Notes
Pages 363 à 405
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- VENAYRE, Sylvain,
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Introduction
1 1. Georges Duby (dir.), Histoire de la France, Paris, Larousse, 1970-1971, 3 vol. ; Jean Favier (dir.), Histoire de France, Paris, Fayard, 1984-1988, 6 vol. ; Maurice Agulhon, Georges Duby, François Furet et Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire de France, Paris, Hachette, 1987-1992, 5 vol. ; André Burguière et Jacques Revel (dir.), Histoire de la France, Paris, Seuil, 1989, 5 vol.
2 2. Joël Cornette (dir.), Histoire de France, Paris, Belin, 2011, 13 vol.
3 3. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France [1827], éd. A. Déruelle, Paris, Classiques Garnier, 2012 ; Jules Michelet, Histoire de France [1833-1869], éd. Paule Petitier et Paul Viallaneix, Sainte-Marguerite-sur-Mer, Éditions des Équateurs, 2008-2009, 17 vol. ; Edgar Quinet, Philosophie de l’histoire de France [1855], postface de J.-M. Rey, Paris, Payot, 2009 ; François Hartog, Le xixe Siècle et l’Histoire. Le cas Fustel de Coulanges, Paris, Seuil, 2001 ; Ernest Lavisse (dir.), Histoire de France [1901-1911], préface de Pierre Nora, Éditions des Équateurs, 2009-2011, 27 vol. ; Jacques Bainville, Histoire de France [1924], préface d’Antoine Prost, Paris, Tallandier, 2007.
4 4. Les travaux se sont multipliés à ce propos depuis le succès fondateur des Lieux de mémoire, dirigés par Pierre Nora (Paris, Gallimard, 1984-1992, 9 vol.). Voir la synthèse de Laurent Avezou, Raconter la France. Histoire d’une histoire, Paris, Armand Colin, 2008.
5 5. Notons dès maintenant que l’historien Fernand Braudel a été l’auteur le plus fréquemment cité lors du débat parlementaire sur l’identité nationale.
6 6. Contrairement à une idée répandue, en effet, la notion d’identité nationale ne date pas des années 1980. Elle est attestée dès les alentours de 1830 dans l’œuvre de bien des auteurs dont il sera question ici, à commencer par Augustin Thierry (Lettres sur l’histoire de France [1827], Paris, Sautelet, 1829, p. 237) et Louis de Carné (Vues sur l’histoire contemporaine, t. I, Paris, Paulin, 1833, p. 223), cités en exergue.
7 7. Sur l’histoire longue du problème des origines de la France, voir Karl-Ferdinand Werner, « Origines et conscience historique », in J. Favier (dir.), Histoire de France, op. cit., t. I [1984], p. 19-46 ; André Burguière, « L’historiographie des origines de la France. Genèse d’un imaginaire national », Annales. Histoire, Sciences sociales, 2003/1, p. 41-62 ; et Claude Nicolet, La Fabrique d’une nation. La France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2003, p. 15-106.
8 8. Ce travail a été grandement facilité par l’existence de nombreux travaux d’historiographie publiés depuis une vingtaine d’années. Pour quelques synthèses utiles, voir Guy Bourdé et Hervé Martin, Les Écoles historiques, Paris, Seuil, 1983 ; André Burguière (dir.), Dictionnaire des sciences historiques, Paris, PUF, 1986 ; Antoine Prost, Douze Leçons sur l’histoire, Paris, Seuil, 1996 ; Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia, Les Courants historiques en France. xixe-xxe siècle, Paris, Armand Colin, 1999 ; Marie-Paule Caire-Jabinet, L’Histoire en France du Moyen Âge à nos jours, Paris, Flammarion, 2002 ; Véronique Sales (dir.), Les Historiens, Paris, Armand Colin, 2003 ; Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.), Historiographies, Paris, Gallimard, 2010, 2 vol.
Chapitre I. À la recherche du « fil d’Ariane ». Les premiers systèmes
9 9. Marcel Gauchet, « Les Lettres sur l’histoire de France d’Augustin Thierry », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol. 2, t. I, Paris, Gallimard, 1986, p. 268.
10 10. André Burguière, « L’historiographie des origines de la France », op. cit., p. 50.
11 11. Claude Nicolet, La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 109.
12 12. Je n’ignore pas que les travaux sur l’historiographie du xixe siècle commencent tous par Augustin Thierry. Mais ce choix étrange s’effectue au mépris de la chronologie : après tout, Montlosier était avant les Lettres sur l’histoire de France.
13 13. Outre les souvenirs de Montlosier, voir le livre de l’abbé Joseph Brugerette, Le Comte de Montlosier et son temps, Aurillac, Imprimerie moderne, 1931.
14 14. Parmi quelques exceptions, voir Marie-France Piguet, Classe. Histoire du mot et Genèse du concept des Physiocrates aux historiens de la Restauration, Lyon, PUL, 1996.
15 15. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France [1840], Récits des temps mérovingiens, t. I, Paris, Tessier, 1842, p. 187.
16 16. Prosper de Barante, Notice sur la vie et les ouvrages de M. le comte de Montlosier, Clermont-Ferrand, Thibaut-Landriot, 1842, p. 6.
17 17. Ibid., p. 12.
18 18. Ibid., p. 11.
19 19. Comte de Montlosier, De la monarchie française depuis son établissement jusqu’à nos jours, t. I, Paris, Nicolle, 1814, p. vi. Je souligne.
20 20. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 186.
21 21. Prosper de Barante, Notice sur la vie et les ouvrages de M. le comte de Montlosier, op. cit., p. 20.
22 22. Montlosier le fit néanmoins suivre d’un opportun Supplément sur le gouvernement de Buonaparte, depuis ses commencements jusqu’à sa chute, et sur le retour de la maison de Bourbon.
23 23. François-René de Chateaubriand, Études historiques [1831], Œuvres complètes, t. IV, Paris, Pourrat frères, 1836-1839, p. 56.
24 24. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 208.
25 25. Cité dans Claude Nicolet (La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 58), à qui les paragraphes suivants doivent beaucoup.
26 26. Ibid., p. 76.
27 27. Ibid., p. 73. Sur Boulainvilliers, voir Harold A. Ellis, Boulainvilliers and the French Monarchy. Aristocratic Politics in Early Eighteenth Century France, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 1988 ; et Olivier Tholozan, Henri de Boulainvilliers. L’anti-absolutisme aristocratique légitimé par l’histoire, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 1999.
28 28. La seconde moitié du xxe siècle exagéra encore cette simplification de la pensée de Boulainvilliers en faisant de celui-ci l’ancêtre ou, pour le dire comme Claude Nicolet, « l’archégète » du racisme contemporain (La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 86). Voir André Devyver, Le Sang épuré. Les préjugés de race chez les gentilshommes français de l’Ancien Régime (1560-1720), Bruxelles, Éd. de l’université libre de Bruxelles, 1973. Je reviendrai sur ces questions de race dans les chapitres III et X.
29 29. Montesquieu, De l’esprit des lois [1748], liv. XXVIII, chapitre iii.
30 30. Outre Claude Nicolet, voir Chantal Grell, Le Dix-Huitième Siècle et l’Antiquité en France, Oxford, Voltaire Foundation, 1995 ; et Michael Keith Baker, Au tribunal de l’opinion. Essais sur l’imaginaire politique au xviiie siècle [1990], Paris, Payot, 1993.
31 31. François Guizot, Essais sur l’histoire de France. Pour servir de complément aux Observations sur l’histoire de France de l’abbé de Mably [1823], Paris, 1836, p. vi.
32 32. L’édition définitive des Observations sur la France, augmentée des « Remarques et preuves », fut publiée, à titre posthume, en 1788.
33 33. Emmanuel Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le tiers état ? [1789], Paris, Éditions du Boucher, 2002, p. 8. C’est Sieyès qui souligne.
34 34. « L’ancienneté d’une loi ne prouve autre chose, sinon qu’elle est ancienne. On s’appuie de notre histoire ; mais notre histoire n’est pas notre code. Nous devons nous défier de la manie de prouver ce qui doit se faire, par ce qui s’est fait, car c’est précisément de ce qui s’est fait que nous nous plaignons. » (Considérations sur les intérêts du tiers état, adressées au peuple des provinces, par un propriétaire foncier, s.l., 1788, p. 13.)
35 35. À l’Institut, on poursuivait ainsi le travail des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur (Historiens des Gaules, Ordonnances des rois de France, Histoire littéraire de la France) ; dans le Midi de la France, Louis-Aubin Millin se livrait à des recherches archéologiques ; à Paris, Alexandre Lenoir créait le Musée des monuments français ; Lacretelle et Michaud commençaient leurs travaux sur la Révolution et les croisades ; Anquetil publiait son Histoire de France, commencée des décennies auparavant, etc. Aucun de ces auteurs, toutefois, ne se proposait d’expliquer le mystère des origines de la France. En ce domaine, la seule exception réside dans le mouvement des études celtiques, sur lequel je reviendrai au chapitre ix.
36 36. « Nous avons considéré que, bien que l’autorité tout entière résidât en France dans la personne du roi, ses prédécesseurs n’avaient point hésité à en modifier l’exercice, suivant la différence des temps ; que c’est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros […]. » (Préambule de la Charte constitutionnelle du 6 juin 1814.)
37 37. Ibid.
38 38. Napoléon reprit la référence, lors des Cent Jours, avec le décret du 13 mars 1815. Celui-ci dissolvait la Chambre des pairs et la Chambre des députés et convoquait à son tour une improbable « Assemblée extraordinaire du Champ de Mai », réunissant les collèges électoraux des départements de l’empire.
39 39. Montlosier, op. cit., t. I, p. 78.
40 40. Ibid., p. 99. Je souligne.
41 41. Ibid., p. 13.
42 42. Ibid., p. 23.
43 43. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 215, note 1.
44 44. Montlosier, De la monarchie française depuis son établissement jusqu’à nos jours, op. cit., p. 136.
45 45. Ibid., p. 163-164.
46 46. Prosper de Barante, Notice sur la vie et les ouvrages de M. le comte de Montlosier, op. cit., p. 19.
47 47. Camille Jullian, Extraits des historiens français du xixe siècle, Paris, Hachette, 1897, p. xiv. C’est Jullian qui souligne.
48 48. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 226.
Chapitre II. L’école libérale et la généalogie de la famille nationale
49 49. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France. Pour servir d’introduction à l’étude de cette histoire [1827], 7e éd., Paris, Tessier, 1842, p. 77. Dans l’édition de 1827, ces considérations correspondent aux lettres III et VI.
50 50. Ibid., p. 76.
51 51. Sur la vie d’Augustin Thierry, voir Anne Denieul-Cormier, Augustin Thierry. L’histoire autrement, Paris, Publisud, 1996.
52 52. Augustin Thierry, Dix ans d’études historiques, Paris, Tessier, 1835, p. xvi.
53 53. Le « Pensionnat normal », fondé par Napoléon.
54 54. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 224.
55 55. Sur cette question, voir Rulon Nethi Smithson, Augustin Thierry. Social and Political Consciousness in the Evolution of a Historical Method, Genève, Droz, 1973.
56 56. Par la suite, neuf éditions successives parurent, régulièrement corrigées par l’auteur. Comme on aura l’occasion de le constater, ces réécritures ne facilitent pas notre tâche. Voir à ce sujet la mise au point d’Aude Déruelle dans son introduction à l’édition de 1827 des Lettres sur l’Histoire de France (Paris, Classiques Garnier, 2012, p. 14 et suiv.).
57 57. Voir les chapitres V et VI.
58 58. Augustin Thierry, « Commentaire sur De l’esprit des lois de Montesquieu », Le Censeur européen, t. VII, 1818, p. 251-252 (Thierry a repris une partie du texte, sans titre et avec quelques modifications, dans Dix ans d’études historiques, op. cit., p. vi-vii).
59 59. « Existe-t-il une histoire de France qui reproduise avec exactitude les idées, les sentiments, les mœurs des hommes qui nous ont transmis le nom que nous portons, et dont la destinée a préparé la nôtre ? Je ne le pense pas. » (Lettres sur l’histoire de France, éd. A. Déruelle, op. cit., p. 64.) Rappelons que les Lettres sur l’histoire de France étaient significativement sous-titrées : « Pour servir d’introduction à l’étude de cette histoire ».
60 60. Emmanuel Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le tiers état ?, op. cit., p. 8.
61 61. Augustin Thierry, « Commentaire… », op. cit., p. 252.
62 62. Id., Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 227.
63 63. Id., « Commentaire… », op. cit., p. 252.
64 64. « 27 juin 1789. Bailly avait dit à la séance du 25 juin : “Nous disions, en recevant messieurs du clergé, qu’il nous restait des vœux à former, qu’il manquait des frères à cette auguste famille ; oui, Messieurs, ce qui nous manque nous sera rendu, tous nos frères viendront ici.” À celle du 27, il dit : “Nous possédions l’ordre du clergé, nous possédons aujourd’hui l’ordre entier de la noblesse ; ce jour sera célébré dans nos fastes, il rend la famille complète.” (Moniteur universel.) » (Cité in Augustin Thierry, Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du tiers état [1853], Œuvres complètes, t. IX, Paris, Furne, 1851-1884, p. vi.) Sur les représentations de la famille sous la Révolution, voir Lynn Hunt, Le Roman familial de la Révolution française [1992], Paris, Albin Michel, 1995.
65 65. Voir Gilles Malandain, L’Introuvable Complot. Attentat, enquête et rumeur dans la France de la Restauration, Paris, Éd. de l’EHESS, 2011.
66 66. Augustin Thierry, « Sur l’antipathie de race qui divise la nation française » [1820], Œuvres, Bruxelles, Société belge de librairie Hauman et Cie, 1839, p. 631.
67 67. Ibid., p. 632.
68 68. Ibid., p. 633.
69 69. Sur celui-ci, voir Pierre Rosanvallon, Le Moment Guizot, Paris, Gallimard, 1985 ; et Laurent Theis, François Guizot, Paris, Fayard, 2009.
70 70. Par « histoire moderne », on entendait alors toute l’histoire, à l’exclusion de celle de l’Antiquité.
71 71. François Guizot, Du gouvernement de la France depuis la Restauration, 3e éd., Paris, Ladvocat, 1821, p. vi.
72 72. Ibid., p. vii.
73 73. Ibid., p. xvii.
74 74. Ibid., p. 206.
75 75. Ibid., p. 7.
76 76. En 1840, Thierry reconnaissait ainsi avoir été « l’un de ceux qui, vers 1820, firent de la polémique sociale avec l’antagonisme des Franks et des Gaulois » (Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 224).
77 77. L’expression n’apparaît pas dans la première édition des Lettres, en 1827. On la trouve en revanche dans l’édition de 1842 (op. cit., p. 17).
