 1889 par Karl Wittgenstein (qui les baptisa du nom de sa femme Léopoldine). Fleuron de l’industrie lourde tchécoslovaque sous le communisme, elles employaient 20 000 personnes dans les années 1980.
-
[12]
Un petit nombre de dissidents existait pourtant depuis plus longtemps, notamment au sein des usines Škoda, qui étaient un foyer d’opposition depuis 1953.
-
[13]
Si l’on se réfère aux informations données par Miroslav Van?k (1991, p. 94) à propos du nombre d’opposants actifs, la Charte 77 aurait compté 6 membres, Obroda entre 8 et 12, Hnutí za Ob?anskou Svobodu 6, Demokcratická initiativa 3 et le Sdružení T. G. Masaryka 3.
-
[14]
Le 18-19 décembre 1989 tombait un week-end. De nombreux étudiants étaient rentrés dans leurs familles. Ce n’est donc que le dimanche 19 novembre au soir, au retour des étudiants dans les cités universitaires, que l’agitation a commencé à se propager.
-
[15]
Contrairement à la Charte 77, l’Initiative démocratique était passée depuis quelque temps déjà à une forme d’opposition plus ouvertement politique. Elle avait décidé dès septembre 1989 de se transformer en parti politique et demandé son enregistrement (qui lui fut naturellement refusé).
-
[16]
La Révolution de velours fut tardive. Dans le mouvement de dominos centre-européen, il s’agit du dernier pays à basculer dans la contestation. Au moment où l’histoire se remet en marche en Tchécoslovaquie, les Polonais ont déjà tenu des élections semi-libres. En Allemagne de l’Est, Honecker a quitté le pouvoir, le Mur de Berlin est tombé et surtout des manifestations de masse ont eu lieu dans tout le pays sans que les chars soviétiques ne soient intervenus pour les réprimer. Les Tchèques et plus particulièrement les habitants de Plze?, qui reçoivent les chaînes ouest-allemandes, sont au courant de ces événements et conscients de l’isolement croissant de leur régime. La stratégie des révolutionnaires tchèques prendra par conséquent un tour plus radical que celle des Allemands de l’Est.
-
[17]
La table ronde locale rassemblait à la fois le maire, un représentant du parti communiste, des représentants du fc et des nouvelles forces politiques. Elle siégera une première fois le 26 novembre 1989, une deuxième fois le 29 novembre 1989, puis une troisième fois le 1er décembre 1989, etc.
-
[18]
Olomouc était un centre religieux historique important et abritait un séminaire théologique renommé.
-
[19]
Formellement, il fut convenu qu’une session plénière du comité de ville serait convoquée, au cours de laquelle cette démission serait annoncée. Il revenait alors à l’assemblée d’élire un nouveau bureau parmi ses membres, sur recommandation du fc.
-
[20]
Ce nouveau bureau devait compter trois membres du ?ss, trois membres du ?sl, trois membres du ks? et six indépendants. Le ?ss renonça à l’un de ses sièges qui fut proposé à un sans-parti.
-
[21]
Konvi?ka, Kavan, 1994, p. 160-176.
-
[22]
Hirschman, 1970.
-
[23]
Ici est utilisé le terme tchèque de ve?ejnost qui recouvre la même signification que le terme allemand de Öffentlichkeit, généralement traduit en français par « public » ou « opinion publique ».
-
[24]
Otáhal, Sládek, 1990, p. 47.
-
[25]
lbid, p. 553 (ma traduction).
-
[26]
Lowit, 1979, p. 447 et suivantes.
-
[27]
Suckgut, in Weber (éd.), 1994, p. 99-198.
-
[28]
La question de l’hébergement des mouvements civiques et de leurs centres de coordination s’est rapidement posée dans toutes les villes. Ces derniers réclamaient non seulement des locaux, mais aussi du matériel de bureau : machines à écrire, téléphones, fax, copieurs. À Plze? et à Hoyerswerda, le parti communiste leur proposa de les héberger dans ses propres locaux, ce qui s’apparentait trop à une tentative de récupération et fut poliment mais fermement refusé par les mouvements civiques.
-
[29]
Georges Mink et Jean-Charles Szurek (1999, p. 44-45) font remarquer cela à propos de la table ronde centrale tchèque. Ils notent qu’à la différence des autres tables rondes centre-européennes (polonaise et hongroise) « le contenu de la Table ronde [tchécoslovaque] n’a aucune importance ».
-
[30]
Preuss, in Elster, 1996.
-
[31]
Probst, in gsfp, 1994, p. 87.
-
[32]
Litovel est une commune voisine d’Olomouc.
-
[33]
Ces citations sont extraites des différents articles, lettres de lecteurs et communiqués des organes du parti communiste de la Pravda de Plze? et de Stráž Lidu d’Olomouc du 21 au 27 novembre 1989.
-
[34]
La direction du parti communiste avait pris la peine de saluer la décision du pc chinois.
-
[35]
Plus de 50 000 personnes manifestent à Olomouc (soit la moitié de la population de la ville), 22 000 à Kladno, et 50 000 à Plze?.
-
[36]
Cf. Rapport de la direction du sed de la ville de Dresde sur l’accomplissement des devoirs fixés par les 7e et 8e sessions du Comité central, Archives du pds, Dresde.
-
[37]
Il s’agit notamment des appels : « Pour une gauche unie » lancé le 4 septembre, « Aufbruch 89 » du Nouveau Forum ou celui de l’Éveil démocratique.
-
[38]
Cf. Rapport du secrétariat sur la 8e session de la direction du sed de la ville de Dresde, le 23 octobre 1989, Archives pds, Dresde (ma traduction).
-
[39]
Cf. Discours de clôture du premier secrétaire de la ville de Dresde, Werner Moke, en annexe du Rapport du secrétariat sur la 8e session de la direction du sed de la ville de Dresde, le 23 octobre 1989, Archives du pds, Dresde (ma traduction).
-
[40]
Cf. sed – Direction de la ville de Dresde –, « Information sur la situation politique actuelle », du 1er décembre 1989, Archives du pds, Dresde.
Quelle a été la stratégie des acteurs de la pluralisation face à un parti communiste qui s’était forgé un système lui assurant à la fois le contrôle total du recrutement politique, l’accès aux positions influentes et le monopole du pouvoir ? De quelle manière les groupes faibles et peu organisés de l’opposition ont-ils pu remettre en cause ce monopole ? Quelle a été la nature des interactions entre pouvoir et opposition ? Quels instruments ont été employés par ceux qui revendiquaient un changement ? Et pour finir, quelle est l’origine de la diversification de l’offre politique ?
Autant de questions auxquelles l’analyse du déroulement des mouvements de l’automne 1989 dans les trois villes tchèques (Plze?, Kladno et Olomouc) et les trois villes est-allemandes (Dresde, Hoyerswerda et Potsdam) permettra de répondre, l’objectif étant de mettre en lumière le biais par lequel s’est opérée la pluralisation politique indispensable à la démocratisation.Le dialogue au cœur des revendications. – À Dresde les premières manifestations publiques de mécontentement furent précoces. Le début du mouvement remonte au 4 octobre 1989, date à laquelle des émeutes se sont produites autour de la gare où quelques milliers de volontaires au départ (Ausreisewillige) attendaient les trains en provenance de Prague, menant les Allemands de l’Est réfugiés à l’ambassade ouest-allemande de Prague vers la rfa. Après trois nuits de violences, le 8 octobre 1989, lors d’une manifestation plus importante que les autres, le vicaire catholique s’interpose entre le…
Date de mise en ligne : 01/07/2014
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
26,50 €
Acheter ce chapitre
6,00 €