Peut-on regretter d’être mère ?
Pages 211 à 217
Citer ce chapitre
- KAMMERER, Béatrice,
- FOURNIER, Martine
- et PELTIER, Cécile,
- Kammerer, Béatrice.
- Kammerer, B.
- M. Fournier
- et C. Peltier
https://doi.org/10.3917/sh.fourn.2023.01.0211
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- Kammerer, B.
- M. Fournier
- et C. Peltier
- Kammerer, Béatrice.
- KAMMERER, Béatrice,
- FOURNIER, Martine
- et PELTIER, Cécile,
https://doi.org/10.3917/sh.fourn.2023.01.0211
« On nous dit que toutes les femmes veulent des enfants et qu’on ne sera pas heureuses tant qu’on n’en aura pas eu. Je suis bien revenue de ces idées. Et ce n’est pas simple », « J’essaie de faire de mon mieux pour leur donner une meilleure éducation. (…) Mais en même temps, je déteste être mère. Je hais ce rôle ». Elles s’appellent Doreen, Sophia, Liz, Odelya, Bali, et malgré leurs âges et leurs origines sociales variées, elles partagent toutes le même fardeau : elles regrettent d’être mère et affirment sans hésitation « Si c’était à refaire, je n’aurais pas d’enfant ». C’est la sociologue israélienne Orna Donath qui a été la première à leur donner la parole dans son livre fondateur Regretting Motherhood, publié en 2016 (trad. fr., Le Regret maternel, 2019).
Traduit dans une quinzaine de langues, il a rapidement fait l’effet d’une bombe. Dans son sillage, des milliers de mères se sont réunies sur Twitter sous le hashtag #regrettingmotherhood pour saluer la pertinence d’un concept qui mettait enfin des mots sur leur souffrance ; dans le même temps, un déluge de reproches et d’insultes s’abattait sur celles qui avaient osé écorner le mythe de la félicité maternelle. « (O. Donath) devrait être traînée dans la rue, (…) tous les enfants de la ville devraient être mis en rang et invités à découper un morceau de son corps avec un couteau », pouvait-on lire dans un commentaire publié sur un forum de discussion allemand, cité par Mona Chollet, dans Sorcières (La Découverte, 2018)…
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