78 78. Ibid. Cette fois, une formule approchante était présente dès l’édition de 1827 (« C’est mettre en oubli la mémoire du plus grand nombre de nos ancêtres » : voir l’édition d’A. Déruelle, op. cit., p. 67).
79 79. Ibid. Là encore, l’expression ne se trouve pas dans l’édition de 1827.
80 80. Jean Simonde de Sismondi, Histoire des Français, t. I, Paris, Treuttel et Würtz, 1821, prospectus, non paginé.
81 81. Ibid.
82 82. François Guizot, Histoire de la civilisation en France depuis la chute de l’Empire romain, t. I, Paris, Didier, 1840, p. 33.
83 83. François-René de Chateaubriand, Études historiques [1831], Œuvres complètes, t. IV, Paris, Pourrat frères, 1836-1839, p. 66. Chateaubriand était toutefois assez confus. Il prenait bien acte de l’existence d’une nouvelle « école moderne historique ». Mais il divisait cette « école » en deux ou trois « systèmes ». Il y avait, d’une part, le « système de l’histoire descriptive », dont le fondateur était Barante, et d’autre part le « système fataliste » dont les chefs étaient Thiers et Mignet. Mais il y avait aussi les « systèmes » de l’histoire philosophique, de l’histoire particulière et de l’histoire générale : Chateaubriand voulait croire que « la perfection serait de marier les trois systèmes ». Les typologies alambiquées de Chateaubriand ne connurent toutefois aucune postérité, à l’exception peut-être de l’adjectif « fataliste », encore utilisé à la fin du xixe siècle par Camille Jullian (Camille Jullian, Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. xxviii).
84 84. Jules Michelet, Histoire de France, t. VII [1855], Sainte-Marguerite-sur-Mer, Éditions des Équateurs, 2008, p. 148.
85 85. Le plus cruel fut peut-être Camille Jullian : « Malgré les dates, Sismondi est plus près d’Anquetil que de Guizot, et il fallait que cette génération eût une ardente passion des choses historiques pour s’engouer de lui. » (Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. xxv.)
86 86. Jean Simonde de Sismondi, Histoire des Français, op. cit., p. xxii.
87 87. Ibid., p. xi.
88 88. Ibid., prospectus, non paginé.
89 89. Ibid., p. iv.
90 90. Ibid., p. vi.
91 91. Ibid., p. v.
92 92. Sur cette tradition, voir Reinhart Koselleck, « “Historia magistra vitae”. De la dissolution du “topos” dans l’histoire moderne en mouvement », Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éd. de l’EHESS, 1990, p. 37-62. Voir aussi François Hartog, Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Seuil, 2003 ; et Patrick Garcia, « Les régimes d’historicité : un outil pour les historiens ? Une étude de cas : la “guerre des races” », Revue d’histoire du xixe siècle, n° 25, 2003, p. 43-46.
93 93. Jean Simonde de Sismondi, Histoire des Français, op. cit., p. 1.
94 94. « Nos annalistes français visent à l’unité historique ; il leur en faut une à tout prix ; ils s’attachent à un seul nom de peuple, ils le suivent à travers les temps, et voilà pour eux le fil d’Ariane. » (Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, éd. A. Déruelle, op. cit., p. 69.)
95 95. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France [1842], op. cit., p. 31.
96 96. Ibid.
97 97. Ibid., p. 39.
98 98. Ibid., p. 31.
99 99. Ibid., p. 39.
100 100. Ibid.
101 101. Ibid.
102 102. François Guizot, Histoire de la civilisation en France depuis la chute de l’Empire romain, t. I, op. cit., p. 229. Les leçons des cours de Guizot furent publiées sous forme de livraisons hebdomadaires. L’Histoire des origines du gouvernement représentatif fut rééditée, dans une version revue et augmentée par l’auteur, en 1851. L’Histoire de la civilisation en Europe (cours de 1828) et l’Histoire de la civilisation en France (1829-1830) furent très souvent rééditées, toujours dans leurs versions initiales.
103 103. Ibid., p. 37.
104 104. Ibid.
105 105. Ibid., p. 228-230.
106 106. Ibid., p. 230.
107 107. La question se posait également dans le monde germanique, où l’heure était à l’établissement savant des textes anciens, ainsi que dans bien d’autres lieux de l’Europe. Voir à ce sujet Patrick J. Geary, Quand les nations refont l’histoire. L’invention des origines médiévales de l’Europe, Paris, Aubier, 2004 ; et Agnès Graceffa, Les Historiens et la question franque. Le peuplement franc et les Mérovingiens dans l’historiographie française et allemande des xixe-xxe siècles, Turnhout, Brepols, 2009. Sur l’influence de la science allemande sur l’historiographie française, voir les chapitres VII et suivants.
108 108. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France [1842], op. cit., p. 21, 112, 172, 173, 185, 196, 200 et 218 (ces expressions se trouvent dès l’édition de 1827) ; et François Guizot, Histoire de la civilisation en France [1840], op. cit., p. 364 et 367.
Chapitre III. De la famille à la race. Les ancêtres gaulois des frères Thierry
109 109. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France [1842], op. cit., p. 40.
110 110. Voir Colette Beaune, Naissance de la nation France, Paris, Gallimard, 1985.
111 111. Jean Simonde de Sismondi, Histoire des Français, op. cit., p. 7.
112 112. Amédée Thierry, Histoire des Gaulois depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’entière soumission de la Gaule à la domination romaine, t. I, Paris, Sautelet et Cie, 1828, p. i.
113 113. Ibid., p. ii.
114 114. Ibid., p. iii.
115 115. Ibid., p. iii.
116 116. Sur tout cela, voir Marcel Gauchet (dir.), Philosophie des sciences historiques. Le moment romantique, Paris, Seuil, 2002.
117 117. Amédée Thierry, Histoire des Gaulois…, op. cit., p. lxviii.
118 118. Ibid., p. ii.
119 119. Ibid., p. v.
120 120. Ibid., p. ii.
121 121. Ibid., p. lxxi.
122 122. Ibid., p. v.
123 123. Ibid., p. v-vi. C’est Thierry qui souligne.
124 124. Dans son cours aux auditeurs de l’École normale, Volney avait en effet réutilisé une métaphore suggestive en expliquant que les langues étaient des « monuments vivants » surgis du passé, « dont la construction elle seule est une histoire complète de chaque peuple, et dont la filiation et les analogies sont le fil d’Ariane dans le labyrinthe des origines » (cité in Claude Blanckaert, « Un fil d’Ariane dans le labyrinthe des origines… Langues, races et classification ethnologique au xixe siècle », Revue d’histoire des sciences humaines, n° 17, 2007, p. 139. Je souligne).
125 125. Amédée Thierry, Histoire des Gaulois…, op. cit., p. xiii.
126 126. Guillaume de Humboldt avait voyagé dans le pays Basque en 1799-1800 et publié à Berlin, en 1821, le résultat de ses observations (Prüfung der Untersuchungen über die Urbewohner Hispaniens, vermittelst der Waskischen Sprache) : Michelet, qui ne cite pas Amédée Thierry, lui consacre de longs développements dans le premier livre de son Histoire de France (t. I, op. cit., p. 315-325). Sur le bas-breton, voir le chapitre ix ; sur le cas basque, le chapitre x.
127 127. Amédée Thierry, Histoire des Gaulois…, op. cit., p. xvii.
128 128. Ibid., p. xxxvii.
129 129. Ibid., p. xiv.
130 130. Voir Marie-France Piguet, « Observation et histoire. Race chez Amédée Thierry et William F. Edwards », L’Homme, janvier-mars 2000, p. 93-106.
131 131. Sur celui-ci, voir Claude Blanckaert, « On the Origins of French Ethnology : William Edwards and the Doctrine of Race », in G. W. Stocking Jr. (dir.), Bones, Bodies, Behavior. Essays on Biological Anthropology. History of Anthropology, t. V, Madison, University of Wisconsin Press, 1988, p. 18-55.
132 132. Voir K. G. McWatters et C. W. Thompson (dir.), Stendhal et l’Angleterre, Liverpool, Liverpool University Press, 1987, p. 349, note 32.
133 133. Voir à ce sujet Claude Blanckaert, « “Story” et “History” de l’anthropologie », Revue de synthèse, 4e série, n° 3-4, juillet-décembre 1988, p. 451-467.
134 134. William F. Edwards, Des caractères physiques des races humaines considérés dans leurs rapports avec l’histoire. Lettre à M. Amédée Thierry, Paris, Compère Jeune, 1829, p. 4.
135 135. Ibid., p. 4.
136 136. Sur ce contexte, voir Claude Blanckaert, « Le système des races », in Isabelle Poutrin (dir.), Le xixe Siècle. Science, politique et tradition, Paris, Berger-Levrault, 1995, p. 21-41.
137 137. William F. Edwards, Des caractères physiques des races humaines, op. cit., p. 6.
138 138. Ibid.
139 139. Ibid., p. 66.
140 140. Ibid., p. 65. C’est Edwards qui souligne.
141 141. Sur la fortune de cette métaphore, voir aussi Judith Schlanger, Les Métaphores de l’organisme, Paris, Vrin, 1971, p. 152-159 notamment ; et Claude Blanckaert, La Nature de la société. Organicisme et sciences sociales au xixe siècle, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 17-28.
142 142. Voir à ce sujet David Schreiber, « Les anciens contre les modernes : Daunou et l’historiographie “romantique” », in F. Claudon, A. Encrevé et L. Richer (dir.), L’Historiographie romantique, Pompignac, Bière, 2007, p. 119-127.
143 143. Voir par exemple sa critique des Essais sur l’histoire de France de Guizot (Journal des savants, décembre 1823, p. 703-712). Avec une belle justesse, Daunou y exposait notamment la méfiance avec laquelle les historiens doivent aborder toute quête des origines : « L’auteur [Guizot] observe qu’il existe entre les faits de l’histoire un enchaînement nécessaire, en sorte qu’ils naissent constamment les uns des autres, et que le premier jour portait dans son sein l’avenir tout entier. II ajoute que, sans recourir à ce lien éternel et universel, il serait encore vrai de dire que les grandes vicissitudes des sociétés humaines datent de bien plus loin que ne dit l’histoire, et proviennent de causes moins spéciales que celles qu’elle leur assigne. Nous oserons dire pourtant qu’en ce genre d’investigations, la seule méthode un peu sûre est de rechercher d’abord la cause la plus prochaine, sauf à remonter ensuite aux plus éloignées, en s’éclairant, à chaque degré, de toutes les lumières que fourniront des faits matériels, bien vérifiés. Établir au contraire une première cause et en descendre jusqu’à la catastrophe qu’il s’agit d’expliquer, est une sorte de synthèse dont les résultats sont d’ordinaire plus ingénieux que solides. »
144 144. Journal des savants, Paris, imprimerie royale, avril 1829, p. 242. Je souligne.
145 145. Ibid.
146 146. Jules Michelet, Histoire de France, t. I, op. cit., p. 45. Sur Michelet, voir le chapitre v.
147 147. Curieux prénom, qui dérouta un certain nombre d’auteurs de notices biographiques : Henri Martin y est en effet parfois considéré, très improprement, comme le « baron » Henri Martin.
148 148. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en juillet 1830, Tours, Mame, 1833, p. 8.
149 149. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789, t. I, 4e éd., Paris, Furne, 1855, préface, 1837, p. xiv.
150 150. Ibid., p. xii.
151 151. Ainsi lit-on, dans une note ajoutée à la page 13 de l’édition de 1865 de son Histoire de France : « Dans ses savantes études d’anthropologie comparée, M. Serres constate chez les Français un plus grand développement de l’appareil respiratoire et un moindre volume d’intestins que chez l’Allemand, caractère qu’il faut certainement reporter aux Gaulois et Germains. » (Cité in Rémi Mallet, « Henri Martin et les Gaulois : histoire et mythe », in Jean Ehrard et Paul Viallaneix (dir.), Nos Ancêtres les Gaulois, Clermont-Ferrand, Publications de la Faculté des lettres et sciences humaines, 1982, p. 232.) Sur l’apport de l’anthropologie au système des races, voir le chapitre x.
152 152. De même qu’Edwards citait, dans son livre de 1829, « l’Histoire de la Peinture en Italie de M. Beyle » (Des caractères physiques des races humaines…, op. cit., p. 17).
153 153. Stendhal, Mémoires d’un touriste [1838], Voyages en France, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1992, p. 95 [note du 24 mai 1837]. Voir aussi p. 300 et, sur la connaissance que Stendhal pouvait avoir des travaux d’Edwards, la note de Victor del Litto p. 1022.
154 154. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789, t. I, op. cit., p. xii.
155 155. Sur le rapport entre l’histoire romaine et le régime politique du Second Empire, voir le chapitre vii.
156 156. Notons tout de même ce jugement nuancé de Camille Jullian en 1897 : « Ce n’est pas un beau ni un très bon livre : mais, quoi qu’il soit convenu d’en dire du mal, il sera longtemps encore consulté avec profit, et peut-être surtout par ceux qui font profession d’en médire. » (Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. lviii.) Spécialiste de la Gaule, Jullian estimait par ailleurs que l’Histoire des Gaulois d’Amédée Thierry avait été « excellente en son temps » et qu’elle avait en particulier proposé « des vues nouvelles et hardies sur les Galls et les Kimris » (ibid., p. lix).
Chapitre IV. Les figures de la Providence. La nature et le baptême
157 157. Sur les pensées de Maistre et Bonald, voir notamment Carolina Armenteros, The French Ideas of History. Joseph de Maistre and his Heirs. 1794-1854, Ithaca/New York/Londres, Cornell University Press, 2001 ; Gérard Gengembre, La Contre-Révolution ou l’Histoire désespérante, Paris, Imago, 1989 ; Pierre Glaudes, Joseph de Maistre et les Figures de l’histoire, Clermont-Ferrand, Université Blaise Pascal/Centre de recherches révolutionnaires et romantiques, « Cahiers romantiques », n° 2, 1997.
158 158. Voir le chapitre I.
159 159. Joseph de Maistre, Considérations sur la France [1796], Œuvres complètes, t. I, Lyon, Vitte et Perrussel, 1884-1886, p. 70.
160 160. Ibid., p. 67. C’est Maistre qui souligne.
161 161. Ibid., p. 72.
162 162. Louis de Bonald, Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social ou Du pouvoir, du ministre et du sujet dans la société, Paris, s.n., 1800, p. 147. C’est Bonald qui souligne. Voir à ce propos Gérard Gengembre, « Histoire et organicisme chez Bonald », dans F. Claudon, A. Encrevé et L. Richer (dir.), L’Historiographie romantique, Pompignac, Bière, 2007, p. 61-72.
163 163. Ibid., p. 148.
164 164. Ibid., p. 146.
165 165. Joseph de Maistre, Considérations sur la France, op. cit., p. 67.
166 166. Louis de Bonald, Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social, op. cit., p. 142.
167 167. Ibid., p. 146.
168 168. Ibid., p. 147.
