Chapitre d’ouvrage

Chapitre II. Les ruses du Majestic

Une nouvelle règle du jeu pour les patrons français

Pages 105 à 148

Citer ce chapitre


  • De Rochebrune, R.
  • et Hazera, J.-C.
(2013). Chapitre II. Les ruses du Majestic Une nouvelle règle du jeu pour les patrons français. Les patrons sous l’Occupation (p. 105-148). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/les-patrons-sous-l-occupation--9782738129383-page-105?lang=fr.

  • De Rochebrune, Renaud.
  • et al.
« Chapitre II. Les ruses du Majestic : Une nouvelle règle du jeu pour les patrons français ». Les patrons sous l’Occupation, Odile Jacob, 2013. p.105-148. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-patrons-sous-l-occupation--9782738129383-page-105?lang=fr.

  • DE ROCHEBRUNE, Renaud
  • et HAZERA, Jean-Claude,
2013. Chapitre II. Les ruses du Majestic Une nouvelle règle du jeu pour les patrons français. In : Les patrons sous l’Occupation. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.105-148. URL : https://shs.cairn.info/les-patrons-sous-l-occupation--9782738129383-page-105?lang=fr.

Notes

  • [1]
    À propos des mines de fer, dont nous ne parlons pas en détail dans cet ouvrage, on peut consulter The New Order and The French Economy d’Alan S. Milward (Clarendon Press, 1970).
  • [2]
    Entretien de l’auteur avec A. Terren le 27 mai 1991. On peut cependant noter que l’inactivité relative du secteur n’entraîne pas une absence totale de contacts avec les Allemands. Ainsi les dirigeants du comité d’organisation de l’assurance – Jacques Guérard et Gabriel Cheneaux de Leyritz – négocieront-ils avec leurs homologues allemands au sujet de l’implantation en France d’assureurs d’outre-Rhin pour reprendre les portefeuilles des sociétés britanniques (cf. Philippe Burin, La France à l’heure allemande, Le Seuil, 1995).
  • [3]
    Les négociations franco-allemandes sur le champagne ont été analysées dans un article d’Isabel Boussard paru dans la Revue d’histoire de la Seconde Guerre mondiale (n° 95, juillet 1974). Le Sekt est un vin mousseux allemand.
  • [4]
    Au cœur du Troisième Reich, Fayard, 1971.
  • [5]
    C’est Eberhard Jäckel qui fait référence en la matière (cf. La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968). Hitler, estime-t-il, n’a pas varié par rapport à la doctrine exprimée dans le deuxième volume de Mein Kampf dès 1926. Le nouveau grand objectif colonial de l’Allemagne, dont la population s’accroît chaque année de « neuf cent mille âmes », c’est, pendant l’entre-deux-guerres, la Russie. La Grande-Bretagne représente un danger potentiel dont il faut essayer de se « concilier les bonnes grâces », et la France l’ennemi « mortel » ou « impitoyable », qu’il faut neutraliser pour assurer ses arrières. Mais la revanche n’est plus le but de guerre premier.
  • [6]
    Les conventions signées à La Haye en 1899 et 1907 représentent la forme la plus achevée et la plus large de codification du droit de la guerre. Elles distinguent les combattants et les civils, règlent le traitement des prisonniers de guerres et de blessés, limitent l’usage de certaines armes. Ce sont elles qui précisent les notions de capitulation et d’armistice ainsi que les règles de l’occupation militaire. En matière économique, elles interdisent le pillage, précisent les règles de réquisition et les possibilités de demander une contribution pour l’entretien de l’armée d’occupation.
  • [7]
    Outre celles mentionnées au fil du texte, nous utilisons trois sources principales pour évoquer la personnalité, les idées et les actes du Dr Michel : son « Rapport final », dont la rédaction a meublé ses loisirs entre la libération de la France et la chute finale du Reich (traduction française dans La France intérieure, nos 50 et 51, novembre et décembre 1946, Bibliothèque Nationale, 4-LC2-6691) ; le témoignage écrit en janvier 1950 pour La Vie de la France sous l’Occupation(Hoover Institute, Plon, 1957) ; et un article d’avril 1942 (cf. note 12) pour la presse allemande.
  • [8]
    Entretien avec l’auteur le 7 décembre 1992.
  • [9]
    Tous les témoignages semblent confirmer ce caractère « modéré » de Michel. Par exemple, L. Steinberg dans Les Allemands en France : 1940-1944, Albin Michel, 1980.
  • [10]
    D’après L. Steinberg, op. cit.
  • [11]
    La Vie de la France sous l’Occupation, op. cit.
  • [12]
    La « méthode Goering » l’a emporté d’ailleurs dans certains territoires occupés, comme en Pologne, avec des résultats effectivement très inférieurs – à en croire tous les chiffres connus – en matière de concours apporté à l’économie de guerre allemande.
  • [13]
    Henri Brunschwig, Noirs et Blancs dans l’Afrique noire française, Paris, Flammarion, 1982.
