5. L’invention du corps des Marines moderne
- Par Nicolas Aubin
Pages 97 à 118
Citer ce chapitre
- AUBIN, Nicolas,
- Aubin, Nicolas.
- Aubin, N.
Citer ce chapitre
- Aubin, N.
- Aubin, Nicolas.
- AUBIN, Nicolas,
Notes
-
[1]
Joseph Arthur Simon, The Greatest of All Leathernecks. John Archer Lejeune and the Making of the Modern Marine Corps, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2019.
-
[2]
Merrill L. Bartlett, Lejeune. A Marine Life, 1867-1942, Columbia, University of South Carolina Press, 1991, p. 144-145 ; Hans Schmidt, Maverick Marine. General Smedley D. Butler and the Contradictions of American Military History, Lexington, The University Press of Kentucky, 1987, p. 116.
-
[3]
Lettre de John A. Lejeune à l’amiral W. S. Benson (ret.), 6 juillet 1920 citée par J. A. Simon, The Greatest of All Leathernecks…, op. cit., p. 157.
-
[4]
Graham A. Cosmas et Jack Shulimson, « The Culebra Maneuver and the Formation of the US Marine Corps’s Advance Base Force, 1913-1914 », in Robert W. Love (dir.), Changing Interpretations and New Sources in Naval History, New York, Garland, 1980, p. 293.
-
[5]
Col. John A. Lejeune, « The Mobile Defense of Advance Base », Lecture, Advance Base School, 21 mai 1916, reproduit in Marine Corps Gazette, mars 1916, p. 1-18.
-
[6]
Le « péril jaune » est une théorie prétendant que les peuples d’Asie vont gouverner le monde. Ciblant d’abord la Chine, l’expression est élargie au Japon après sa victoire contre les Russes en 1905. Cette thèse encourage les pogroms en Californie et conduit le Congrès à quasiment fermer ses frontières à partir de 1880 aux Chinois puis aux Japonais.
-
[7]
La péninsule de Gallipoli, au débouché du détroit des Dardanelles qui relie la mer Égée à la mer de Marmara, est le verrou d’Istanbul. En 1915, les Franco-Britanniques en ont forcé le passage. Incapables de conquérir les hauteurs, les 80 000 soldats furent enfermés dans une tête de pont et, malgré 400 000 renforts, rembarquèrent après huit mois. Ce fiasco, payé de 60 000 tués et 220 000 malades, blessés et prisonniers, est interprété comme la preuve qu’il est impossible de prendre d’assaut une position fortifiée depuis la mer. Theodore L. Gatchel, At the Water’s Edge. Defending Against the Modern Amphibious Assault, Annapolis, Naval Institute Press, 1996.
-
[8]
Intelligence Section, Divisions of Operations and Training, USMC, « Operation Plan 712, Advanced Base Force Operations in Micronesia », 1921, en ligne : www.ibiblio.org/hyperwar/USMC/ref/AdvBaseOps/index.html
-
[9]
Ibid., p. 31-34 et 41-42.
-
[10]
Benoist Bihan, « De la mer à la terre. Histoire et perspectives des opérations amphibies », Histoire et Stratégie, no 7, 2011, p. 20.
-
[11]
Victor H. Krulak, First to Fight, Annapolis, Naval Institute Press, 1984, p. 76.
-
[12]
Dirk A. Ballendorf et Merrill L. Bartlett, Pete Ellis. An Amphibious Warfare Prophet, 1880-1823, Annapolis, Naval Institute Press, 1997, p. 123-142.
-
[13]
Joseph Arthur Simon, The Greatest of All Leathernecks…, op. cit., p. 260-269.
-
[14]
John A. Lejeune, « A Legacy of Esprit and Leadership », conference au Army General Staff College de Fort Leavenworth, 18 janvier 1921, in Marine Corps Gazette, mars 2016, p. 80-85.
-
[15]
La notion d’identité est polysémique (cf. Robinson Baudry et Jean-Philippe Juchs, « Définir l’identité », Hypothèses, no 10, 2007, p. 155-167), nous avons retenu celle de Hegel selon laquelle l’identité résulte de la reconnaissance réciproque du moi et de l’autre. Elle naît d’un processus conflictuel où se construisent des interactions individuelles, des pratiques sociales objectives et subjectives fondées sur des oppositions symboliques. À la différence de la culture qui relève en grande partie de processus inconscients, l’identité, elle, renvoie à une norme d’appartenance, consciente. Cf. Charles Taylor, Hegel et la société moderne, Paris, Cerf, 1998 [1re éd. 1979], p. 14-23 ; Denys Cuche, La Notion de culture dans les sciences sociales, Paris, La Découverte, 2010, p. 97-114.
-
[16]
Sur la différence entre coutumes héritées et traditions inventées, lire Eric Hobsbawm, « Inventer des traditions », Enquête, no 2, 1995, p. 171-189 : « Les traditions inventées, qui dérivent essentiellement d’un processus de formalisation et de ritualisation, [sont] distinctes des coutumes, qui définissent les sociétés traditionnelles. Elles sont étroitement liées aux transformations rapides des sociétés modernes. Elles contribuent à l’établissement de la cohésion sociale, à la légitimation des institutions ou de l’autorité mais aussi à la socialisation des croyances ou des systèmes de valeurs, par une utilisation, jusqu’à un certain point, des matériaux issus du passé. »
-
[17]
Edwin N. McClellan, « The Birthday of the U.S. Marine Corps », Daughters of the American Revolution Magazine, no 58, 1924.
-
[18]
John A. Lejeune, The Reminescences of a Marine, Philadelphie, Dorrance & Co., 1930, p. 483.