169 169. Ibid.
170 170. Ibid., note 1.
171 171. Rappelons que, contrairement à une légende tenace, l’emprisonnement de l’historien Nicolas Fréret, en 1714, n’était pas dû au scandale que celui-ci aurait causé en niant l’origine troyenne de la monarchie : l’abbé Vertot, son contradicteur, était parfaitement d’accord avec Fréret sur ce point. Sur cet épisode célèbre, voir Claude Nicolet, La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 62-63 et la bibliographie citée note 7, p. 288.
172 172. Étienne Pasquier parlait de « lignée Meroüingienne » (Les Recherches de la France, Paris/Orléans, 1665, p. 191).
173 173. Sur la logique de cette inertie, voir Henri Duranton, « Les contraintes structurales de l’histoire de France : le cas Pharamond », Synthesis. Bulletin du comité national de littérature comparée de la république socialiste de Roumanie, IV, 1977, p. 153-164 ; et Chantal Grell, « L’histoire de France et le mythe de la monarchie à la fin du xviie siècle », in Yves-Marie Bercé et Philippe Contamine (dir.), Histoires de France, historiens de la France, Paris, Champion, 1994, p. 165-188.
174 174. Louis-Pierre Anquetil, Histoire de France, depuis les Gaulois jusqu’à la fin de la monarchie [1805], t. I, Paris, Ledentu, 1825, p. 264 (les pages précédentes étaient consacrées aux Gaulois). Comme l’écrivit méchamment Camille Jullian, « à celui-là, la Révolution n’avait rien appris ni rien fait oublier » (Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. x).
175 175. De ce point de vue, le Génie du christianisme eut une grande influence sur le développement des études historiques en France dans les décennies suivantes. L’Histoire des croisades, que Joseph-François Michaud écrivit et réécrivit sans cesse de 1808 à 1840, en procède directement (à ce sujet, voir également Camille Jullian, Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. vii).
176 176. François-René de Chateaubriand, Les Martyrs [1809], Œuvres romanesques et voyages, t. II, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1969, p. 200.
177 177. Ibid., p. 557. Voir ce qu’en dit Augustin Thierry dans sa préface aux Récits des temps mérovingiens, t. I, op. cit., p. 12.
178 178. Ibid., p. 558.
179 179. Jusqu’au début du xxe siècle, néanmoins, un grand nombre d’abrégés et de manuels d’histoire de France continuèrent à mentionner le nom de Pharamond, même si c’était pour préciser que la réalité de ce premier roi des Francs n’était pas prouvée.
180 180. Louis-Pierre Anquetil, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’à la Révolution de 1789, suivie de l’Histoire de la République française, du Directoire, du Consulat, de l’Empire et de la Restauration, par M. L. Baude, et continuée jusqu’à la Constitution de 1875, nouvelle éd., Paris, Garnier, 1876, p. 199 (note des éditeurs).
181 181. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, op. cit., préface, p. 12.
182 182. Voir également le jugement de Chateaubriand sur Augustin Thierry (Études historiques [1831], Œuvres complètes, t. IV, Paris, Pourrat frères, 1836-1839, p. 66).
183 183. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, op. cit., préface, p. 13.
184 184. François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, éd. J.-C. Berchet, Paris, Flammarion, « GF », 1998, t. III, p. 304.
185 185. Sur la place de Clovis dans les livres d’Histoire de France, voir Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire. Le baptême de Clovis, son écho à travers l’histoire, Paris, PUPS, 1997, 2 vol.
186 186. On sait qu’en réalité Grégoire de Tours mêlait à son récit des événements les références aux figures du Christ – qui, comme Clovis, aurait reçu le baptême à 30 ans – et de Constantin – qui, lui aussi, s’était converti au lendemain d’une victoire militaire. Aucune source ne mentionnant par ailleurs de défaite des Alamans en 496, la date du baptême de Clovis est de ce fait très incertaine.
187 187. Sur ce point, voir Michel Balard, « Gesta Dei per Francos : l’usage du mot “Francs” dans les chroniques de la première croisade », in Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire, op. cit., p. 473-484.
188 188. Voir à ce sujet Philippe Boutry, « Clovis romantique », in Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire, op. cit., p. 637-648. Sur l’importance de la rupture de 1830, voir le chapitre v.
189 189. L’article fut intégré l’année suivante au livre de Louis de Carné intitulé Études sur les fondateurs de l’unité nationale en France (Paris, Sagnier et Bray, 1848).
190 190. Louis de Carné, « De la constitution de l’unité nationale en France », Revue des deux mondes, t. XX, 1847, p. 468.
191 191. Ibid., p. 471. Sur la question du territoire, voir le chapitre viii.
192 192. Ibid., p. 473.
193 193. Ibid. Sur Michelet, voir les chapitres V et VIII.
194 194. Ibid., p. 474.
195 195. Ibid., p. 475.
196 196. Ibid., p. 470.
197 197. Ibid., p. 474.
198 198. Ibid., p. 476.
199 199. « Dans la Théorie du pouvoir civil et religieux de M. de Bonald, écrit Chateaubriand, il y a eu du génie ; mais c’est une chose qui fait peine de reconnaître combien les idées de cette théorie sont déjà loin de nous. Avec quelle rapidité le temps nous entraîne ! L’ouvrage de M. de Bonald est comme ces pyramides, palais de la mort, qui ne servent au navigateur sur le Nil qu’à mesurer le chemin qu’il a fait avec les flots. » (Études historiques, op. cit., p. 55.) Quant à Joseph de Maistre, qui « veut réduire les peuples à une commune servitude, elle-même dominée par une théocratie » (ibid., p. 96), Chateaubriand lui opposait résolument sa propre volonté de concilier le christianisme et la liberté.
200 200. Ibid., p. 94.
201 201. Ibid., p. 120.
202 202. Son nom fut alors changé en de Genoude.
203 203. Voir à ce sujet Pierre Triomphe, « Violence révolutionnaire et identité légitimiste sous la monarchie de Juillet : le cas de l’abbé de Genoude », in François Marotin (dir.), De l’interprétation de l’histoire. Les révolutions au xixe siècle. Violence et identité, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2011, p. 137-149.
204 204. Antoine-Eugène de Genoude, Histoire de France, t. I, Paris, Perrodil, 1844, n. p.
205 205. Ibid., t. II, p. xxii-xxiii.
206 206. Ibid., t. I, n.p.
207 207. Georges Gandy, « La vie du peuple français », Revue des questions historiques, t. XIV, 1873, p. 608-619, cité in Charles-Olivier Carbonell, Histoire et historiens. Une mutation idéologique des historiens français. 1865-1885, Toulouse, Privat, 1976, p. 369-370. Voir aussi Jérôme Grondeux, « Le thème du baptême de Clovis dans la Revue des questions historiques », in Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire, op. cit., p. 729-738.
208 208. Jacques-Olivier Boudon, « Le cardinal Langénieux, l’épiscopat français et le XIVe centenaire du baptême de Clovis », in Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire, op. cit., t. II, p. 695-707. L’expression, notamment employée par Lacordaire dans son sermon du 14 février 1841 sur La Vocation de la France, fut de plus en plus fréquemment utilisée sous le Second Empire, à la suite de l’intervention française à Rome en 1849, pour protéger les États pontificaux, et de la progression de l’ultramontanisme dans l’épiscopat français.
209 209. Texte de 1896, cité in Michel Rouche (dir.), Clovis. Histoire et mémoire, op. cit., t. II, p. i.
210 210. Ibid. Le pape Jean-Paul II s’inscrivait directement dans la mémoire des festivités de 1896 lorsqu’il déclarait, à l’occasion de son voyage de 1980 : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »
211 211. Cité in Jacques-Olivier Boudon, « Le cardinal Langénieux… », op. cit., p. 698. Je souligne.
212 212. On connaît ainsi le cas célèbre de Charles de Gaulle : « Pour moi l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis nous avons la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. » (Cité in Laurent Avezou, Raconter la France, op. cit., p. 38.)
Chapitre V. 1830 : fin de l’histoire, début de l’histoire
213 213. Voir Maurice Agulhon, « 1830 dans l’histoire du xixe siècle français », Romantisme, n° 28, 1980, p. 15-27.
214 214. Cousin, Daunou, Edwards, Mignet, Thiers, sans oublier Guizot lui-même. Augustin Thierry avait été élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres quelques mois avant la révolution de 1830.
215 215. Au contraire de la Restauration, qui s’était bornée à fonder l’École des chartes (d’ailleurs sur une idée de Napoléon) et à soutenir la constitution des galeries médiévales du Louvre. Louis XVIII avait même supprimé l’École normale et fermé le Musée des monuments français, sans parler de l’interdiction du cours de Guizot à la Sorbonne en 1822. Seules les études orientales, jugées inoffensives d’un point de vue politique, avaient été encouragées.
216 216. Sur l’histoire du Collège de France, dont il sera plusieurs fois question par la suite, voir Christophe Charle, « Le Collège de France », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol. 2, t. III, Paris, Gallimard, 1986, p. 389-424.
217 217. Sur l’importance de la monarchie de Juillet dans l’essor de l’historiographie en province, voir Odile Parsis-Barubé, La Province antiquaire. L’invention de l’histoire locale en France (1800-1870), Paris, Éd. du CTHS, 2011, p. 151-280 ; et François Ploux, Une mémoire de papier. Les historiens de village et le culte des petites patries rurales (1830-1930), Rennes, PUR, 2011 p. 19 et suiv.
218 218. Sur ce point, voir Dominique Poulot, « Alexandre Lenoir et les musées des Monuments français » dans Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., vol. 2, t. II, p. 497-531.
219 219. Sur l’archéologie nationale, voir le chapitre x.
220 220. Sur Guérard et le « polyptyque d’Irminon », voir le chapitre vii.
221 221. Jules Michelet, Histoire de France, t. I, op. cit., préface [1869], p. 7.
222 222. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1789, t. I, op. cit., préface [1837], p. vii. Sur cette question, voir Jean-Louis Backès, « Nos ancêtres les Gaulois selon Henri Martin », Littérature et nation, Tours, 2e série, n° 9, mars 1992, p. 61-70.
223 223. Ibid., p. viii.
224 224. Ibid.
225 225. Ibid., p. vii. Jésuites tous les deux, Gabriel Daniel et Paul François Velly avaient publié chacun une Histoire de France (en 1720-1725 et en 1770). Dans ses Lettres sur l’histoire de France, Augustin Thierry avait présenté le travail de Velly comme l’exact modèle de ce qu’il ne fallait pas faire.
226 226. Voir le chapitre iii.
227 227. « Ce moment unique qui me revient toujours en mémoire, soutient mon espérance et me donne foi aux destinées morales et religieuses de ma patrie. Au milieu de l’agitation universelle qui nous environne, je crois au repos de l’avenir. Car enfin ce peuple s’est uni un jour dans une pensée commune : l’idée divine de l’ordre a lui à ses yeux. Ce n’est pas en vain que l’on a une fois entrevu cet éclair céleste. » (Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle [1831], 3e éd., Paris, Hachette, 1834, p. 99. Je souligne.)
228 228. Sur cette ambiguïté, on peut lire le cours de Michel Foucault au Collège de France du 10 mars 1976 (« Il faut défendre la société ». Cours au Collège de France. 1976, Paris, Hautes Études/Gallimard/Seuil, 1997, p. 193-215).
229 229. Paule Petitier, Jules Michelet. L’homme-histoire, Paris, Grasset, 2006, p. 220-221.
230 230. Dont le directeur était le vieux libéral Pierre Daunou, que la monarchie de Juillet rétablissait dans ses fonctions. Michelet et lui ne s’entendirent pas vraiment.
231 231. Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle, op. cit., p. 11-12.
232 232. Ibid., p. 92. Cette égalité, ajoutait Michelet, « est-il besoin de dire qu’il s’agit de l’égalité des droits ? ».
233 233. Ibid., p. 98.
234 234. Ibid., p. 100.
235 235. Ibid., p. 92. Je souligne.
236 236. Jules Michelet, Histoire de France, t. I, op. cit., p. 7.
237 237. Voir l’exemple de Sismondi dans le chapitre ii.
238 238. Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle, op. cit., p. 73.
239 239. « L’aînée de la monarchie, la province celtique, mérite le premier regard. De là nous descendrons aux vieux rivaux des Celtes, aux Basques ou Ibères, non moins obstinés dans leurs montagnes que le Celte dans ses landes et ses marais. Nous pourrons passer ensuite aux pays mêlés par la conquête romaine et germanique. Nous aurons étudié la géographie dans l’ordre chronologique, et voyagé à la fois dans l’espace et dans le temps. » (Jules Michelet, Histoire de France, t. II, op. cit., p. 11.)
240 240. Paule Petitier, La Géographie de Michelet. Territoire et modèles naturels dans les premières œuvres de Michelet, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 131-143 notamment.
241 241. Voir Patrick Tort (dir.), La Querelle des analogues, Plan-de-la-Tour, Aujourd’hui, 1983.
242 242. Paule Petitier, La Géographie de Michelet, op. cit., p. 113-116.
243 243. Jules Michelet, Histoire de France, t. I, op. cit., p. 122-123. Voir également la préface de 1869, où la différence de vues avec Augustin Thierry et Henri Martin est explicitée (ibid., p. 10-11).
244 244. Ibid., t. I, p. 40.
245 245. Ibid., t. II, p. 8.
246 246. Un centre géographique toutefois corrigé par des circonstances politiques : « Pour trouver le centre de la France, le noyau autour duquel tout devrait s’agréger, il ne faut pas prendre le point central dans l’espace ; ce serait vers Bourges, vers le Bourbonnais, berceau de la dynastie ; il ne faut pas chercher la principale séparation des eaux, ce seraient les plateaux de Dijon ou de Langres, entre les sources de la Saône, de la Seine et de la Meuse ; pas même le point de séparation des races, ce serait sur la Loire, entre la Bretagne, l’Auvergne et la Touraine. Non, le centre s’est trouvé marqué par des circonstances plus politiques que naturelles, plus humaines que matérielles. C’est un centre excentrique, qui dérive et appuie au nord, principal théâtre de l’activité nationale, dans le voisinage de l’Angleterre, de la Flandre et de l’Allemagne. Protégé, et non pas isolé, par les fleuves qui l’entourent, il se caractérise selon la vérité par le nom d’Île-de-France. » (Ibid., t. II, p. 78-79.)
247 247. Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle, op. cit., p. 74.
248 248. Id., Histoire de France, t. I, op. cit., p. 161.
249 249. Ibid., t. XII, p. 145. Dans le cas de la naissance de Louis XIV, il y avait néanmoins beaucoup d’ironie : le mépris dans lequel Michelet tenait le « Messie de la monarchie » lui interdisait de considérer véritablement ce dernier comme une « grande chose ».
250 250. Ibid., t. II, p. 7 et t. I, p. 271-272. À ce sujet, voir le chapitre ix.