  • [14]
    Une partie des papiers du délégué général aux relations économiques franco-allemandes, conservée aux Archives nationales, est une des sources classiques et utiles sur la période (Archives nationales F3777). On trouve dans ces « papiers Barnaud » la traduction de l’article de Michel paru dans le Berliner Börsen Zeitung du 10 avril 1942, évoqué dans la note 6 ci-avant et cité dans le paragraphe qui suit. Si l’on en croit Yves Bouthillier, ministre des Finances jusqu’en avril 1942, Barnaud protesta contre cet article qui voyait son auteur se vanter d’exploiter au mieux une économie française parfaitement docile (cf. Yves Bouthillier, Finances sous contrainte, Paris, Plon, 1951).
  • [15]
    Cité par E. Jäckel, op. cit.
  • [16]
    L’essentiel des explications données à ce sujet par Lucien Lelong se trouve dans l’enquête sur les « déjeuners de la table ronde » dont nous reparlerons plus loin (Archives nationales, F 12 9559). Sur l’attitude des divers couturiers pendant cette période et l’évolution de leurs créations, on peut lire La Mode sous l’Occupation de Dominique Veillon, Payot, 1990.
  • [17]
    Contribution française à l’économie de guerre allemande, traduction par le commandement en chef français en Allemagne après guerre d’un rapport rédigé au printemps 1944 (Institut d’histoire du temps présent, IHTP).
  • [18]
    Georges Villiers, Témoignages, France Empire, 1978.
  • [19]
    Note de M. Bellier au secrétaire général du ministère de la Production industrielle (dossier spoliations et restitutions, Archives nationales, F12 10104).
  • [20]
    Archives nationales, F12 10104.
  • [21]
    Tonnage important pour un métal rare dont la production mensuelle française, « poussée » par les Allemands, dépassera à peine les vingt-cinq tonnes en 1943.
  • [22]
    Entretien avec Maurice Teillac, cadre de la Générale de Fonderie pendant l’Occupation, le 30 octobre 1993.
  • [23]
    Pour évoquer cet exemple, nous nous appuyons sur le livre rédigé par François Bonal et intitulé Champagne Mumm, un champagne dans l’histoire, Arthaud, 1987.
  • [24]
    Étude sur « la liquidation des opérations économiques et financières effectuées en France après le 18 juin 1940 sous la pression directe ou indirecte de l’occupant », datant semble-t-il du début 1942 (Archives nationales, AJ72 424).
  • [25]
    Les Finances de la France et l’occupation allemande 1940-1944, puf, 1951.
  • [26]
    La traduction de la revue La France intérieure (op. cit.) dit soixante-cinq « milliards », mais il s’agit manifestement d’une coquille.
  • [27]
    La thèse de Michel Margairaz est l’une des sources de référence majeures sur la période : L’État, les finances et l’économie, Histoire d’une conversion, 1932-1942 (Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1991).
  • [28]
    D’après le réquisitoire français au procès de Nuremberg (Le Procès de Nuremberg : l’accusation française, Office français d’édition, 1946), qui évoque cette évaluation de Hemmen.
  • [29]
    Commission d’enquête sur les événements survenus en France de 1933 à 1945.
  • [30]
    Les principaux dossiers économiques du procès de Pierre Laval sont abondamment analysés par Claude Gounelle dans Le Dossier Laval (Paris, Plon, 1969). Nous n’évoquons pas ici le procès de Pétain, car, paradoxalement, on n’y parlera pratiquement pas d’économie ni de finances.
  • [31]
    Ses deux tomes de mémoires sur Le Drame de Vichy,parus chez Plon en 1950 et 1951, font partie des sources essentielles, bien qu’en grande partie subjectives par nature, sur la période.
  • [32]
    Cité notamment à Nuremberg par M. Charles Gerthoffer, procureur français au Tribunal militaire international de Nuremberg.
  • [33]
    Au cœur du Troisième Reich, op. cit.
  • [34]
    Parmi les ouvrages de vulgarisation sur les relations entre la grande industrie allemande et Hitler, on peut citer Les Armes de Krupp, de William Manchester (traduit chez R. Laffont en 1970), et L’IG Farben de Joseph Borkin (traduit aux éditions Alta en 1979). Le plus apprécié aujourd’hui par les historiens est celui de Henry A. Turner (German Big Business and the Rise of Hitler, Oxford University Press, 1985). Mentionnons également les ouvrages de Peter Hayes (Industry and Ideology : IG Farben in the Nazi Era, Cambridge University Press, 1987) et Bernard P. Bellon (Mercedes in Peace and War, Columbia University Press, 1990).
  • [35]
    C’est en tout cas ce qu’explique après guerre à un juge d’instruction Gabriel Le Roy-Ladurie, de la banque Worms (Archives nationales, Z6NL74).
  • [36]
