Peur et rumeur : le cas du supervirus H5N1
Pages 117 à 136
Citer ce chapitre
- PACOTTE, Florian,
- DELOUVÉE, Sylvain
- et RATEAU, Patrick,
- DELOUVÉE, Sylvain,
- RATEAU, Patrick
- et ROUQUETTE, Michel-Louis,
- Pacotte, Florian.,
- et al.
- Pacotte, F.,
- Delouvée, S.
- et Rateau, P.
- S. Delouvée,
- P. Rateau
- et M. Rouquette
https://doi.org/10.3917/eres.delou.2013.01.0117
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- Pacotte, F.,
- Delouvée, S.
- et Rateau, P.
- S. Delouvée,
- P. Rateau
- et M. Rouquette
- Pacotte, Florian.,
- et al.
- PACOTTE, Florian,
- DELOUVÉE, Sylvain
- et RATEAU, Patrick,
- DELOUVÉE, Sylvain,
- RATEAU, Patrick
- et ROUQUETTE, Michel-Louis,
https://doi.org/10.3917/eres.delou.2013.01.0117
Notes
-
[*]
Florian Pacotte, doctorant en psychologie sociale.
-
[**]
Sylvain Delouvée, maître de conférences en psychologie sociale.
-
[***]
Patrick Rateau, professeur des universités en psychologie sociale.
-
[1]
Influenza di freddo.
De deux choses l’une. Soit l’individu humain est, par nature, un être logique concret, parfaitement rationnel qui, lorsqu’il s’adonne à des rites superstitieux, propage des rumeurs incroyables ou encore diffuse des chaînes magiques totalement improbables, est fatalement perçu comme inculte, défaillant et limité. Soit il est, tout autant par nature, un être pratique dont les activités de pensée sont tournées vers la gestion du quotidien, telle qu’elle se tisse et se nourrit dans les conversations de tous les jours, les débats entre amis ou l’exposition aux médias mais qui peut être capable de raisonnements parfaitement logiques et rationnels dans le cadre d’un système normatif donné. La première position est celle qui a été adoptée par toute une génération de chercheurs en sciences sociales qui se sont attelés à dresser le catalogue des « biais » et des « erreurs » de jugement et de raisonnement de l’être humain ; « biais » et « erreurs » ne pouvant d’ailleurs être qualifiés comme tels qu’à l’aune d’un canon idéal totalement logique et rationnel. La seconde position, à l’inverse, amène à abandonner le projet d’établir un tel catalogue de manquements et d’inconséquences relativement à la pensée logique rationnelle, pour considérer que la pensée de la gestion quotidienne fait corps et sens et qu’elle possède sa propre logique.
Cette forme de pensée, caractérisée par Rouquette (1973) par le terme de « pensée sociale » (voir aussi Guimelli, 1999 ; Rouquette, 2009 ; Delouvée, 2010) caractérise la pensée naturelle en ce sens qu’elle « prend pour objets privilégiés les “autres”, les relations entre les individus, les thèmes et les croyances du domaine collectif » (p…
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