251 251. Ibid., t. III [1837], p. 55.
252 252. Ibid., t. III, p. 282.
253 253. Ibid., t. I, p. 11.
254 254. Ibid. C’est Michelet qui souligne.
255 255. Voir à ce sujet Lucien Febvre, Michelet et la Renaissance [1942], Paris, Flammarion, 1992 ; ainsi que Simone Bernard-Griffiths (dir.), Michelet entre naissance et Renaissance (1798-1998), Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2001.
256 256. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, éd. Aude Déruelle, op. cit., p. 40.
257 257. Ibid., p. 153.
258 258. Voir le chapitre vi.
259 259. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 251.
260 260. Augustin Thierry, Dix ans d’études historiques, op. cit., p. iv.
261 261. Ibid. Je souligne.
262 262. Ibid., p. 250-252.
263 263. Voir le chapitre ii.
264 264. Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 221.
265 265. Ibid. Je souligne.
266 266. Montlosier, De la monarchie française, op. cit., t. I, p. 136 (cité dans Augustin Thierry, Considérations sur l’histoire de France, op. cit., p. 222). Je souligne.
267 267. Ibid., p. 208. Je souligne. Dès Dix ans d’études historiques, Augustin Thierry racontait ainsi son illumination de la fin des années 1820 : « Sur la simple lecture des écrivains modernes de l’histoire de France, il me parut que l’affranchissement des communes était tout autre chose que ce qu’ils en racontaient ; que c’était une véritable révolution sociale, prélude de toutes celles qui ont élevé graduellement la condition du tiers état ; que là se trouvait le berceau de notre liberté moderne » (Paris, Tessier, 1835, p. v, je souligne).
268 268. Comme l’a bien vu Camille Jullian, « Thierry désavouait la théorie qui lui avait été la plus chère. Et il est intéressant de voir que ces études sur le tiers état, abordées par lui, il y avait trente ans, dans le désir de la justifier, l’ont amené à la détruire » (Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. lv). C’est en effet très intéressant : j’y reviendrai au chapitre suivant.
269 269. Augustin Thierry, Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du tiers état, op. cit., p. 16.
270 270. Ibid., p. 21.
271 271. Ibid., p. 21.
272 272. Ibid., p. 20. Voir aussi François-Auguste Mignet, Essai sur la formation territoriale et politique de la France depuis la fin du xie siècle jusqu’à la fin du xve. Mémoire lu à l’Académie des sciences morales et politiques, dans Mémoires historiques, 3e éd., Paris, Charpentier, 1854, p. 168-173 notamment. Selon une logique parfaitement libérale, Mignet y montrait à son tour en quoi la révolution du xiie siècle, par la bourgeoisie, le commerce, l’ordre et la liberté, a inauguré l’histoire de la France moderne.
273 273. Ibid., p. 20.
CHAPITRE VI. 1848 : crise de la téléologie
274 274. Ernest Renan, Essais de morale et de critique, cité in Camille Jullian, Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. lx.
275 275. Augustin Thierry, Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du tiers état, op. cit., p. v.
276 276. L’Essai se donnait d’ailleurs comme une « introduction » au Recueil des monuments inédits de l’histoire du tiers état, commencé en 1836 (ibid., p. v).
277 277. Ibid., p. vii.
278 278. Ibid., p. viii.
279 279. Ibid.
280 280. Ibid., p. x.
281 281. Ibid.
282 282. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, éd. A. Déruelle, op. cit. p. 153.
283 283. Augustin Thierry, Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du tiers état, op. cit., p. ix.
284 284. Ibid., p. x.
285 285. Léon Aubineau, Critique générale et réfutation (M. Augustin Thierry), Paris, Bibliothèque nouvelle, 1851, p. 17. Rappelons ce qu’Augustin Thierry écrivait en 1840 : « La révolution de 1830, merveilleuse par sa rapidité et plus encore parce qu’elle n’a pas, un seul instant, dépassé son but, a rattaché sans retour, notre ordre social au grand mouvement de 1789. » (Récits des temps mérovingiens, t. I, op. cit., p. 254.)
286 286. Ibid., p. 17.
287 287. Ibid.
288 288. Ibid., p. 17-18.
289 289. Ibid., p. 74.
290 290. Augustin Thierry, Essai sur l’histoire de la formation et des progrès du tiers état, op. cit., p. x.
291 291. Ibid.
292 292. Ibid., p. vi.
293 293. Ibid.
294 294. Ibid.
295 295. Ibid., p. ix.
296 296. Ibid.
297 297. Ibid.
298 298. J’appelle ici « conservateurs » ceux qui, à partir des années 1830, considérèrent que la Révolution était finie et qu’il fallait désormais en appliquer les principes tout en réprimant les désirs de réforme. Ils se distinguaient des « réactionnaires », que définissait alors leur nostalgie de l’Ancien Régime. Sur cette terminologie, voir Pierre Rosanvallon, Le Moment Guizot, Paris, Gallimard, 1985 ; et Jean Starobinski, Action et réaction. Vie et aventures d’un couple, Paris, Seuil, 1999.
299 299. Voir aussi l’article de Charles de Rémusat, « De l’histoire de France », Politique libérale, ou Fragments pour servir à la défense de la Révolution française, Paris, Michel Lévy frères, 1860 : « Thierry et ses plus habiles émules, ceux-là aussi qui auraient pu être ses maîtres, les Guizot et les Mignet, ont presque tous écrit à une époque où, sans méconnaître les difficultés et les incertitudes que la France avait à traverser encore, on pouvait croire qu’elle avait atteint une de ces stations durables où elle n’aurait plus qu’à déployer ses forces et son activité dans un cadre solide et connu. On pensait que la Révolution pouvait bien avoir touché son terme. Mais depuis le 24 février, l’historien, à la question : Pourquoi la Révolution française est-elle arrivée ? doit joindre la question : Pourquoi n’a-t-elle pas encore réussi ? Et s’il a confiance dans sa pénétration, dans cette féconde divination du passé, qui est le seul don de prophétie du contemplateur politique, il se demandera comment elle doit réussir et vers quel terme elle nous conduit. »
300 300. Voir le chapitre iv.
301 301. Louis de Carné, « Le tiers état et son rôle politique en France », Revue des deux mondes, juillet-août 1853, p. 531.
302 302. Ibid. Je souligne.
303 303. Ibid., p. 532.
304 304. Ibid.
305 305. Ibid.
306 306. Ibid.
307 307. Ibid.
308 308. Albert de Broglie, « Du caractère général de l’histoire civile en France », Revue des deux mondes, janvier-février 1854, p. 265.
309 309. Voir le chapitre v.
310 310. Albert de Broglie, « Du caractère général de l’histoire civile en France », op. cit., p. 267.
311 311. Ibid., p. 268.
312 312. Ibid., p. 269. C’est de Broglie qui souligne.
313 313. Ibid., p. 270.
314 314. Le long commentaire à la récente réédition du texte, qui n’évoque à aucun moment ces débats du début des années 1850, passe de ce point de vue très largement à côté de l’objet traité par Quinet (Jean-Michel Rey, « Edgar Quinet le méconnu », in Edgar Quinet, Philosophie de l’histoire de France, op. cit., p. 89-171). Voir en revanche l’analyse de François Furet dans La Gauche et la Révolution au milieu du xixe siècle. Edgar Quinet et la question du jacobinisme. 1865-1870, Paris, Hachette, 1986, p. 36-41.
315 315. Edgar Quinet, Histoire de mes idées [1858], Paris, Flammarion, 1972, p. 154.
316 316. Ibid., p. 155. C’est Quinet qui souligne. Sur cette expression de « fabrique des nations », empruntée à Jornandès (ou Jordanès), voir le chapitre vii.
317 317. Ibid., p. 156.
318 318. Ibid.
319 319. Ibid.
320 320. Rappelons que, pour Philippe Buchez et Pierre-Célestin Roux, « la Révolution française est la conséquence dernière et la plus avancée de la civilisation moderne, et la civilisation moderne est sortie tout entière de l’Évangile » (Histoire parlementaire de la Révolution française, t. I, Paris, Paulin, 1834, p. 1).
321 321. Edgar Quinet, « Philosophie de l’histoire de France », Revue des deux mondes, janvier-février 1855, p. 929.
322 322. Ibid., p. 928.
323 323. Ibid., p. 927.
324 324. Ibid., p. 928. Je souligne.
325 325. Ibid., p. 927.
326 326. Ibid.
327 327. Ibid.
328 328. Ibid., p. 928.
329 329. Voir supra, p. xxxx. Je souligne.
330 330. Edgar Quinet, « Philosophie de l’histoire de France », op. cit., p. 929.
331 331. Ibid.
332 332. Ibid.
333 333. Ibid., p. 932.
334 334. Ibid., p. 931.
335 335. Ibid., p. 930.
336 336. Ibid., p. 938.
337 337. Ibid., p. 933.
338 338. Ibid.
339 339. Ibid., p. 934.
340 340. Ibid.
341 341. Ibid.
342 342. Ibid.
343 343. Edgar Quinet, La Création [1869], 2e éd., Paris, Librairie internationale, 1879, t. I, p. 42.
344 344. Ibid., p. 45.
345 345. Même si La Création demeure, à bien des égards, un livre insolite. Voir Bernard Peloille, « À propos de la question des origines dans la pensée d’Edgar Quinet », Littérature et nation, Tours, 2e série, n° 9, mars 1992, p. 71-86.
346 346. Voir le chapitre v.
347 347. Edgar Quinet, La Création, op. cit., p. 44.
Chapitre VII. L’ambigu retour de Rome
348 348. Voir le chapitre ii.
349 349. Voir le chapitre iii.
350 350. J’en veux pour preuve le réflexe par lequel la plupart des commentateurs de cette histoire ont repris à leur compte, sans interroger son contexte historique d’apparition, le mot « romanisme ».
351 351. Voir le chapitre I.
352 352. Benjamin Guérard, cité in Émile Littré, « Polyptyque de l’abbé Irminon. De l’invasion germanique », Le National de 1834, 20 décembre 1847, p. 3.
353 353. Voir le chapitre ii.
354 354. Benjamin Guérard, op. cit.
355 355. Ibid.
356 356. Voir le chapitre ii.
357 357. Voir Jean-Pierre Callu, « Les Romains de la décadence : regards du xixe siècle français (1809-1874) », Comptes rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 141, n° 4, 1997, p. 1143-1156.
358 358. Émile Litté, « Polyptyque de l’abbé Irminon… », op. cit.
359 359. Victor Duruy, Histoire de France [1854], Paris, Hachette, 2e éd., 1858, p. viii-ix.
360 360. Voir à ce propos Laurent Olivier (dir.), Le Musée d’archéologie nationale et les Gaulois du xixe au xxie siècle, Saint-Germain-en-Laye, Musée d’archéologie nationale/Maison de l’histoire de France, 2012.
361 361. Sur ce livre et sa genèse, voir Claude Nicolet, « Napoléon III et l’histoire romaine », in M. A. Tomei, Scavi francesi sul Palatino, le indagini di Pietro Rosa per Napoleone III (1861-1870), Rome, École française de Rome/Soprintenteuza archeologica di Roma, 1999, p. ix-xxi.
362 362. Sur la mémoire de Rome, sous ce Second Empire qui vit s’épanouir la notion de « césarisme », voir Claude Nicolet, La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 160-207.
363 363. Voir sa notice nécrologique : L. D., « Auguste Geffroy », Mélanges d’archéologie et d’histoire, année 1895, vol. XV, n° 15, p. 141-153.
364 364. Sur l’émergence de la catégorie d’« Anglo-Saxon » dans les années 1870, voir Philippe Roger, L’Ennemi américain. Généalogie de l’antiaméricanisme français, Paris, Seuil, 2002, p. 226-232.
365 365. Auguste Geffroy, « Les conquêtes germaniques. L’école romaniste et la théorie des races », Revue des deux mondes, juillet-août 1873, p. 305.
366 366. Ibid., p. 306.
367 367. Voir le chapitre vi.
368 368. Ibid., p. 306.
369 369. Ibid.
370 370. Un autre usage de la notion de « romanisme » était néanmoins apparu quelques années auparavant dans le cadre des débats sur les origines de la Bretagne : voir, à ce propos, le chapitre ix.
371 371. Rappelons qu’il s’agit du titre de la série d’articles que Geffroy publia dans la Revue des deux mondes à partir de novembre 1871 (repris ensuite dans son livre Rome et les Barbares. Étude sur la Germanie de Tacite, Paris, Didier, 1874).
372 372. Camille Jullian corrigeait néanmoins : « Il l’était cependant, et dans plus d’un sens : il suffit de voir le peu de place qu’il laisse aux souvenirs germains après l’invasion, et l’insistance avec laquelle il a combattu les germanistes, qui l’ont précédé. » (Extraits des historiens français du xixe siècle, op. cit., p. cxxi. C’est Jullian qui souligne.)
373 373. L’École française d’Athènes avait été créée en 1846.
374 374. Le premier tome de l’Histoire des origines du christianisme, intitulé Vie de Jésus, parut en 1863.
375 375. Fustel de Coulanges, La Cité antique. Étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome, Paris, Durand, 1864. Marc Bloch écrivait en 1930, à l’occasion des cérémonies du centenaire de la naissance de Fustel de Coulanges : « Il n’a jamais, à ma connaissance, prononcé les noms de Lamarck ou de Darwin, pas plus que celui d’Auguste Comte ; si avec Berthelot ou Claude Bernard il a, ce que j’ignore, entretenu quelques relations, ce n’ont été sans doute que de lointains rapports de collègue à collègue. Son œuvre cependant n’apparaît-elle pas toute pénétrée d’évolutionnisme et toute baignée dans cette atmosphère de déterminisme scientifique, qui a été le signe victorieux de la grande époque où il a vécu ? » (« Fustel de Coulanges, historien des origines françaises », L’Alsace française, n° 479, 16 mars 1930, p. 209.)
376 376. Voir François Hartog, Le xixe siècle et l’histoire. Le cas Fustel de Coulanges [1988], Paris, Seuil, 2001, p. 48.
377 377. Fustel de Coulanges, Leçons à l’impératrice sur les origines de la civilisation française [1870], Reims, Éditions de l’infini, 2010, p. 93-94. [La première édition du texte est due, en 1930, au petit-fils de Fustel, P. Fabre.]
378 378. Je me range ici à l’avis de Claude Nicolet (La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 209 et suiv.), plutôt qu’à celui de François Hartog (Le xixe siècle et l’histoire, op. cit., p. 54 et suiv.).
379 379. Fustel de Coulanges, « De la manière d’écrire l’histoire en France et en Allemagne depuis cinquante ans », Revue des deux mondes, 1er septembre 1872, p. 241.
380 380. Ibid., p. 242.
381 381. Ibid., p. 243.
382 382. Ibid., p. 244.
383 383. Ibid., p. 251.