    L’histoire de La Mise au pas culturelle a été écrite sous ce titre par Rita Thalmann (Fayard, 1991). Pour la presse, cf. L’Argent nazi à la conquête de la presse française, de Pierre-Marie Dioudonnet (Paris, Picollec, 1981). Pour l’édition, on peut se référer à l’étude très complète de Pascal Fouché issue de sa thèse (L’Édition française sous l’Occupation, deux tomes, Bibliothèque de littérature française contemporaine, IMEC, 1987).
  • [37]
    Pour Havas, on peut se référer à l’ouvrage d’Antoine Lefébure intitulé Havas, les arcanes du pouvoir (Grasset, 1992).
  • [38]
    On trouve de nombreux éléments sur cette étonnante « affaire » dans un dossier d’instruction de la cour de justice de la Seine (Archives nationales, F12 9563).
  • [39]
    Les séances de la Commission d’armistice des 21 et 22 novembre permettent notamment de bien cerner l’esprit de cette négociation. Une partie des comptes rendus ont été publiés dans les Recueils de documents de la délégation française auprès de la commission d’armistice publiés par le gouvernement français entre 1947 et 1950 (Imprimerie nationale).
  • [40]
    Les industriels concernés avaient pris eux-mêmes dès août 1940, très imprudemment, l’initiative de faire connaître aux Allemands leur désir de participer à d’éventuelles négociations à Wiesbaden sur l’avenir de leur branche, sans doute de peur de subir un simple diktat très défavorable à leurs intérêts. Ce qui ne les empêchera pas de faire porter aux autorités politiques la responsabilité d’avoir cédé aux exigences du Reich…
  • [41]
    Le passage que consacre Robert Aron à Francolor dans son Histoire de l’épuration (Fayard, 1974), inspiré semble-t-il par Joseph Frossard, nous semble spécialement orienté dans cette mauvaise direction, qui met au premier plan l’intérêt militaire de la production.
  • [42]
    L’historien Philippe Burrin (La France à l’heure allemande, Seuil, 1995) a retrouvé dans des notes et des rapports allemands plusieurs confirmations de la prédominance de cet état d’esprit. Il observe que les patrons allemands ne veulent pas communiquer de procédés de fabrication même aux entreprises françaises produisant pour l’outre-Rhin, car ils « craignent de donner une avance à des concurrents pour l’après-guerre quand ils devront eux-mêmes affronter une pénible reconversion ». Dans tous les secteurs, semble-t-il, les industriels allemands « demandent l’abaissement ou l’élimination des obstacles auxquels se heurtent leurs exportations ». Et « un bon nombre réclament, pour asseoir leur avantage, l’interdiction de créer ou d’agrandir des usines et même l’obligation d’en fermer certaines ».
  • [43]
    Des comptes rendus des discussions ont été retrouvés par Michel Margairaz (op. cit.).
  • [44]
    Raconté par lui-même au cours de l’enquête sur les « déjeuners de la table ronde » (Archives nationales, F 12 9559).
  • [45]
    On trouve ce portrait de Hemmen par M. Devinat dans un des ouvrages de Claude Paillat de la série intitulée Dossiers secrets de la France contemporaine (R. Laffont, 1987, t. 6, L’Occupation, « Le pillage de la France : juin 1940-novembre 1942 »).
  • [46]
    Il s’en expliquera après guerre le 28 avril 1948 devant la commission parlementaire chargée d’étudier « les événements survenus en France entre 1937 et 1947 ».
  • [47]
    D’après Robert Aron (Histoire de l’épuration, op. cit.), M. Allier est ingénieur d’État et président de la sous-commission des Industries de Guerre.
  • [48]
    Cf. le chapitre 5 du livre II.
  • [49]
    Du secrétariat de la CGT au gouvernement de Vichy, Mémoires, 1933-1942, Éditions Albatros, 1978.
  • [50]
    À propos des commandes allemandes et de la politique de Vichy en matière de matériels aéronautiques, on trouvera des détails ainsi que des références à des sources disponibles au début du chapitre 7, où il est question du cas du fabricant de moteurs d’avions Hispano-Suiza. L’article de l’historien américain Peter F. Klemm sur « La production aéronautique française de 1940 à 1942 », fondé en grande partie sur les archives allemandes, est particulièrement documenté (Revue d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 107, 1977).
  • [51]
    En dehors des comptes rendus des réunions de la Commission d’armistice, nous nous appuyons pour évoquer ces contacts sur le livre de A. Milward (op. cit.) et sur les comptes rendus de discussions retrouvés par Michel Margairaz (op. cit.).
  • [52]
    Cf. Alan Milward, op. cit.
  • [53]
    Souvenir de Gérard Pinot, répartiteur adjoint des fers, fontes et aciers. Entretien avec l’auteur le 1er juillet 1993.
  • [54]
    Pratique évoquée dans une note, postérieure à la Libération, de l’ingénieur chargé de la direction des carburants au ministère de l’Industrie (Archives nationales, F12 10102).