-
[19]
Edward C. Johnson, Marine Corps Aviation. The Early Years, 1912-1940, Washington, History and Museums Division, HQ, USMC, 1977, p. 5.
-
[20]
HQ USMC, « Nicaraguan Aviation Report : Brief History of the Aircraft Squadron, 2nd Brigade, Marine Nicaragua », 1er mars 1927-10 décembre 1932, cité par Michael D. Russ, « The Marine Air Ground Task Force in Nacaragua, 1927-1933 », Marine Corps History, vol. 2, no 1, 2016, p. 63.
-
[21]
Wray R. Johnson, Biplanes at War. US Marine Corps Aviation in the Small Wars Era, 1915-1934, Lexington, University Press of Kentucky, 2019, p. 212-213.
-
[22]
HQ Memorandum, 21/09/1925 cité par Robert G. Lindsay, This High Name. Public relations and the U.S. Marine Corps, Madison, University of Wisconsin Press, 1956, p. 38.
-
[23]
Lettre du général L. C. Shepherd Jr., USMC, à J. A. Simon, 21 mars 1966, citée par J. A. Simon, The Greatest of All Leathernecks…, op. cit., p. 190.
-
[24]
V. H. Krulak, First to Fight, op. cit., p. 78.
-
[25]
Ludovic Tournès, Américanisation. Une histoire mondiale (xviiie-xxie siècle), Paris, Fayard, 2021, p. 44.
-
[26]
V. H. Krulak, First to Fight, op. cit., p. 79.
-
[27]
Allan R. Millett, Semper Fidelis. The History of the United States Marine Corps, New York, Simon and Schuster, 1991, p. 329.
-
[28]
David J. Ulbrich, Preparing for Victory. Thomas Holcomb and the Making of Modern Marine Corps, 1936-1943, Annapolis, Naval Institute Press, 2011, p. 50.
-
[29]
Anne Cipriano Venzon, From Whaleboats to Amphibious Warfare. Lt. Gen. “Howling Mad” Smith and the U.S. Marine Corps, Westport, Praeger, 2003.
-
[30]
J. A. Simon, The Greatest of All Leathernecks…, op. cit., p. 260.
-
[31]
Lt. Walter C. Ansell (US Navy), « Naval Gun Fire in Support of a landing », Marine Corps Gazette, no 17, mai 1932, p. 23-26. L’article est écrit par le représentant de la Navy au comité.
-
[32]
J. Michael Miller et R. T. MacPherson (éd.), John H. Russell Jr., 1872-1947. Register of His Personal Papers, Washington, History and Museums Division, HQ, USMC, 1987, p. 6.
-
[33]
USMC, Tentative Manual on landing Operations, 1935, actualisé en 1938 pour devenir le manuel officiel commun à la Navy, Landing Operations Doctrine, Washington, Office of Naval Operations, Division of Fleet Training, 1938.
-
[34]
Vincent Bernard, « Débarquez ! Le guide des opérations amphibies 1939-1945 », Ligne de front, HS no 14, 2011, p. 40.
-
[35]
J. Jerry E. Strahan, Andrew Jackson Higgins and the Boats that Won World War Two, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1994, p. 27 et 33.
-
[36]
« Higgins Experimental Landing Boat : Report of tests », cité par J. E. Strahan, Andrew Jackson Higgins…, op. cit., p. 37.
-
[37]
Kenneth W. Este, US Marine Tank Corps Crewman, 1941-1945, Oxford, Osrey Pub., 2005, p. 26-28.
-
[38]
D. J. Ulbrich, Preparing for Victory…, op. cit., p. 74.
-
[39]
Ibid., p. 49.
-
[40]
General Board au Secretary of the Navy, « Are We Ready ? – II », 1er juillet 1940, cité par A. R. Millett, Semper Fidelis…, op. cit., p. 345.
-
[41]
D. J. Ulbrich, Preparing for Victory…, op. cit., p. 75.
-
[42]
A. R. Millett, Semper Fidelis…, op. cit., p. 350.
-
[43]
George C. Dyer, The Amphibians Came to Conquer. The Story of Richmond Kelly Turner, 1991, p. 212.
Le 30 juin 1920, le brigadier général John Archer Lejeune patiente dans l’antichambre du bureau de George Barnett à Washington. John Lejeune a ce que l’on appelle une « gueule ». Quand il avait 18 ans, il avait celle, séduisante, d’un jeune premier hollywoodien, une raie au milieu de ses cheveux drus, de larges épaules, un regard aiguisé au centre d’un visage carré de baroudeur. Avec l’âge et les responsabilités, il arbore à 53 ans une figure qui évoque davantage l’homme de main à la peau burinée d’un caïd de la pègre. Si le regard et le corps d’athlète n’ont pas changé, le visage s’est fait plus dur, plus froid, plus brutal. Une gueule de Marine ; une force de la nature dont on peine à deviner la finesse et l’intelligence. Car de l’intelligence, John Lejeune en est pourvue. Ce fils d’officier sudiste était sorti quatrième de sa promotion à l’académie navale d’Annapolis, un classement qui lui ouvrait les portes d’une brillante carrière dans la Navy. Que n’avait-il déçu ses professeurs en choisissant le corps des Marines en 1890 ! Peut-être l’avait-il regretté un temps quand il passait d’une affectation ennuyeuse sur la côte Est à de monotones missions en mer. Il n’avait jamais été au bon endroit au bon moment. Mais la chance avait tourné quand il avait rejoint le très sélectif US Army War College en 1910, ce qui en avait fait l’un des seuls Marines à disposer d’une formation supérieure en stratégie. Et en 1914, à 47 ans, Lejeune avait enfin commandé au feu lors de l’expédition de Veracruz…
Date de mise en ligne : 09/05/2025
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
17,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €