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Avant-propos

Pages 11 à 13

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  • Tiberj, V.,
  • Gougou, F.,
  • Laplanche-Servigne, S.
  • et Peugny, C.
(2007). Avant-propos. Les mots des présidentielles (p. 11-13). Presses de Sciences Po. https://shs.cairn.info/les-mots-des-presidentielles--9782724610093-page-11?lang=fr.

  • Tiberj, Vincent.,
  • et al.
« Avant-propos ». Les mots des présidentielles, Presses de Sciences Po, 2007. p.11-13. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-mots-des-presidentielles--9782724610093-page-11?lang=fr.

  • TIBERJ, Vincent,
  • GOUGOU, Florent,
  • LAPLANCHE-SERVIGNE, Soline
  • et PEUGNY, Camille,
2007. Avant-propos. In : Les mots des présidentielles. Paris : Presses de Sciences Po. Nouveaux Débats, p.11-13. URL : https://shs.cairn.info/les-mots-des-presidentielles--9782724610093-page-11?lang=fr.

1Selon les moments, les Français sont entre 45 et 55 % à approuver cette affirmation : « certains disent, en parlant de politique, que ce sont des choses trop compliquées et qu’il faut être un spécialiste pour les comprendre ».

2La politique est l’affaire de tous, mais se repérer dans le flot de débats idéologiques, de petites phrases pour initiés, de controverses de spécialistes, parfois si déconnectés de leur réalité quotidienne reste souvent difficile pour beaucoup de Français. La crise de confiance à l’égard du politique ne trouverait-elle pas aussi son origine dans cette incapacité des responsables politiques français à « dire le monde » en des termes accessibles à tous ? L’électorat peut-il se faire « son » opinion quand un représentant du peuple parle de « représentation de la diversité », de « discrimination positive » ou d’« action positive », si ces mots ne sont pas correctement explicités ?

3Les Français ne sont pourtant pas condamnés à rester en dehors des débats publics. Ils sont capables de se prononcer sur des sujets complexes, pour peu que la classe politique joue son rôle et clarifie les enjeux des consultations électorales. On se souvient du référendum du 29 mai 2005 sur le Traité de Constitution européenne. A priori, peu d’électeurs auraient dû s’intéresser à ce texte ardu, souvent écrit en jargon bruxellois, portant sur les institutions d’un ensemble politique vécu comme distant et technocratique. L’Europe ne passionne guère, y compris au moment des élections européennes (traditionnellement les moins mobilisatrices). Pourtant, 69 % des Français se déclaraient intéressés par le référendum européen de 2005, alors qu’en 2004 ils n’étaient que 44 % à s’intéresser aux élections régionales et à peine 25 % aux élections européennes. Au final, près de 70 % des électeurs se sont déplacés pour se prononcer le 29 mai 2005, une participation équivalente à celle de la dernière élection présidentielle, et deux fois et demie plus importante que lors du dernier référendum sur le quinquennat en 2000.

4L’intérêt pour le politique reste fort, quoi qu’en disent certains. Les Français sont encore capables de se mobiliser et de s’emparer de la chose publique. Les élections présidentielles et législatives de 2007 peuvent redevenir ces grands moments de débats autour de l’avenir du pays, propres à recréer du lien politique. Dès la fin de l’été 2006, les Français exprimaient déjà leurs attentes à l’égard des échéances de 2007 : 66 % d’entre eux se disaient très ou assez intéressés par l’élection présidentielle, un niveau similaire à celui constaté dans le dernier mois de campagne des présidentielles de 1981 et 1988, et déjà de dix points supérieur à celui mesuré à l’aube du 21 avril 2002. Frustrés de débat en 2002, les Français veulent le retour de la politique.

5C’est pour faciliter cette réconciliation avec la chose publique que ce livre a été pensé. Notre objectif a d’abord été de concevoir un ouvrage clair et pédagogique permettant à chacun de se réapproprier la politique et de disposer des clés de lecture nécessaires à la compréhension des débats à venir.

6Nous avons tenté ensuite de faire le point sur l’état de la démocratie française et de donner une idée des débats qui la traversent aujourd’hui. Peut-on parler d’une américanisation de la politique française ? Les sondages ontils trop d’influence sur l’élection ? Accorde-t-on trop d’importance à la personnalité des candidats au détriment de leur programme ? Où en est-on de la crise de confiance à l’égard des responsables politiques ? Qu’en est-il aujourd’hui de l’influence du Front national dans notre pays ? Y a-t-il bien crise du lien social en France ?

7Pour répondre à ces questions, notre volonté a été de rendre accessibles à tous les citoyens les résultats obtenus ces dernières années par les sociologues et politistes qui travaillent sur ces questions : ils sont systématiquement cités au sein des notices et les références bibliographiques en fin d’ouvrage permettront à ceux qui le souhaitent d’aller plus loin.

8Parce que les sciences sociales ont un devoir, celui d’aider à une meilleure compréhension du monde pour tous.


Date de mise en ligne : 01/04/2012