  • [55]
    Pour ces documents et ce rapport sur « les méthodes employées par l’administration militaire allemande en France » demandée par la délégation économique et financière auprès de la mission militaire pour les affaires allemandes, cf. Archives nationales, F12 10102.
  • [56]
    Alfred Sauvy, La Vie économique des Français de 1939 à 1945, Flammarion, 1978.
  • [57]
    Témoignage dans La Vie de la France sous l’Occupation, op. cit.
  • [58]
    L’enquête « Table ronde » est détaillée dans les dossiers des Archives nationales F 12 9559. Le rôle de Schaeffer apparaît lors d’un interrogatoire (Archives nationales, F 12 9569).
  • [59]
    Cf. Jacques de Fouchier, Le Goût de l’improbable, Fayard, 1984.
  • [60]
    Audition les 2 et 9 mai 1950 devant la Commission parlementaire chargée d’enquêter sur « les événements survenus en France entre 1937 et 1944 ».
  • [61]
    L’épisode sera évoqué par Laval lors de son procès, mais aussi par Barnaud en 1950 devant la commission parlementaire sur « les événements survenus en France entre 1937 et 1944 ».
  • [62]
    Barnaud en parle devant la commission parlementaire qui l’interroge en 1950. L’existence de bureaux d’embauche officiels dans les territoires occupés dès 1940 est également évoquée dans le texte détaillant « l’accusation française » au procès de Nuremberg (op. cit.).
  • [63]
    Ibid.
  • [64]
    Dès septembre 1939, la nécessité de faire tourner à plein les industries travaillant pour la défense nationale avait conduit le gouvernement français à redonner la possibilité aux industriels de fixer des horaires de soixante heures par semaine. Après l’armistice, les horaires avaient évidemment fortement diminué.
  • [65]
    Ibid.
  • [66]
    D’après le recoupement des sources allemandes et françaises par Claude Gounelle, op. cit.
  • [67]
    René Bousquet, l’ancien secrétaire général à la Police, accusera même Bichelonne, le ministre de la Production industrielle, d’avoir poussé Laval « dans les affaires de réquisition de main-d’œuvre et d’avoir traité celle-ci comme du matériel humain que l’on cède au numéro ou au poids » (cf. La Vie de la France sous l’Occupation, op. cit.).
  • [68]
    Cette correspondance se trouve dans les dossiers du ministère de la Production industrielle (Archives nationales, F12 10639).
  • [69]
    Les chiffres des départs réclamés par Sauckel à Laval au printemps 1942 apparaissent dans une lettre du Dr Michel datée de fin août 1942 (cf. Le Procès de Nuremberg : l’accusation française, op. cit.).
  • [70]
    François Marcot, « Les ouvriers, le patronat et l’État », in Les Ouvriers en France pendant la Seconde Guerre mondiale,(ouvrage collectif, Paris I-IHTP, 1993).
  • [71]
    Puzenat étant contrôlé par la maison Worms, on trouve ce témoignage dans le dossier d’instruction visant les dirigeants de cette maison après guerre (Archives nationales, Z6NL74).
  • [72]
    Lors de son procès en octobre 1946 devant la cour de justice de Nancy (Archives nationales, 334AP20).
  • [73]
    Henri Amouroux, La Vie des Français sous l’Occupation, Fayard, 1961.
  • [74]
    Voir le chapitre 5 du livre II pour plus de détails.
  • [75]
    Interrogatoire de Helmut Knochen, dirigeant des SS en France, à Nuremberg (cité dans Le Dossier Laval, op. cit.).
  • [76]
    La fourchette pour le volontariat oscille entre les 43 000 départs « avoués » par Barnaud, qui tient à minimiser ce qui s’est passé avant sa démission, et les 185 000 du Dr Michel, qui tient à maximiser ce qu’il a obtenu avant Sauckel. On peut considérer comme très probable, notamment en interprétant des déclarations de Sauckel après guerre (cf. Le Procès de Nuremberg : l’accusation française, op. cit.) le chiffre de cent mille. Le chiffre de 900 000 travailleurs en Allemagne est avancé par le Dr Michel, mais il paraît corroboré par les calculs de la Commission des dommages et réparations – si l’on additionne les Français partis outre-Rhin après juin 1942 et les prisonniers « transformés » en travailleurs (un peu moins de 200 000).
  • [77]
    Cf. Le Procès de Nuremberg : l’accusation française, op. cit.
  • [78]
    Jacques Benoist-Méchin, De la défaite au désastre, Albin Michel, 1984-1985.
  • [79]
    Cf. Le Procès de Nuremberg : l’accusation française, op. cit.
  • [80]
    D’après Alan S. Milward, qui étudie cet épisode en détail dans The New Order and the French Economy (op. cit.).
  • [81]
    Avant l’invention de ce label, les usines travaillant pour l’armement de l’Allemagne étaient déjà protégées par les appellations Rüstungsbetriebe (usines d’armement) et V-Betriebe (Vorzugsbetriebe, soit « usines privilégiées »).
  • [82]
    Estimation de Michel.