384 384. Voir le chapitre iii.
385 385. Fustel de Coulanges, « L’invasion germanique au ve siècle. Son caractère et ses effets », Revue des deux mondes, 15 mai 1872, p. 241.
386 386. Ibid. On a vu, au chapitre vi, la distance que le vieux Thierry avait lui-même prise par rapport à cette théorie.
387 387. Ibid.
388 388. Ibid., p. 242.
389 389. Ibid.
390 390. Ibid., p. 268.
391 391. Le Constitutionnel, 20 juillet 1875 (cité in François Hartog, Le xixe siècle et l’histoire, op. cit., p. 87).
392 392. « L’invasion du ve siècle n’a apporté ni un sang nouveau, ni une nouvelle langue, ni de nouvelles conceptions religieuses, ni un droit particulier, ni des institutions qui vinssent directement de la Germanie. Elle n’a pas substitué, sur la terre gauloise, un caractère et un esprit germaniques au caractère et à l’esprit gallo-romains. » (Fustel de Coulanges, L’Invasion germanique, Paris, Hachette, 1891, p. 558.)
393 393. Sur Monod, voir la mise au point de Yann Potin, « Les fantômes de Gabriel Monod. Papiers et paroles de Jules Michelet, érudit et prophète », Revue historique, n° 664, 2012/4, p. 803-836.
394 394. Voir les comptes rendus de Gabriel Monod dans la Revue politique et littéraire (1er et 15 mai 1875) et dans la Revue critique (1er avril 1876).
395 395. Histoire de la Constitution allemande, dont la première édition en huit volumes fut achevée en 1878.
396 396. Voir à ce sujet Charles-Olivier Carbonell, Histoire et historiens, op. cit. Sur le contexte plus général de cette évolution, voir Wolf Lepenies, Les Trois Cultures. Entre science et littérature, l’avènement de la sociologie [1985], Paris, Éditions de la MSH, 1990 ; et Laurent Mucchielli, « Aux origines de la Nouvelle Histoire en France : l’évolution intellectuelle et la formation du champ des sciences sociales (1870-1930) », Revue de synthèse, 1995, p. 55-98.
397 397. Cité dans François Hartog, Le xixe siècle et l’histoire, op. cit., p. 105. Fustel essaya d’ailleurs de se défendre de cette accusation en soulignant la dimension empirique de son travail et ce que celui-ci apportait de précis aux études historiques : « Ce qui m’a le plus surpris, c’est que vous ayez passé sous silence la vérité capitale qui ressort de mes longues recherches, à savoir que […] la société gauloise est devenue de plus en plus une société aristocratique […] et qu’enfin ce caractère aristocratique de la société s’est continué sous les Mérovingiens. C’est là, Monsieur, le fond même de mon livre ; l’originalité de mon travail est là bien plutôt que dans ce prétendu système que vous m’attribuez contre les Germains. » (Lettre à Monod de 1876, publiée dans Annales ESC, n° 2, 1954, p. 153, également citée par François Hartog, Le xixe siècle et l’histoire, op. cit., p. 75.)
398 398. Marc Bloch, « Fustel de Coulanges, historien des origines françaises », op. cit., p. 206.
399 399. Cité in François Hartog, Le xixe siècle et l’histoire, op. cit., p. 173.
400 400. Avec des nuances, toutefois : c’était parfaitement vrai pour Maurras, nettement moins pour Barrès, pour qui les Germains avaient apporté en France la notion de royauté, malheureusement écartée par la Révolution. Avec 1789, note-t-il dans ses Cahiers, « ce pays élimine son germanisme, la monarchie, mais alors il n’a plus rien ; il formule ses Droits de l’homme qui n’ont rien de proprement national, de français » (ibid., p. 188).
401 401. Ainsi, en 1905, Paul Bourget ou Gustave Fagniez (ibid., p. 184 et 188).
402 402. Jacques Bainville, Histoire de France, Paris, Fayard, 1924, p. 9.
403 403. Ibid., p. 13.
404 404. Ibid., p. 15.
405 405. Ibid., p. 14.
Chapitre VIII. Le sol et ses frontières
406 406. Sur les conditions politiques et sociales de ce phénomène, voir Christophe Charle, Naissance des intellectuels. 1880-1900, Paris, Minuit, 1990.
407 407. Rappelons que, sous l’effet de la politique scolaire de la République, le nombre des étudiants des facultés de lettres passa de moins de 2500 à près de 40 000 entre 1888 et 1908 et le nombre des postes d’enseignants de 500 en 1880 à plus de mille en 1909 (Pierre Nora, « L’Histoire de France de Lavisse », in Pierre Nora [dir.], Les Lieux de mémoire, vol. 2, t. I, Paris, Gallimard, 1986, p. 317 et 320).
408 408. Jules Michelet, Histoire de France, t. I, op. cit., p. 21.
409 409. Voir le chapitre v.
410 410. Jules Michelet, Histoire de France, t. II, op. cit., p. 89.
411 411. Ibid., t. I [1869], p. 10.
412 412. Louis de Carné, « De la constitution de l’unité nationale en France », Revue des deux mondes, t. XX, 1847, p. 473. Carné fait manifestement référence à ce passage du début du Tableau de la France : « Passez de la Seine-Inférieure au Calvados, et du Calvados à la Manche, quelles que soient la richesse et la fertilité de la contrée, les villes diminuent de nombre, les cultures aussi ; les pâturages augmentent. Le pays est sérieux ; il va devenir triste et sauvage. Aux châteaux altiers de la Normandie vont succéder les bas manoirs bretons. Le costume semble suivre le changement de l’architecture. Le bonnet triomphal des femmes de Caux, qui annonce si dignement les filles des conquérants de l’Angleterre, s’évase vers Caen, s’aplatit dès Villedieu ; à Saint-Malo, il se divise, et figure au vent, tantôt les ailes d’un moulin, tantôt les voiles d’un vaisseau. » (Jules Michelet, Histoire de France, op. cit., t. II [1834], p. 10.)
413 413. Jules Michelet, Histoire de France, t. I [1869], op. cit., p. 10.
414 414. Voir Christian Goudineau, Par Toutatis ! Que reste-t-il de la Gaule ?, Paris, Seuil, 2002, p. 77-92.
415 415. Joseph de Maistre, Fragments sur la France, Œuvres complètes, t. I, Lyon, Vitte et Perrussel, 1884-1886, p. 189.
416 416. Voir le chapitre iv.
417 417. Cité dans Daniel Nordman, « Des limites d’État aux frontières nationales », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., vol. 2, t. II, p. 50.
418 418. Ibid., p. 35-61.
419 419. Voir à ce propos Sylvain Venayre, Panorama du voyage. 1780-1920. Mots, figures, pratiques, Paris, Les Belles Lettres, 2012, p. 31-72.
420 420. Jules Michelet, Histoire de France, t. II [1834], op. cit., p. 7.
421 421. Auguste Longnon, La Formation de l’unité française. Leçons professées au Collège de France en 1889-1890, préface de Camille Jullian, Paris, Picard, 1922, p. 361.
422 422. Ibid., p. 363.
423 423. Gabriel de Mortillet, Le Préhistorique. Antiquité de l’homme, Paris, Reinwald, 1882.
424 424. Nathalie Richard, Inventer la Préhistoire. Les débuts de l’archéologie préhistorique en France, Paris, Vuibert, 2008, p. 165 et 195-200. Voir aussi Arnaud Hurel, La France préhistorienne de 1789 à 1941, Paris, CNRS éditions, 2007. L’ouvrage de Mortillet de 1897 fait néanmoins exception : je reviendrai sur ce cas particulier dans le chapitre x.
425 425. Krzysztof Pomian, « Francs et Gaulois », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., vol. 3, t. I, 1992, p. 86.
426 426. Camille Jullian, « Les origines historiques du sol français », Revue bleue, 1er janvier 1910, p. 1.
427 427. Ibid.
428 428. Ibid., p. 4.
429 429. Ibid., p. 38. Je souligne.
430 430. Ibid., p. 3.
431 431. Ainsi Élisée Reclus dans le deuxième volume de la Nouvelle géographie universelle (Paris, Hachette, 1877). Voir Marie-Claire Robic, « Paris, la centralité de la France et le Français moyen : les solutions géographiques d’Elisée Reclus », in J. Feldman, G. Lagneau et B. Matalon (dir.), Moyenne, milieu, centre. Histoires et usages, Paris, Éd. de l’EHESS, 1991.
432 432. Voir François Walter, Les Figures paysagères de la nation. Territoire et paysage en Europe (xvie-xxe siècle), Paris, Éd. de l’EHESS, 2004.
433 433. Paul Vidal de La Blache, Tableau de la géographie de la France [1903], Paris, Tallandier, 1979, p. 4.
434 434. Ibid., p. 6.
435 435. Cité dans Jean-Yves Guiomar, « Le Tableau de la géographie de la France », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., vol. 2, t. I, p. 588.
436 436. Paul Vidal de La Blache, Tableau de la géographie de la France, op. cit., p. 8. Je souligne.
437 437. Ibid., p. 7. « Cependant nous répétons bien volontiers le mot de Michelet : “La France est une personne.” »
438 438. Publié entre 1882 et 1891, Anthropogeographie de Friedrich Ratzel, professeur à l’université de Leipzig à partir de 1886, soulignait l’importance du facteur humain dans l’évolution de l’espace. Une seconde édition du livre parut en 1899 : Émile Durkheim en rendit compte dans L’Année sociologique. Le livre n’a jamais été traduit en français.
439 439. Voir par exemple les remarques de Lucien Febvre, dans l’épilogue de ce livre.
440 440. Paul Vidal de La Blache, Tableau de la géographie de la France, op. cit., p. 3.
441 441. Ibid., p. 8.
442 442. Ce n’est pas un hasard si le Tableau de la géographie de la France est pour l’essentiel une analyse de la France rurale, l’espace produit par l’industrie apparaissant très peu. (Pour Vidal, la France était née d’abord du travail des fleuves, Seine et Loire principalement, et de la façon dont les hommes avaient utilisé ceux-ci depuis des temps immémoriaux.)
Chapitre IX. La langue et la patrie
443 443. Les prémisses de cette idée se trouvent déjà dans les Antiquités de la nation et de la langue des Celtes, que dom Pezron fit paraître en 1703.
444 444. Les Éléments de la langue des Celtes Gomérites ou Bretons de Le Brigant étaient sous-titrés Introduction à cette langue et par elle à celles de tous les peuples connus. La première édition du livre de La Tour d’Auvergne parut en 1792 sous le titre Nouvelles Recherches sur la langue, l’origine et l’antiquité des Bretons ; les deux suivantes, sous le titre Origines gauloises, datent de 1797 et 1801. Voir Jean Balcou, « La Tour d’Auvergne, théoricien breton du mythe gaulois », in Jean Ehrard et Paul Viallaneix (dir.), Nos ancêtres les Gaulois, op. cit., p. 107-113.
445 445. La Tour d’Auvergne affirmait « qu’Ève ayant présenté la pomme à son mari, celui-ci en demanda un morceau (a’tam), d’où lui vint le nom d’Adam ; et que sa compagne lui offrit de l’eau en disant « ev », bois, ce qui lui valut le nom d’Ève » (voir Marc Décimo, « La celtomanie au xixe siècle », Bulletin de la société de linguistique de Paris, t. XCIII, fasc. 1, 1998, p. 5).
446 446. Cité in Jean Balcou, « La Tour d’Auvergne, théoricien breton du mythe gaulois », op. cit., p. 113.
447 447. Jean-François Legonidec, Grammaire celto-bretonne, Paris, Lebour, Villet et Duffaux, 1807, p. vii. Dans son Dictionnaire celto-breton, paru en 1821, Legonidec donnait à ce propos cet argument : « Si l’on me demande à quels caractères on peut reconnaître la haute antiquité de la langue celto-bretonne, je répondrai, en rappelant un principe assez généralement reçu sur cette matière : que les mots dans lesquels il entre le moins d’éléments, doivent être regardés comme les plus près de leur source. Or, dans son origine, cette langue était toute monosyllabique : ses mots ne sont composés que de deux, de trois, ou au plus de quatre syllabes. Combien d’ailleurs pourrait-on citer de langues qui, comme celle-ci, ne reconnaissent ni leur origine, ni la langue mère dont elles descendent ? » (Angoulême, Trémeau, 1821, p. vi.)
448 448. Jean-François Legonidec, Grammaire celto-bretonne, op. cit., p. vii.
449 449. Société royale des antiquaires de France, Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, t. I, Paris, Fournier, 1817, p. i.
450 450. Voir à ce sujet Mona Ozouf, « L’invention de l’ethnographie française : le questionnaire de l’Académie celtique », Annales ESC, mars-avril 1981, p. 210-230.
451 451. Ibid., p. 210.
452 452. L’Académie celtique ne disparut qu’en 1813, mais son activité s’était fortement réduite dès 1810.
453 453. Voir Odile Parsis-Barubé, La Province antiquaire. L’invention de l’histoire locale en France (1800-1870), Paris, Éd. du CTHS, 2011, p. 56-75.
454 454. Société royale des antiquaires de France, Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, op. cit., p. v. C’est l’auteur qui souligne.
455 455. Marc Décimo, op. cit., p. 6.
456 456. Louis de Carné, « De la Bretagne et de son histoire », Revue européenne, n° 15, vol. V, 1832, p. 261.
457 457. Ibid., p. 263.
458 458. Jules Michelet, Histoire de France, t. II, op. cit., p. 11.
459 459. Ibid., p. 11. C’est Michelet qui souligne.
460 460. Ibid., p. 20. D’après Charles Le Goffic, ce « bonhomme Système », qui n’était pas exactement un vieillard, vivait à Tréguier et s’appelait Louis-Marie Le Duigou, (voir L’Âme bretonne [1908], t. II, Cressé, Éd. des Régionalismes-Pyrémonde-Princi Negue, 2011, p. 59-66).
461 461. Il n’était pas le seul. Sur les inspirateurs de La Villemarqué, voir Jean-Yves Guiomar, « Le Barzaz-Breiz de Théodore Hersart de La Villemarqué », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., vol. 3, t. II, p. 526-565.
462 462. La Villemarqué professait des idées plutôt libérales.
463 463. Barzaz Breiz signifie « Chants populaires de la Bretagne ».
464 464. Théodore Hersart de La Villemarqué, Essai sur l’histoire de la langue bretonne, Paris, Franck, 1847, p. v.
465 465. Ibid., p. vi.
466 466. Sur ceux-ci, voir Jean-Yves Guiomar, Le Bretonisme. Les historiens bretons au xixe siècle, Rennes, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 1987.
467 467. Aurélien de Courson, Histoire des origines et des institutions des peuples de la Gaule armoricaine et de la Bretagne insulaire, depuis les temps les plus reculés jusqu’au ve siècle, Saint-Brieuc, Prud’homme, 1843, p. xvi.