À la seule lecture de la saga des Berliet pendant l’Occupation, on peut imaginer le trouble qui a dû être celui de beaucoup de patrons lorsque, à partir de l’été 1940, ils ont découvert les nouvelles contraintes imposées par les Allemands ou par Vichy pour réguler leur activité : la ligne de démarcation, la réquisition de certaines usines, les commissaires allemands, les comités d’organisation, le rationnement des matières premières, le service du travail obligatoire (STO), etc. Avant d’aller plus loin, il convient de rendre ces règles un peu plus intelligibles. Et pour ce faire de mieux comprendre, d’une part, ce que voulait ce nouveau client envahissant qu’était l’occupant et, d’autre part, comment l’administration de Vichy, tout en acceptant rapidement le principe de la collaboration économique, a essayé de s’interposer pour contrôler les relations des entreprises françaises avec les Allemands.
Qu’il soit bien entendu que tous les patrons n’affrontent pas la même situation. Pour une simple raison géographique, tout d’abord. Comme nous l’avons constaté chez Berliet, un groupe peut voir ses installations réquisitionnées par les Allemands en zone occupée et être à l’abri de ce danger en zone non occupée. Les entreprises exploitant le minerai de fer de Lorraine et celles qui extraient la bauxite du Midi, deux matières premières également précieuses pour le Reich, sont ainsi traitées de manière très différente. La Lorraine étant annexée de fait au territoire allemand, les mines de fer subissent dès le début de l’Occupation un contrôle direct et sont rapidement placées sous l’autorité d’un commissaire général résidant à Met…


Date de mise en ligne : 27/09/2022

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