468 468. Arthur de la Borderie, « Léon Aubineau, Critique générale et réfutations (M. Augustin Thierry) », Bibliothèque de l’École des chartes, Paris, Droz, 1853, p. 406.
469 469. Voir le chapitre vi.
470 470. Louis de Carné, « De la Bretagne et de son histoire », op. cit., p. 252.
471 471. Arthur de La Borderie, « Influence de l’élément religieux, et en particulier des saints, sur les origines de la société bretonne. Recherches historiques sur le culte des saints bretons », Bulletin archéologique de l’Association bretonne, Rennes/Paris, Verdier/Didron 1850, vol. 2, p. 23.
472 472. « Les chartes du cartulaire de Saint-Sauveur de Redon attestent à chaque ligne que les anciennes institutions, de même que la langue nationale, avaient passé la mer avec les émigrés […]. On dirait que l’organisation féodale de la Bretagne insulaire a été, qu’on me passe l’expression, transportée tout d’une pièce sur le continent. » (Aurélien de Courson, Histoire des peuples bretons [1846], cité in Jean-Yves Guiomar, Le Bretonisme, op. cit., p. 386.)
473 473. Arthur de La Borderie, « Influence de l’élément religieux… », op. cit., p. 23.
474 474. Ibid., p. 26. C’est La Borderie qui souligne.
475 475. Et monarchiste : La Borderie fut élu député de Vitré, sous cette étiquette, en 1871.
476 476. Jean-Yves Guiomar, Le Bretonisme, op. cit., p. 393.
477 477. L’Association normande d’Arcisse de Caumont avait été créée en 1831. Fondée en 1843, l’Association bretonne devait initialement s’occuper d’agriculture. La section d’archéologie, dont elle se dota l’année suivante, devint néanmoins le principal lieu de discussion des travaux sur les origines de la Bretagne.
478 478. Ibid., p. 3. L’ouvrage était présenté comme « honoré du suffrage de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ».
479 479. E. Halléguen, L’Armorique bretonne, celtique, romaine et chrétienne ou les Origines armorico-bretonnes, Paris, Durand 1864, p. 1.
480 480. Ibid., p. 1. C’est Halléguen qui souligne.
481 481. Ibid., p. 2. C’est Halléguen qui souligne dans les deux cas.
482 482. Voir le chapitre vii.
483 483. En tout cas du point de vue de savants tels que Michel Bréal et Gaston Paris, lesquels s’opposaient à un autre mouvement, représenté par la Société de linguistique et de philologie comparée, créée en 1869. Sur cette dernière, voir le chapitre x.
484 484. Voir le chapitre vi.
485 485. De fait, il avait déjà publié, en 1859, une Antiquité des patois. Antériorité de la langue française sur le latin (Paris, Dentu, 1859).
486 486. Gaston Paris, « Histoire des origines de la langue française, par M. A. Granier de Cassagnac, Paris, Didot, 1872 », Revue critique d’histoire et de littérature, n° 19, 10 mai 1873, p. 289 et 301.
487 487. Ibid., p. 290. C’est Paris qui souligne.
488 488. Ibid., p. 289.
489 489. Ibid., p. 290.
490 490. Gaston Paris lui avait d’ailleurs déjà consacré un compte rendu assassin (Revue critique d’histoire et de littérature, 1867, 2e semestre, p. 372-376).
491 491. Voir Ursula Böhler, Gaston Paris et la philologie romane, Genève, Droz, 2004.
492 492. En 1835, le volume XVIII de l’Histoire littéraire de la France exposait ainsi longuement les thèses des deux « athlètes » qu’étaient alors La Rue et Raynouard (Jean-Yves Guiomar, « Le Barzaz-Breiz », op. cit., p. 530-532).
493 493. Voir Philippe Martel, Les Cathares et l’Histoire. Le drame cathare devant ses historiens (1820-1992), Toulouse, Privat, 2002, p. 21-29 notamment. Sismondi, qui avait publié en 1813 De la littérature du midi de l’Europe, joua un grand rôle dans la définition de ce stéréotype.
494 494. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, éd. A. Déruelle, op. cit., p. 108.
495 495. Ibid., p. 109.
496 496. Ibid.
497 497. Claude Fauriel, « Du système de M. Raynouard sur l’origine des langues romanes », Bibliothèque de l’École des chartes, 1840, t. II.
498 498. Ibid., p. 517.
499 499. Cité in Christine Pouzoulet, « Fauriel et la question de Dante : des origines d’une langue littéraire nationale », Littérature et nation, n° 9, mars 1992, p. 13.
500 500. Claude Fauriel, Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants germains, Paris, Paulin, 1836, p. vii.
501 501. Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, éd. A. Déruelle, op. cit., p. 104.
502 502. Voir son Tableau historique et littéraire de la langue parlée dans le midi de la France et connue sous le nom de langue romano-provençale, publié en 1841.
503 503. Philippe Martel, Les Cathares et l’Histoire, op. cit., p. 66-73.
504 504. Mary-Lafon, Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la France depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Paris/Lyon, Mellier/Guyot, 1845, p. 1.
505 505. Ibid., p. 5.
506 506. Ils parlèrent d’ailleurs plus volontiers d’« Occitanie », un terme que Mary-Lafon employait aussi à l’occasion, mais sans le charger d’aucune valeur particulière.
507 507. Rappelons que le jeune Edgar Quinet fut, en 1827, le traducteur français, à partir de la version anglaise, des Idées sur la philosophie de l’histoire de l’humanité de Herder.
508 508. Jules Michelet, Histoire de France, t. II, op. cit., p. 7.
509 509. Ibid., p. 75.
510 510. Ibid., p. 57.
511 511. Ibid.
512 512. Cité in Daniel Nordman, « Des limites d’État aux frontières nationales », op. cit., p. 55.
513 513. Ibid., p. 52.
514 514. Voir les chapitres VII et VIII.
515 515. Peut-être cette situation sociale marginale contribue-t-elle à expliquer le soutien insolite que Longnon apporta, au début du xxe siècle, aux conceptions de l’histoire défendues, à l’extérieur de l’Université, par l’Institut d’Action française.
516 516. Auguste Longnon, La Formation de l’unité française, op. cit., p. 362.
517 517. Ibid.
518 518. Il le fut aussi sur le sujet de la race, qui lui était étroitement lié : voir à ce propos le chapitre x.
519 519. « Les politiques qui s’en faisaient les interprètes dans la presse aidèrent puissamment à la création du royaume d’Italie. Ils préparèrent en même temps le triomphe des mêmes principes au-delà du Rhin, c’est-à-dire la formation de cette unité allemande qui devait nous être si funeste. Depuis longtemps, de l’autre côté du Rhin, on familiarisait le peuple par tous les moyens, livres, cartes, journaux, avec cette idée que les pays de langue germanique devaient être unis à la patrie allemande. “Pas un village où l’on parle allemand, s’écriait-on, ne doit être perdu pour l’Allemagne.” Cependant nos politiques à courte vue n’entrevirent pas combien cette doctrine serait défavorable à la France : en 1866, ils applaudirent à la dissolution de la Confédération germanique, laquelle était hors d’état de nous nuire, et à la défaite de l’Autriche par les Prussiens, ceux de tous les coalisés de 1814 et 1815 qui s’étaient alors montrés les plus haineux envers notre pays. Et, quatre ans plus tard, ils s’étonnèrent de voir l’Allemagne nous ravir, avec l’Alsace, la Lorraine septentrionale ! » (Ibid.)
520 520. Cité in Daniel Nordman, « Des limites d’État aux frontières nationales », op. cit., p. 56.
521 521. Ibid., p. 58. Sur cette commission, voir notamment Peter Schöttler, « Le Rhin comme enjeu historiographique dans l’entre-deux-guerres. Vers une histoire des mentalités frontalières », Genèses, n° 14, 1994, p. 66-67.
522 522. Camille Jullian, « L’ancienneté de l’idée de nation », Revue bleue, 18 janvier 1913, p. 69.
523 523. Ibid.
524 524. Ibid.
525 525. Cela dit, Jullian précisait que ces dialectes étaient issus d’une même « langue maîtresse ».
526 526. Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une nation ? » [1882], Langue française et identité nationale, Limoges, Lambert-Lucas, 2009, p. 21. Voir Laudyce Rétat, « Les Gaulois et les substitutions d’origine dans la conscience historique de Renan », in Jean Ehrard et Paul Viallaneix (dir.), Nos ancêtres les Gaulois, op. cit., p. 339-345. Sur la conférence de Renan, voir le chapitre x.
527 527. Camille Jullian, « L’ancienneté de l’idée de nation », op. cit., p. 70.
528 528. Ibid.
529 529. Ernest Lavisse, Histoire de France. Cours élémentaire, Paris, Armand Colin, 1913, p. 5. Sur cette question, voir notamment Christian Goudineau, Le Dossier Vercingétorix, Arles, Actes Sud, 2001.
530 530. Ibid.
Chapitre X. La race et l’histoire
531 531. Voir par exemple Charles-Olivier Carbonell, « La France, fille aînée de l’histoire : Camille Jullian, historien de l’identité française », Camille Jullian. L’histoire de la Gaule et le nationalisme français, Lyon, PUL, 1991, p. 108-110 ; Claude Nicolet, La Fabrique d’une nation, op. cit., p. 223, 235 et 278, ou encore la présentation de Denis Crouzet et Élisabeth Crouzet-Pavan, in Lucien Febvre et François Crouzet, Nous sommes des sang-mêlés. Manuel d’histoire de la civilisation française, Paris, Albin Michel, 2012, p. 14 et 324-329 notamment.
532 532. Voir par exemple Carole Reynaud-Paligot, De l’identité nationale. Science, race et politique en Europe et aux États-Unis. xixe-xxe siècle, Paris, PUF, 2011, p. 85-152 notamment.
533 533. Bernard Sergent, Les Indo-Européens. Histoire, langues, mythes [1995], Paris, Payot, 2005, p. 23.
534 534. Voir le chapitre v. C’est Michelet qui souligne.
535 535. Auxquels s’ajoute le Danois Christian Rask, lequel nommait « vieux thrace » la langue commune disparue d’où seraient issues les langues européennes.
536 536. Bernard Sergent, Les Indo-Européens, op. cit., p. 32.
537 537. Pascale Rabault-Feuerhahn, L’Archive des origines. Sanskrit, philologie, anthropologie dans l’Allemagne du xixe siècle, Paris, Cerf, 2008, p. 269.
538 538. Ibid., p. 270.
539 539. Claude Blanckaert, « Le darwinisme et ses doubles : note sur la linguistique organiciste », Romantisme, n° 154, 2011, p. 65-75. Dans l’historiographie, ce courant particulier de la linguistique a été également nommé « naturaliste » ou « dynamique ». Voir aussi Judith Schlanger, Les Métaphores de l’organisme, op. cit., p. 125-131.
540 540. Adolphe Pictet, Les Origines indo-européennes ou les Aryas primitifs. Essai de paléontologie linguistique, Paris, Cherbuliez, 1859, p. 7.
541 541. Ibid., p. 1.
542 542. Bréal fut élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1875. Gaston Paris, qui l’avait rejoint au Collège de France en 1872, fut élu à son tour à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1876, puis à l’Académie française en 1896.
543 543. Honoré Chavée, Les Langues et les races [1862], cité in Sylvain Auroux, « Le comparatisme en linguistique », in Isabelle Poutrin (dir.), Le xixe siècle. Science, politique, tradition, Paris, Berger-Levrault, 1995, p. 81. Sur Chavée, voir Piet Desmet, (1867-1922). Nature, origine et évolution du langage, Louvain/Paris, Peeters, 1996, p. 81-103.
544 544. Abel Hovelacque, La Linguistique [1876], cité in Piet Desmet, La Linguistique naturaliste en France, op. cit., p. 238.
545 545. Ibid., p. 241.
546 546. Voir le chapitre iii. Pour une étude précise du lien entre linguistique et anthropologie dans les deux premiers tiers du xixe siècle, voir Claude Blanckaert, « Un fil d’Ariane dans le labyrinthe des origines… », op. cit., p. 137-171.
547 547. Sur cette histoire, voir Claude Blanckaert, De la race à l’évolution. Paul Broca et l’anthropologie française (1850-1900), Paris, L’Harmattan, 2009, p. 209-253 notamment.
548 548. La généalogie de cette pratique de la mesure des crânes remonte en réalité au-delà de Retzius et d’Edwards, jusqu’à la définition par le naturaliste hollandais Petrus Camper, dans les années 1770, de l’angle facial.
549 549. Texte de 1863 (cité in Claude Blanckaert, De la race à l’évolution, op. cit., p. 221).
550 550. Ibid., p. 232.
551 551. Sur ces débats, voir le chapitre ix.
552 552. Paul Broca, « Nouvelles recherches sur l’anthropologie de la France en général et de la Basse-Bretagne en particulier », Mémoire de la Société d’anthropologie de Paris, 20 décembre 1866.
553 553. Ainsi Franz Brunner, dit Pruner-Bey, un Allemand qui fut le principal contradicteur de Broca dans les années 1860 et qui mourut, en 1882, à l’âge de 72 ans.
554 554. Ainsi Armand de Quatrefages et Ernest-Théodore Hamy, dans le cadre du Muséum d’histoire naturelle.
555 555. Cité dans Claude Blanckaert, De la race à l’évolution, op. cit., p. 253.
556 556. Voir par exemple Pierre-André Taguieff, La Couleur et le sang. Doctrines racistes à la française, Paris, Mille et Une Nuits, 1998, p. 91-163.
557 557. Benoît Massin, « L’anthropologie raciale comme fondement de la science politique. Vacher de Lapouge et l’échec de l’“anthroposociologie” en France (1886-1936) », in Claude Blanckaert (dir.), Les Politiques de l’anthropologie. Discours et pratiques en France (1860-1940), Paris, L’Harmattan, 2001, p. 282.
558 558. Georges Vacher de Lapouge, « Évolution anthropologique de la population de la France », Race et milieu social. Essais d’anthroposociologie, Paris, Rivière, 1909, p. 46.
559 559. Ibid., p. 63.
560 560. Ibid.
561 561. Voir à ce sujet Benoît Massin, « L’anthropologie raciale comme fondement de la science politique », op. cit., p. 269-334.
562 562. Sur ce point, voir Carole Reynaud-Paligot, De l’identité nationale, op. cit., p. 193-203.
563 563. Pour Gobineau, toutefois, le mélange des races – regrettable, car diminuant l’énergie première des peuples – était inexorable. Contrairement à Vacher de Lapouge, l’aristocratique et fataliste diplomate, qui croyait être lui-même le descendant d’un pirate viking conquérant de la Normandie au ixe siècle, n’avait imaginé aucune politique susceptible de lutter contre le cours des choses.
564 564. Theodor Pösche, Die Arier. Ein Betrag zur historischen Anthropologie, Iéna, 1878 et Karl Penka, Origines Ariacae. Linguistisch-ethnologische Untersuchungen zur ältesten Geschichte der arischen Völker und Sprachen, Vienne 1883 (voir Pascale Rabault-Feuerhahn, op. cit., p. 281-283).
565 565. Les relations de Ludwig Schemann avec la Revue des deux mondes permirent de faire paraître en 1907, dans les colonnes de la revue, la correspondance de Gobineau avec Tocqueville, échangée un demi-siècle plus tôt.
566 566. Un premier bilan en a été établi par Claude Digeon, La Crise allemande de la pensée française (1870-1914), Paris, PUF, 1959.
567 567. Elle avait été créée en 1855 en remplacement de la chaire d’anatomie et d’histoire naturelle.
568 568. Voir Michael Werner, « La nation revisitée en 1870-1871. Visions et redéfinitions de la nation en France pendant le conflit franco-allemand », Revue germanique internationale, n° 4, 1995, p. 181-200 ; et Carole Reynaud-Paligot, De l’identité nationale, op. cit., p. 121-126.
569 569. Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1856, professeur au Collège de France en 1862, il fut élu à l’Académie française en 1878.
570 570. Texte de 1859, cité in Carole Reynaud-Paligot, La République raciale. 1860-1930, Paris, PUF, 2006, p. 160.
571 571. « On ne réfléchit pas assez à ce qu’a d’étrange ce fait qu’une antique race continuant jusqu’à nos jours sa vie propre dans quelques îles et presqu’îles perdues de l’Occident, de plus en plus distraite, il est vrai, par les bruits du dehors, mais fidèle encore à sa langue, à ses souvenirs, à ses mœurs et à son génie. On oublie surtout que ce petit peuple, resserré maintenant aux confins du monde, au milieu des rochers et des montagnes où ses ennemis n’ont pu le forcer, est en possession d’une littérature qui a exercé au Moyen Âge une immense influence, changé le tour de l’imagination européenne et imposé ses motifs poétiques à presque toute la chrétienté. » (Ernest Renan, « La poésie des races celtiques », Revue des deux mondes, janvier-février 1854, p. 474.)
572 572. La dernière édition du texte, explicitement présentée comme une réponse à l’existence d’un ministère « de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement », est représentative de cet usage de Renan (Langue française et identité nationale. Textes d’Ernest Renan (1882), Michel Bréal (1891) et Antoine Meillet (1915), Limoges, Lambert-Lucas, 2009).
573 573. Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une nation ? » [1882], Langue française et identité nationale, op. cit., p. 19.
574 574. Ibid., p. 22.
575 575. Céline Trautmann-Waller, « Langue, peuple, race, nation. Usages de la notion de race, frontières disciplinaires et enjeux politiques chez les philologues en France et en Allemagne dans la deuxième moitié du xixe siècle », in Carole Reynaud-Paligot (dir.), Tous les hommes sont-ils égaux ? Histoire comparée des pensées raciales. 1860-1930, Munich, Oldenbourg, 2009, p. 93-94.
576 576. À ce sujet, il faudrait également cesser de lire le célèbre débat de juillet 1885 entre Jules Ferry et Georges Clemenceau comme une opposition purement théorique entre celui qui croyait à l’inégalité des races et celui qui n’y croyait pas. Clemenceau le reconnaissait d’ailleurs : « Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. » Comprenons que, dans la France des lendemains de la guerre de 1870, il était pratiquement impossible de discourir sur les causes raciales des phénomènes historiques sans que la référence à l’ennemi allemand ne vînt sans cesse réorienter le débat.
577 577. Voir le chapitre viii.
578 578. Mortillet publia ce cours, un an avant sa mort, sous le titre La Formation de la nation française. Textes, linguistique, palethnologie, anthropologie (Paris, Alcan, 1897). Sur ce livre, voir Nathalie Richard, « Archaeological arguments in national debates in late 19th-century France : Gabriel de Mortillet’s La Formation de la nation française (1897) », Antiquity, n° 76, 2002, p. 177-184.
579 579. Gabriel de Mortillet, La Formation de la nation française, op. cit., p. 2.
580 580. Mortillet reprenait à un texte d’Hovelacque, daté de 1875, ses considérations sur les différences entre la race, la langue et la nationalité (ibid., p. 13).
581 581. Ibid., p. 15.
582 582. Ibid.
583 583. Ibid., p. 24.
584 584. Ibid.
585 585. Voir le chapitre ii.
586 586. Dans la réédition de 1855 de son Histoire de France, Martin évoquait en passant « ce droit d’aînesse que réclame aujourd’hui la mystérieuse Arie de l’Asie centrale » (op. cit., t. I, p. vii). Jusqu’à la fin de sa vie, il demeura néanmoins fidèle aux conceptions des ancêtres gaulois héritées d’Amédée Thierry, ce qui contribua au discrédit de son œuvre dans le monde universitaire à la fin du xixe siècle.
587 587. Le titre exact du livre d’Henri d’Arbois de Jubainville est Les Premiers Habitants de l’Europe d’après les auteurs de l’Antiquité et les recherches les plus récentes de la linguistique (Paris, Dumoulin, 1877). Quant au cours d’Alexandre Bertrand, il fut publié entre 1891 et 1897 sous le titre Nos origines (Paris, Leroux). Directeur du Musée de Saint-Germain-en-Laye, Bertrand, qui avait fondé la Revue d’archéologie et participé aux fouilles de Sainte-Reine d’Alise voulues par Napoléon III, avait été aussi président de la Société d’anthropologie en 1868, président de la Société nationale des antiquaires de France en 1877, avant d’être élu en 1881 à l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
588 588. Sur Taine, voir Nathalie Richard, Hippolyte Taine. Histoire, littérature, psychologie, Paris, Classiques Garnier, 2013.
589 589. Hippolyte Taine, Histoire de la littérature anglaise [1863], Paris, Hachette, 1866, t. I, p. xxv.
590 590. Ibid., p. xxiv.
591 591. Ibid., p. xxvi.
592 592. Carole Reynaud-Paligot, La République raciale, op. cit., p. 175-176.
593 593. Sur le point de vue d’Henri Berr sur la psychologie des peuples – et en particulier sa proposition d’une « éthologie collective » – voir son livre La Synthèse en histoire. Essai critique et théorique, Paris, Alcan, 1911, p. 77-85.
594 594. Maurice Dumoulin, « Nos enquêtes. Questionnaire ethnographique. La race française », Revue de synthèse historique, février 1902, p. 34.
595 595. Ibid., p. 35.
596 596. Ibid.
597 597. Ibid.
598 598. Ibid., p. 36.
599 599. Voir à ce sujet le débat qui l’opposa à l’historien roumain Alexandre Dimitri Xénopol en 1899-1901 in Carole Reynaud-Paligot, La République raciale, op. cit., p. 170-173.
600 600. Ce faisant, il contribuait à diffuser l’idée selon laquelle les deux savants, qui avaient pourtant travaillé selon des méthodes et sur des objets très différents, participaient de la même pensée.
601 601. Paul Lacombe, De l’histoire considérée comme science, Paris, Hachette, 1894, p. 313-314 ; Id., La Psychologie des individus et des sociétés chez Taine historien des littératures, Paris, Alcan, 1906.
602 602. Ibid., p. 308.
603 603. Camille Jullian, « À propos du génie ligure », Histoire de la Gaule, Paris, Hachette, 1908, t. I, p. 190. Et Jullian de poursuivre, en donnant des exemples : « Le Méridional, Gascon, Languedocien, Provençal, à la chevelure noire, au ton criard, hardi, rusé et hâbleur, est le véritable arrière-petit-fils du Ligure, fallax Ligus. – Mais celui-ci a laissé d’autres héritiers non moins authentiques chez les Bretons et chez les Basques, qui ont gardé son entêtement, sa vaillance comme marin, sa légèreté comme coureur. Quelques-unes de ses habitudes physiques sont encore passées aux carriers du Limousin et du Piémont, aux laboureurs minutieux du Vivarais, aux pâtres à demi sauvages du Rouergue et du Gévaudan. » (Ibid.)
604 604. Camille Jullian, « Sur l’ancienneté de l’idée de nation », op. cit., p. 66.
605 605. Ibid., p. 67. On relèvera la référence aux « noirs » et aux « jaunes », qui montre bien que, pour Jullian comme pour ses contemporains, le refus de l’explication par la race du mystère des origines nationales n’empêchait absolument pas de croire, par ailleurs, aux conséquences de l’existence des races.
606 606. Ibid.
607 607. Lucien Febvre, « Le développement des langues et l’histoire », Revue de synthèse historique, t. XXVII, 1913, p. 58.
608 608. Id., La Terre et l’évolution humaine [1922], Paris, Albin Michel, 1970, p. 171.
609 609. Id., « Avant-propos », L’Encyclopédie française, t VII, Paris, Comité de L’Encyclopédie française, 1936, p. 6-7. Sur cette entreprise, voir « Lucien Febvre et l’Encyclopédie française », Cahiers Jaurès, n° 163-164, janvier-juin 2002.
610 610. Lui-même l’admettait d’ailleurs volontiers : « Dire que l’Allemagne est, aux yeux des Allemands, une parenté d’hommes se supposant issus d’une même souche et nourris d’un même sang, mais que la France, pour les Français, c’est un pays, une contrée, un fragment nettement caractérisé et délimité de l’Europe occidentale ; ajouter que ce pays, de bonne heure, a servi de support à une nation qui, de plus en plus, de mieux en mieux, a pris conscience d’elle-même, c’est vraiment énoncer une banalité » (ibid., p. 8). Ajoutons, et c’est essentiel, que cette banalité était redoublée par celle consistant à penser que son expression même était antérieure au bouleversement de 1870.
611 611. Du reste, nombre de défenseurs du schéma d’explication par la race étaient, comme Abel Hovelacque, d’ardents républicains. Voir à ce sujet Carole Reynaud-Paligot, La République raciale, op. cit.
612 612. Texte de 1937, cité in Pierre-André Taguieff, La Force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles, Paris, La Découverte, 1987, p. 133. Comme l’écrit Taguieff, la théorie des races était, pour Maurras, « trop allemande pour être recevable » (ibid., p. 134). Bien d’autres, qui ne professaient pas le « nationalisme intégral », ressentaient la même chose.
613 613. Gustave Bloch, Les Origines, la Gaule indépendante et la Gaule romaine, in Ernest Lavisse (dir.), Histoire de France, t. II [1911], Sainte-Marguerite-sur-Mer, Éditions des Équateurs, 2009, p. 3-32.
614 614. Pierre Gaxotte, Histoire des Français, Paris, Flammarion, 1951, p. 21.
Épilogue. La fin d’une idole
615 615. Charles Seignobos, Histoire sincère de la nation française [1933], Paris, PUF, 1969, p. 7. Voir le vivant portrait du personnage brossé par Antoine Prost dans « Seignobos revisité », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 43, 1994, p. 100-108.
616 616. Lucien Febvre, « Entre l’histoire à thèse et l’histoire-manuel. Deux esquisses récentes d’Histoire de France : M. Benda, M. Seignobos », Revue de synthèse, t. V, n° 3, décembre 1933, p. 205-236. La Revue de synthèse historique était devenue Revue de synthèse en 1913.
617 617. Charles Seignobos, Histoire sincère de la nation française, op. cit., p. 7.
618 618. Ibid., p. 340. Je souligne.
619 619. Ibid., p. 7. Lors de la mise en vente, le livre de Seignobos était ceint d’un bandeau sur lequel était écrit : « La vérité contre la tradition » (Lucien Febvre, « Entre l’histoire à thèse et l’histoire-manuel », op. cit., p. 229).
620 620. Febvre publia La Terre et l’Évolution humaine dans la collection « L’Évolution de l’humanité », créée par Berr en 1920 ; par la suite, il participa aux activités du Centre international de synthèse, fondé par Berr en 1925.
621 621. À ce propos, voir André Burguière, L’École des Annales. Une histoire intellectuelle, Paris, Odile Jacob, 2006.
622 622. Pour Bertrand Müller, ces lectures critiques constituent le cœur même de l’œuvre de Lucien Febvre (voir Lucien Febvre, lecteur et critique, Paris, Albin Michel, 2003, p. 441-455).
623 623. Antoine Prost fait l’hypothèse, malheureusement invérifiable, que Marc Bloch aurait été hostile à la forme d’une telle attaque dans les colonnes des Annales (« Seignobos revisité », op. cit., p. 112).
624 624. Lucien Febvre, « Entre l’histoire à thèse et l’histoire-manuel », op. cit., p. 218.
625 625. Ibid.
626 626. Ibid., p. 219.
627 627. Ibid., p. 229.
628 628. Ibid. C’est Febvre qui souligne.
629 629. Ibid., p. 230.
630 630. Ibid.
631 631. Ibid., p. 212.
632 632. Sur ce point, je me permets de renvoyer à mon livre, Disparu ! Enquête sur Sylvain Venayre, Paris, Les Belles Lettres, 2012, p. 121-156.
633 633. Gustave avait néanmoins passé l’agrégation de lettres, Marc l’agrégation d’histoire et géographie.
634 634. Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien [1949], Paris, Armand Colin, 1997, p. 53.
635 635. Ibid., p. 54.
636 636. Ibid.
637 637. Ibid., p. 55.
638 638. Ibid., p. 56.
639 639. Ibid., p. 57.
640 640. Ibid., p. 56.
641 641. Ibid.
642 642. Ibid., p. 57.
643 643. Ibid.
644 644. Pour une belle démonstration de Michel Bréal, où celui-ci montre que c’est « renverser l’ordre logique que de prétendre éclairer nos idiomes à l’aide de l’indo-européen », voir son article « Les racines indo-européennes », publié dans le Journal des savants en 1876 et repris ensuite dans Mélanges de mythologie et de linguistique, Paris, Hachette, 1877, p. 375-377 notamment.
645 645. Dans la Revue historique, Gabriel Monod, soucieux de faire de l’histoire une science, mettait en garde contre « ces questions d’origines, très délicates et dangereuses à traiter, parce que les hypothèses et les théories philosophiques y tiennent une grande place » (texte de 1881, cité dans Nathalie Richard, « L’homme invisible », in Albert et Jacqueline Ducros [dir.], L’Homme préhistorique. Images et imaginaire, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 71).
646 646. Le livre de Marc Bloch fut notamment réédité en 1974, avec une préface de Georges Duby, et en 1993, avec une préface de Jacques Le Goff.
647 647. Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des idoles [1888], trad. H. Albert, maxime 24. C’est Nietzsche qui souligne.
648 648. Marc Bloch, Apologie pour l’histoire, op. cit., p. 53.
649 649. Michel Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l’histoire » [1971], Dits et écrits, Paris, Gallimard, 2001, t. I, p. 1006.
650 650. Ibid., p. 1007.
651 651. Ibid. Nietzsche prétendait à cet égard que, selon Luther, Dieu aurait créé le monde dans un moment d’inattention.
652 652. Ibid., p. 1008.
653 653. Ibid.
654 654. Ibid.
655 655. Ibid., p. 1007.
656 656. Ibid.
657 657. Ibid., p. 1006.
658 658. Ibid., p. 1007.
659 659. Paul Veyne, « Foucault révolutionne l’histoire » [1978], Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1979, p. 231. C’est Veyne qui souligne.
660 660. À ce sujet, voir les chapitres VII et IX.
661 661. Sur l’élaboration des Lieux de mémoire, voir François Dosse, Pierre Nora. Homo historicus, Paris, Perrin, 2011, p. 287-326.
662 662. Voir notamment Pierre Nora, « Entre mémoire et histoire. La problématique des lieux », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol. 1, p. xv-xlii.
663 663. Pierre Nora, « Comment écrire l’histoire de France ? », ibid., vol. 3 [1992], t. I, p. 25-27.
664 664. Ibid., p. 26.
665 665. Les nombreux emprunts aux différents articles des Lieux de mémoire, référencés dans les notes de ce livre, le prouvent suffisamment.
666 666. André Burguière et Jacques Revel, « Préface », in A. Burguière et J. Revel (dir.), Histoire de la France [1989], Paris, Seuil, 2000, t. I, p. 13. Voir aussi les remarques sur ce point de Pierre Nora (« Comment écrire l’histoire de France ? », op. cit., p. 27).
667 667. Ibid., p. 14.
668 668. Ibid.
669 669. Voir le chapitre vi.
670 670. André Burguière et Jacques Revel, « Préface », op. cit., p. 14.
671 671. Ibid., p. 14 ; et Pierre Nora, « Comment écrire l’histoire de France ? », op. cit., p. 26. Le contenu de l’ouvrage avait si peu d’intérêt à leurs yeux, en regard de son titre, que ni Burguière et Revel ni Nora n’en citaient son auteur.
672 672. Ibid., p. 20.
673 673. Ibid., p. 20-21. Je souligne.
674 674. Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, L’Invention de la France. Atlas anthropologique et politique, Paris, Le Livre de Poche, 1981.
675 675. André Burguière et Jacques Revel, « Préface », op. cit., p. 17.
676 676. Fernand Braudel, L’Identité de la France, Paris, Arthaud, 1986, p. 12. Sur le processus qui a conduit Braudel à définir la notion de « longue durée », voir Gérard Noiriel, « Comment on récrit l’histoire. Les usages du temps dans les Écrits sur l’histoire de Fernand Braudel », Penser avec, penser contre. Itinéraire d’un historien, Paris, Belin, 2003, p. 119-144.
677 677. Ibid., p. 13-14.
678 678. Ibid., p. 10. Je souligne.
679 679. Ibid., p. 17.
680 680. Ibid., p. 12.
681 681. Ibid., p. 17.
682 682. Ibid., p. 19. C’est Braudel qui souligne.
683 683. Ibid., p. 17. C’est Braudel qui souligne.
684 684. Michel Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », op. cit., p. 1007.
685 685. Denis Crouzet et Élisabeth Crouzet-Pavan, « Postface », in Lucien Febvre et François Crouzet, Nous sommes des sang-mêlés, op. cit., p. 366.
Conclusion
686 686. Fernand Braudel, « Hommage à Ferdinand Lot », Annales d’histoire économique et sociale, vol. 21, n° 5, 1966, p. 1177.
687 687. Ferdinand Lot, La Gaule. Les Fondements ethniques, sociaux et politiques de la nation française, Paris, Fayard, 1947, p. 20. Voir aussi id., Naissance de la France, Paris, Fayard, 1948.
688 688. Ibid., p. 19.
689 689. Voir par exemple les remarques liminaires de Régine Pernoud dans le premier tome, intitulé « Les origines », de l’Histoire du peuple français dirigée par Louis-Henri Parias : « À partir de quelle époque peut-on parler de peuple français ? Il est évident que si l’on entendait par “peuple” une unité ethnique consciente et fortement caractérisée, l’histoire du peuple français ne commencerait qu’à une date assez récente, et que bien des considérations d’ordre politique ou idéologique entreraient en jeu pour fixer cette date. Les historiens du siècle dernier ne se sont que trop attardés à ces délimitations qui laissent toujours une grande place à l’arbitraire. » (Paris, Nouvelle Librairie de France, 1951, p. 23.)
690 690. Pierre Chaunu, La France. Histoire de la sensibilité des Français à la France, Paris, Robert Laffont, 1982.
691 691. À l’occasion du XVe centenaire du baptême de Clovis, Chaunu défendait néanmoins une théorie un peu différente : voir Pierre Chaunu et Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France. De la religion d’État à la laïcité d’État, Paris, Balland, 1996.
692 692. Pierre Goubert, Initiation à l’histoire de France, Paris, Fayard/Tallandier, 1984, p. 11.
693 693. Ibid.
694 694. Ibid., p. 9.
695 695. Ibid.
696 696. Un historien, poursuivait Lucien Febvre, « on lui demande d’“expliquer” l’un et l’autre de ces personnages historiques » (« Entre l’histoire à thèse et l’histoire-manuel… », op. cit., p. 219).
697 697. L’enquête sur les manuels scolaires est aujourd’hui très bien avancée. Voir par exemple les travaux de Christian Amalvi, notamment De l’art et la manière d’accommoder les héros de l’histoire de France (Paris, Albin Michel, 1988) et Les Héros de l’histoire de France. Comment les personnages illustres de la France sont devenus familiers aux Français (Toulouse, Privat, 2001).
698 698. Sur ces différents mythes, voir Anne-Marie Thiesse, La Création des identités nationales. Europe. xviiie-xxe siècle, Paris, Seuil, 1999.
Extraits. [Les notes sont celles des auteurs des textes eux-mêmes.]
699 699. Nec preme, nec summum molire per œthera currum.
Altius egressus, caelestia tecta cremabis ;Inferius, terras : medio tutissimus ibis.
Neu te dexterior tortum declinet ad Anguem,
Neve sinisterior pressam rota ducat ad Aram,
Inter utrumque tene…
Ovide, Métamorphoses, liv. II, v. 13-18.
700 700. Pendant que la Gaule était sous la domination des Romains, ils formaient des corps particuliers : c’étaient ordinairement des affranchis ou descendants d’affranchis.
701 701. Voyez Grégoire de Tours, liv. II, chap. xxvii ; Aimoin, liv. i, chap. xii.
702 702. Voyez les Vies des saints.
L’école libérale et la généalogie de la famille nationale
703 703. « Frank » est le mot tudesque, le nom national des conquérants de la Gaule, articulé suivant leur idiome ; « Franc » est le mot français, le terme qui, dans notre vieille langue, exprimait la qualité d’homme libre, puissant, considérable ; d’un côté il y a une signification ethnographique, de l’autre une signification sociale correspondant à deux époques bien distinctes de notre histoire ; c’est cette diversité de sens que j’ai voulu marquer d’un signe matériel par la différence d’orthographe.
704 704. Je ne sais si l’amitié m’abuse, mais je crois que la plupart de ces questions ont été résolues par mon frère Amédée Thierry, dans son Histoire des Gaulois.
De la famille à la race. Les ancêtres gaulois des frères Thierry
705 705. Vous serez bien aise de savoir jusqu’à quel point cette description s’accorde avec la manière dont M. Desmoulins et M. Bory de Saint-Vincent ont caractérisé les Gaulois en général. Ni l’un ni l’autre n’ont cherché à faire de distinctions parmi ces peuples. Leurs descriptions devraient donc se rapporter au type pur le plus répandu, c’est-à-dire à celui des Galls ou Gaulois propres de César. Or M. Desmoulins dit expressément que la tête est plus ronde qu’ovale, caractère de premier ordre. Sur ce point important il y a conformité parfaite, et sur les autres il ne saurait exister de contradictions, car il n’entre pas dans le détail des traits. M. Bory dit que le front fuit vers les tempes, caractère qui est une conséquence nécessaire de la forme arrondie de la tête. Quoique ces auteurs ne se soient pas attachés à tracer ce type, vous voyez que ce qu’ils disent des formes et des proporitions se rapporte à ma description.
Les figures de la Providence La nature et le baptême
706 706. L’histoire d’un État populaire est l’histoire de l’homme et de ses actions bonnes ou mauvaises. L’histoire d’un État un est celle de la nature et de ses insensibles développements ; raison pour laquelle nous avons de bonnes histoires des Grecs et des Romains, et que nous n’avons pas une bonne histoire de France.
707 707. Jules Michelet, Histoire de France, t. II, op. cit.
1830 : fin de l’histoire, début de l’histoire
708 708. C’est le point principal sur lequel je diffère de mon savant ami, M. Henri Martin. Du reste, ce dissentiment ne diminue en rien mon estime sympathique pour sa grande et très belle Histoire, si instructive, si riche de recherches et d’idées. Il a été infiniment utile pour raviver la tradition nationale, trop effacée, que deux histoires qui s’aident, se suppléent l’une l’autre, aient paru simultanément.
709 709. La justice me commande d’excepter de cette censure, comme de beaucoup d’autres, l’ouvrage de M. de Sismondi. Cet auteur est entré, à mon avis, dans les véritables voies de l’histoire ; mais malheureusement les opinions accréditées de Mézeray, Velly, Anquetil et leurs disciples prévalent encore dans le public, et c’est à elles que je m’attaque.
710 710. « Nous avons considéré que, bien que l’autorité tout entière résidât en France dans la personne du roi, nos prédécesseurs n’avaient point hésité à en modifier l’exercice, suivant la différence des temps ; que c’est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, la confirmation et l’extension de leurs droits à Saint Louis et à Philippe le Bel. » (Préambule de la charte constitutionnelle de 1814.) – Ce passage a été écrit en 1827.
711 711. « Telle est cette grande révolution qui a été elle-même la source d’une multitude de révolutions qui, en se propageant dans toute l’Europe, l’a couverte de guerres et de troubles, a rempli l’empire d’Allemagne de villes impériales, l’Italie de républiques, a répandu partout une multitude de droits nouveaux, d’états nouveaux, de doctrines et de constitutions nouvelles. » (De la monarchie française, t. I, p. 136.)
712 712. Voici, sur la révolution de 1789, son jugement paradoxal en apparence, mais qui ne manque ni de sens ni de portée historique : « Le peuple souverain, qu’on ne le blâme pas avec trop d’amertume, il n’a fait que consommer l’œuvre des souverains ses prédécesseurs ; il a suivi de point en point la route qui lui était tracée depuis des siècles par les rois, par les parlements, par les hommes de loi, par les savants. » (De la monarchie française, t. I, p. 209.)
1848 : crise de la téléologie
713 713. 27 juin 1789. Bailly avait dit à la séance du 25 juin : « Nous disions, en recevant messieurs du clergé, qu’il nous restait des vœux à former, qu’il manquait des frères à cette auguste famille ; oui, Messieurs, ce qui nous manque nous sera rendu, tous nos frères viendront ici. » À celle du 27, il dit : « Nous possédions l’ordre du clergé, nous possédons aujourd’hui l’ordre entier de la noblesse ; ce jour sera célébré dans nos fastes, il rend la famille complète. » (Moniteur universel.)
714 714. Une première édition destinée à un public restreint a paru en 1850 jointe au premier volume du Recueil des monuments inédits de l’histoire du tiers état ; l’édition présente diffère de celle-là par des corrections et additions.
L’ambigu retour de Rome
715 715. Voir ces derniers aspects de la question développés dans le beau mémoire de M. Mignet sur la Germanie aux viiie et ixe siècles et son introduction dans la société civilisée de l’Europe occidentale, dans les Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques, t. III, ou dans les Notices et mémoires historiques du même auteur, Paris, 1843, 2 vol.
716 716. Études sur les Barbares et le Moyen Âge, p. 125, 203, 207, etc. ; Journal des savants, septembre 1862.
717 717. « Polyptyque de l’abbé Irminon », op. cit., Prolégomènes, p. 200, etc.
718 718. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, IV, 25, dit que les historiens appelaient Scythes les Germains.
719 719. Propter fecunditatem gignendorum populorum Germania dicta est. Isidore, Origines, XIV, 4, 4. – Germania a germinando populos sic dicta. Otia imperialia, éd. Liebrecht, p. 68.
720 720. Histoire des Goths, chap. IX, Quasi officina gentium aut certe velut vagina nationum ; ex hac insula Gothi quondam memorantur egressi.
721 721. Eugène Forcade : Chronique de la Revue des Deux-Mondes, 1er septembre 1866, page 243.
La langue et la patrie
722 722. Voir les lettres de Mme de Sévigné, 1675, de septembre à décembre. Il y eut un très grand nombre d’hommes roués, pendus, envoyés aux galères. Elle en parle avec une légèreté qui fait mal.
723 723. Le bazvalan était celui qui se chargeait de demander les filles en mariage. C’était le plus souvent un tailleur, qui se présentait avec un bas bleu et un blanc.
724 724. Voyez Les Celtes, les Armoricains, les Bretons, Paris, 1859, A. Durand libraire, p. 17-18.
725 725. « Je sens en moi la conviction profonde que nous n’avons pas d’histoire de France. » (Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France.) – « Nous n’avons pas d’histoire nationale. » (Ch. Le Normand, Cours d’histoire.)
La race et l’histoire
726 726. Ce point a été développé dans une conférence dont on peut lire l’analyse dans le bulletin de l’Association scientifique de France, 10 mars 1878 : « Des services rendus aux Sciences historiques par la philologie ».
727 727. Les éléments germaniques ne sont pas beaucoup plus considérables dans le Royaume-Uni qu’ils ne l’étaient dans la France, à l’époque où elle possédait l’Alsace et Metz. La langue germanique a dominé dans les îles Britanniques, uniquement parce que le latin n’y avait pas entièrement remplacé les idiomes celtiques, ainsi que cela eut lieu dans les Gaules.
728 728. Voir comme exemple l’Histoire de la littérature anglaise de M. Taine.
729 729. Les essais du genre demandé ne manquent pas ; la condition de la précision n’y est jamais réalisée, même à un degré médiocre.
730 730. Je citerai par exemple pour la France des mots comme « se prélasser », « moineau », « béat », « benêt », etc.
731 731. Cf. de Belloguet, II, passim, p. 220 et suivantes ; Bertrand, La Gaule avant les Gaulois, p. 13 ; d’Arbois de Jubainville, Les Premiers Habitants de l’Europe, II, 1894, p. xv et XXIII ; Lefèvre, Les Gaulois, 1900, p. 189.
732 732. Indiquons simplement qu’à la mise en vente une bande promettait sur chaque exemplaire « La vérité contre la tradition ».
733 733. Il est piquant de constater que M. Benda, « métaphysicien », l’a très bien vu et excellemment dit (p. 21).
Date de mise en ligne : 24/08/2022